lundi 28 août 2017

"Le Chant des Louanges au Bouddha Amitabha" par Thich Nhat Hanh

Nous n'avons aucune difficulté à accepter que le soleil est une merveilleuse réalité. Il est une une source de vie. Sans soleil, la planète Terre ne pourrait pas survivre. Si nous appelons la planète Terre comme la mère de toutes les espèces, alors nous devons appeler le soleil comme le père de toutes les espèces. Sans père, la mère ne peut pas donner naissance aux enfants, et sans mère, il n'y aurait pas le père. Nous avons besoin du soleil et de la planète afin de nous manifester. Et nous pouvons inviter les non-bouddhistes à accepter ce qui est dans ce chant.


Chant des louanges au Bouddha Amitabha :


Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha à la lumière illimitée
Qui éclaire majestueusement les milliers de mondes.
Aujourd’hui, nous avons la chance
D’entendre votre appel merveilleux, cher Père compatissant.


Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha, Roi du Nectar du Dharma.
Vous vous manifestez en Grand Soleil éblouissant.
Vous nous montrez le chemin,
A nous, la lignée du Soleil.


Notre vraie demeure est la Terre.
Notre Mère aimante est la planète bleue,
Avec l’amour comme orbite,
Elle pratique la méditation marchée dans le système solaire.


La lumière dont vous rayonnez, cher Bouddha,
A donné naissance à tant d’espèces.
Partout où se trouve la vie,
Le Bouddha Grand Soleil est là, présent.


La lumière que vous diffusez, cher Bouddha,
Est une source de nourriture pour toutes les espèces.
Si nous pouvons voir notre chemin d’aller et de retour,
C’est grâce au soleil qui brille à tout moment.


Cher Bouddha à la lumière illimitée,
Votre énergie a engendré les nuages argentés,
La lune dorée, les montagnes hautes et les grandes rivières
Coulant et formant les quatre océans bleues et limpides.


Cher Bouddha à la lumière illimitée,
Votre énergie a engendré les saules verts et les fleurs de pêchers roses.
Elle éclôt en fleurs jaunes et en bambous violets.
Elle révèle toutes les merveilles du corps du Dharma.


Vous avez soulevé la Terre dans vos mains aimantes
Et l’avez transformée en terre pure et paisible
Où se rassemblent tous les nobles êtres
Pour bâtir les nobles Sanghas.


La nature du Bouddha ne se différencie pas du sud au nord.
La Terre Pure ne se limite pas à l’est ou à l’ouest.
Avec compassion, le Bouddha Shakyamuni nous a enseigné
Que la Terre Pure est ici et maintenant.


Nous faisons le voeu de marcher sur la terre de la réalité,
D’être conscients de notre propre corps,
De toucher la Terre avec chaque pas que nous faisons
Et de voir ses merveilles à chaque instant.


Réalisant que la nature des choses
Est la non-naissance et la non-mort, le sans venir et le sans partir,
Nous déchirons les voiles des doutes en tous lieux et allumons la torche de la sagesse
Pour éclairer tous les chemins à chaque instant.


Reconnaissant la Terre Pure dans le monde de la souffrance
Et l’éveil dans les afflictions,
Touchant le nirvana dans le monde des naissances et des morts,
Nous franchissons la rive de la confusion et parvenons à celle de la libération.


Chaque pas posé sur toi, notre chère Mère la Terre,
Nous permet d’entrer en contact avec notre Père Soleil.
Chaque pas fait dans la paix, la joie et le bonheur
Fait éclore de ton sein des milliers de fleurs.


Le nectar du Dharma merveilleux est apparu.
Le nectar du Dharma merveilleux s’est manifesté.
Le ciel victorieux est revenu
Alors que le nectar du Dharma fait sa marche héroïque.


Comme la Terre Pure du moment présent est merveilleuse !
Elle est aussi réelle que le ciel bleu et le nuage blanc.
Tous les bouddhas dans les dix directions
L’ont déjà certifiée et l’ont louée en chœur.


Avec notre corps, nos paroles et notre esprit purifiés,
Nous faisons le vœu de bâtir ce monde pur et paisible,
De former les bodhisattvas qui deviendront les bouddhas,
Et de mettre fin à la guerre.


Nous faisons le vœu de nous établir paisiblement dans la pleine conscience,
De protéger de tout cœur notre belle planète,
De bâtir et de fortifier notre Sangha
Et avec vous, cher Bouddha, de servir tous les êtres.


Nous sommes déterminés à regarder profondément
Pour voir la nature de la co-production conditionnée de toutes choses,
Et pour réaliser la non-apparence,
À nous libérer des désignations conventionnelles.


Pour toucher la réalité des choses,
Réaliser la non-naissance et la non-mort,
Surmonter l’angoisse
Et pour vivre vraiment en paix.


Cher Bouddha, soyez témoin de notre aspiration sincère.
Entourez-nous et protégez-nous
De votre énergie
Pour que nous puissions réaliser rapidement nos vœux.


Hommage au Bouddha Amitabha.
Hommage au Bouddha Vairocana.
Hommage au Bouddha Shakyamuni.



(Fin du chant.)


Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha à la lumière illimitée
Qui éclaire majestueusement les milliers de mondes.
Aujourd’hui, nous avons la chance
D’entendre votre appel merveilleux, cher Père compatissant.


Chant des louanges au Bouddha Amitabha : 'Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha à la lumière illimitée, qui éclaire majestueusement les milliers de monde' C'est l'offre d'un bodhisattva. Sans soleil, pourrait-il y avoir des êtres ? La vie pourrait-elle continuer, les arbres pourraient-ils pousser ? Donc cette offre est une des vertus, des qualités, d'un bodhisattva. La Terre est pareille que le soleil. Nous n'avons aucune difficulté à reconnaître le soleil comme un bodhisattva ou un Bouddha. 'Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha à la lumière illimitée, qui éclaire majestueusement les milliers de monde. Aujourd'hui, nous avons la chance d'entendre votre appel merveilleux, cher père compatissant.' Nous voyons le soleil comme de l'hydrogène et de l'hélium, mais le soleil n'est pas seulement ces deux éléments. Il est un vrai Bouddha, parce que sans lui, il n'y aurait pas la Terre, il n'y aurait pas la vie.


Nous nous inclinons devant vous, cher Bouddha, Roi du Nectar du Dharma.
Vous vous manifestez en Grand Soleil éblouissant.
Vous nous montrez le chemin,
A nous, la lignée du Soleil. 


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lundi 14 août 2017

"La paix : un art, une pratique, une approche bouddhiste" par Thich Nhat Hanh

Nous avons des vies très compartimentées. La pratique de la méditation
assise et les moments où nous ne pratiquons pas sont deux périodes que
nous considérons comme étant très différentes l’une de l’autre. Quand
nous sommes assis, nous pratiquons intensivement, et quand nous ne
sommes pas assis, nous ne pratiquons pas intensivement. En fait, nous
pratiquons la non-pratique intensive. Un mur sépare ici deux, pratique
et non-pratique. Pratiquer, c’est seulement pendant la période de
pratique, et non pratiquer, c’est seulement pendant la période de
non-pratique. Comment pouvons-nous mélanger les deux ? Comment
pouvons-nous sortir la méditation de la salle de méditation pour l’
amener dans la cuisine, ou au bureau ? Comment les moments où l’on est
assis peuvent-ils influencer le temps où l’on n’est pas assis ? Si le
médecin vous prescrit des piqûres, cela ne profitera pas seulement à
votre bras, mais à votre corps tout entier. Si vous méditez assis une
heure par jour, cette heure doit durer vingt-quatre heures entières, pas
seulement une heure.

Un sourire, une respiration doivent être pour le bénéfice de toute la
journée, beaucoup plus que pour ce simple moment. Nous devons pratiquer
de façon à supprimer la barrière entre pratique et non-pratique.

Quand nous marchons dans la salle de méditation, nous faisons des pas
attentifs et très lents. Mais quand nous allons à l’aéroport, nous
sommes une tout autre personne. Nous marchons très différemment, moins
attentivement. Comment pratiquer à l’aéroport et au marché ? C’est cela,
le bouddhisme engagé. Bouddhisme engagé ne veut pas simplement dire
utiliser le bouddhisme pour résoudre des problèmes sociaux ou
politiques, protester contre les bombes ou l’injustice sociale. Avant
tout, nous devons amener le bouddhisme dans notre vie quotidienne. J’ai
une amie qui respire consciemment entre les coups de téléphone, et cela
l’ aide beaucoup. Un autre ami fait de la méditation marchée entre ses
rendez-vous d’affaires, marchant attentivement entre les immeubles du
centre de Denver. Les passants lui sourient et ses rendez-vous, même
avec des gens peu faciles, se révèlent souvent plaisants et réussis.

Nous devrions être en mesure d’amener la pratique de la salle de
méditation à notre vie de tous les jours. Comment pratiquer pour
pénétrer les sensations, les sentiments, les perceptions de notre vie
quotidienne ? Nous n’avons pas affaire à eux uniquement pendant la
méditation assise, mais tout le temps. Nous devons discuter entre nous
sur les façons de faire. Pratiquez-vous la respiration entre les coups
de téléphone ? Pratiquez-vous le sourire en coupant des carottes ?
Pratiquez-vous la relaxation après des heures de dur labeur ? Ces
questions sont très utiles. Si vous savez comment appliquer le
bouddhisme au moment du dîner, des loisirs ou du coucher, je pense que
le bouddhisme sera engagé dans votre vie. Alors cela aura un effet
énorme sur le plan social. Bouddha, Dharma et Sangha deviennent
l’affaire de chaque vie, de chaque heure, de chaque minute de notre vie
quotidienne, et pas simplement la description de quelque chose d’éloigné.

Notre esprit ressemble à une rivière dans laquelle passent de nombreux
sentiments et pensées. De temps en temps, il est utile de réciter un
gatha, un petit poème pour nous ramener à la réalité du moment présent.
Lorsque nous concentrons notre esprit sur un gatha, à ce moment précis
notre esprit est le gatha. Le poème remplit notre esprit pendant une
demi-seconde, dix secondes ou une minute, puis Si vous méditez assis une
heure par jour, cette heure doit durer vingt-quatre heures entières, pas
seulement une heure.

Nous pouvons rencontrer un autre gatha, un peu plus en aval. Quand je
prends un repas en silence, je me récite un poème, puis je mange. Quand
mon assiette est vide, je récite un autre gatha et bois une tasse de
thé. Supposons que nous ayons une heure de méditation assise, suivie de
cinq heures non assises, et à nouveau de trois heures de méditation
assise intensive.

Quel est le rapport entre la période de pratique et la période de
non-pratique, entre l’esprit de pratique et l’esprit de non-pratique ?
S’asseoir est pareil à un gatha, un long gatha silencieux (peut-être pas
très silencieux !). En fait, ce qui m’importe, c’est l’effet qu’a le
gatha sur l’esprit non-gatha.

Un automobiliste a besoin de temps en temps de panneaux pour lui
indiquer le chemin. Le panneau et la route ne font qu’un, car vous voyez
le panneau non seulement là où il apparaît, mais aussi tout le long du
chemin, jusqu’au panneau suivant. Il n’existe aucune différence entre
les panneaux et la route. C’est ainsi que nous devrions faire quand nous
pratiquons la méditation assise et les gathas. Les gathas nous aident à
revenir à nous-mêmes, et dès que le poème est terminé, nous continuons
le long du courant. Si nous ne réalisons pas l’unité entre les gathas et
le reste de notre vie, entre les panneaux et la route, alors nous aurons
en nous-mêmes ce que les Français appellent des cloisons étanches*. Cela
signifie un compartimentage absolu, sans aucune communication entre les
deux compartiments. Imperméable. Il y a une destination absolue entre
les états d’esprit gatha et non-gatha, assis et non assis.

Comment les moments gatha peuvent-ils influer sur les moments non-gatha
? Comment les heures assises peuvent-elles imprégner les heures
non-assises ? Nous devons apprendre à pratiquer de façon ce qu’un gatha,
une seule minute de méditation assise puissent influencer le reste de la
journée. Chaque action, chaque pensée produisent un effet ; si je frappe
dans mes mains, chaque chose en est affectée, même les lointaines galaxies.

Chaque méditation assise ou marchée aura un effet sur votre vie
quotidienne, et aussi sur la vie des autres. Ceci doit être la base de
notre pratique.

Lorsque nous pratiquons la méditation assise et marchée, nous devons
être plus attentifs à la qualité qu’à la quantité. Il faut pratiquer
intelligemment. Nous devons créer une pratique adaptée aux circonstances. J’aimerais vous raconter l’histoire d’une femme qui pratiquait
l’invocation du nom du Bouddha Amitabha. C’était une femme très dure,...


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lundi 31 juillet 2017

"L’illusion de l’ego" par Matthieu Ricard

Dés ma première rencontre avec des sages de la tradition du Bouddhisme tibétain, j’ai été frappé par le fait qu’ils manifestaient d’une part une grande force intérieure, une bienveillance sans faille et une sagesse à toute épreuve, et d’autre part une complète absence du sentiment de l’importance de soi. J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un « moi » qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.

Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. L’idée de se dégager de l’emprise de l’ego peut nous laisser perplexe, sans doute parce que nous touchons à ce que nous croyons être notre identité fondamentale.

Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du « moi », l’on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.

Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires – le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui – et sur tout ce qui constitue notre image.

Une confiance en soi digne de ce nom est tout autre. C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.

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mardi 4 juillet 2017

Retraites autour de la Contemplation et de l’Enseignement avec Frère FABKHI

Ces retraites se déroulent plus ou moins sur une semaine entière. Il est bien sûr demandé de s’engager à y participer sur toute leur durée. 

Retraite aux Cèdres Bleus
19 au 26 août 2017 à 
Seauve sur Semene (43)

Retraite Contemplation & Silence
28 octobre au 1 novembre 2017 à la Grigonnais (44)

lundi 3 juillet 2017

OUVREZ LES YEUX ET REGARDEZ AUTREMENT ! Histoires d’Anthony de Mello

Quand l’un des invités s’est proposé pour laver la vaisselle à la fin du repas, le maître lui a demandé : « Es-tu sûr de savoir le faire ? »
L’autre protesta avec emphase qu’il l’avait fait toute sa vie. Le maître répondit :
« Je ne doute pas que tu sois capable de laisser les assiettes propres. Ce dont je doute, c’est que tu sois capable de les laver. »
Voici l’explication qu’il donna plus tard à ses disciples :
« Il y a deux manières de laver les assiettes. L’une consiste à les laver pour les rendre propres. L’autre consiste à les laver pour les laver. »
Et comme ce n’était toujours pas très clair pour eux, il ajouta :
« La première action est une action morte parce que l’esprit est fixé sur l’idée de laisser les assiettes propres. La seconde est une action vivante parce que l’esprit est là où se trouve le corps. »


– Que faut-il faire pour atteindre l’Éveil ? demandèrent les disciples
– Il faut découvrir ce qui tombe dans l’eau sans produire d’ondes ; ce qui se déplace entre les arbres sans faire de bruit ; ce qui traverse un pré sans faire bouger le moindre brin d’herbe. 
Après avoir réfléchi pendant des semaines, les disciples se réunirent et demandèrent au maître :
– Mais quelle est cette chose ? 
– Ce n’est pas une chose. 
– Alors, ce n’est rien ? 
– On pourrait le décrire comme cela. 
– Et comment pouvons-nous le chercher ? 
– Je n’ai jamais dit qu’on pouvait le chercher. On peut le trouver mais on ne peut pas le chercher. Si on le cherche, on ne le trouve pas. 


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lundi 19 juin 2017

"Quand on ne s’aime pas soi-même" par Ajahn Jayasaro

Il y a deux manières de considérer l’aversion envers soi. Vue sous un angle sévère, c’est une forme particulièrement toxique de complaisance, un autre aspect du narcissisme, le désir – constamment frustré – d’être parfait. Ce sentiment s’appuie sur cette idée de « moi », cette personne qui se comporte d’une certaine façon et qui a certains défauts ou qualités. 
 
Du point de vue bouddhiste, il s’agit là d’une fabrication mentale. Nous fabriquons l’idée d’un « moi » et nous nous disons : « Je suis ainsi ». Mais si, comme le conseille le Bouddha, nous parvenons à regarder de très près notre corps et notre esprit dans l’instant présent – qui est tout ce dont nous disposons vraiment – cette idée s’évapore. Où est ce « moi » ? Nous ne pouvons le trouver nulle part.

Quand nous fabriquons une idée, celle-ci devient le filtre au travers duquel nous faisons l’expérience du monde. C’est ce qui se produit dans toutes les formes de distorsion cognitive. Par exemple, quand nous aimons quelque chose ou quelqu’un, nous avons tendance à retenir tous les aspects agréables de cette chose ou de cette personne et à être aveugles au reste. De même, quand nous avons une image négative de nous-mêmes, nous nous emparons de nos actes, de nos pensées et de toutes les situations qui semblent confirmer cette image, et nous repoussons délibérément tout ce qui pourrait la contrecarrer.

Ce que propose le bouddhisme, c’est d’essayer d’élargir notre vision des choses pour accorder autant de poids à tout ce que nous faisons – les bonnes comme les moins bonnes choses – et de voir ensuite si l’image négative que nous avons de nous-mêmes est justifiée. Il ne s’agit pas de s’interdire de ressentir de l’aversion envers soi mais plutôt de se poser honnêtement la question : « Êtes-vous sûr que l’image que vous avez de vous-même ou de votre façon d’agir avec les autres soit correcte ? »

Le problème, quand on est éduqué en Occident, même dans une culture « post-chrétienne » comme on dit aujourd’hui, c’est l’influence de la notion de « péché originel » qui est encore très fortement ancrée, y compris chez les personnes qui ne pratiquent pas de religion. Fondamentalement, c’est l’idée que « tout au fond de moi, je suis mauvais ».

C’est terrible. On voit parfois des gens qui font de très belles choses, avec une intention vraiment pure et généreuse, accompagnée de pensées saines et pleines de gentillesse, et puis soudain une idée s’infiltre : « Tout le monde va me féliciter de ce geste » ou bien « Je vais certainement être récompensé pour cela » et aussitôt ils se jettent sur cette pensée en disant : « Ah, bien sûr. C’est pour cela que j’agis ainsi. Je suis vraiment affreux ! » Le problème des personnes autocritiques, c’est qu’un point de vue cynique leur semble plus réaliste : « Je suis honnête. Voilà ce que je suis vraiment. » Alors, plus elles se réprouvent, plus elles se croient honnêtes et réalistes. 
 
C’est une forme d’orgueil typique des Occidentaux – l’idée qu’une seule pensée un tant soit peu égoïste contienne plus de vérité que cent pensées gentilles et positives. En Thaïlande, au contraire, même les personnes qui n’ont pas de véritable compréhension intellectuelle des enseignements bouddhistes mais qui sont influencées par leur culture, sont naturellement généreuses et tolérantes, aussi bien envers les autres qu’envers elles-mêmes.

Essayons donc d’accorder autant de poids à toutes nos pensées et à tous nos gestes. Il ne s’agit pas de se dire : « Je devrais être positif et moins dur avec moi-même » mais simplement de regarder de plus près ce qui se passe dans notre esprit : est-il vraiment justifié d’avoir cette sorte de négativité ou est-ce un parti-pris que nous avons fabriqué et que nous alimentons depuis longtemps ?

mardi 23 mai 2017

Retraite Francophone au Village des Pruniers : « L’inter-être et les relations harmonieuses au quotidien »


Cet enseignement aborde en introduction le sujet de l’Inter-être, prenant comme point de départ la relation avec Thây (Thich Nhât Hanh) actuellement présent en Thaïlande, puis notre connexion avec nos ancêtres et nos descendants, incluant donc la dimension du temps passé, présent et futur. Ensuite, il aborde le sujet des relations harmonieuses au sein de sa sangha, du couple, de la famille, sur son lieu de travail, aussi bien que dans le monde. Sont exposés ici quelques points d’observation et de pratique contribuant à nourrir et bâtir la sangha, parmi lesquels les 6 principes de l’harmonie auxquels vient s’ajouter en suggestion un 7ème principe.

lundi 13 mars 2017

Week-end du 18 et 19 mars 2017 : Partique de purification à la Pagode Van Hanh (+ programme 2017)



Week-end du 18 – 19/03/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes sous le guide du Très Vénérable Thích Thiện Huệ

Week-end du 7 – 8 – 9/04/2017
Rencontre avec l’Amicale Bouddhiste du Sangha :
  • Cérémonie de Commémoration des Grands Patriarches, des Quatre Grands Moines en Chef et des Vénérables des Deux Chambres du Conseil de la Congrégation Bouddhique Vietnamienne Unifiée.
  • Enseignements Bouddhistes donnés par les Très Vénérables Thích Thái Siê, Thích Nguyên Siêu, le Vénérable Thích Tâm Hòa, ainsi que par d’autres Vénérables de l’Amicale Bouddhiste du Sangha.

Dimanche 28/05/2017
  • Fête de Vesak à la Pagode Vạn Hạnh avec le Très Vénérable Thích Tánh Thiêt et le Vénérable Thích Hoằng Khai.

Week-end du 8-9/07/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Très Vénérable Thích Thiện Huệ

Du 24/07 au 3/08/2017
  • 29e Séminaire Bouddhiste en Europe à la Pagode Khánh Anh

Week-end du 25-26-27/08/2017

  • Cérémonie de parachèvement de la Construction de la Pagode Vạn Hạnh – Anniversaire des 30 ans de création de l’Association - Pagode
  • Grande Cérémonie d’Offrande aux Esprits errants
  • Spectacle Musical en célébration des 30 ans de « Vạn Hạnh, un parcours ».
  • Fête d’Ullambana – l’An 2561 Calendrier Bouddhique.

Week-end du 22-23-24/09/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Vénérable Thích Hoằng Khai 

Week-end du 27-28-29/10/2017
  • Pratique de la Terre Pure, récitation du nom du Bouddha – Offrande de fleurs et de lumières avec le Vénérable Thích Hạnh Giới

Week-end du 24-25-26/11/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Très Vénérable Thích Như Điển

Week-end du 15-16-17/12/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec les Vénérables Thích Quảng Hiền et Thích Thông Trí.

"Retrouver le Respect de soi dans sa vie quotidienne" - partie 1- par Frère Fabkhi


lundi 6 mars 2017

L'expérience de non-dualité qui a changé la vie et la pensée du philosophe André Comte-Sponville

Description de cette image, également commentée ci-après« Je ne suis pas du tout un mystique. Je suis plus doué pour la pensée que pour la vie, et plus doué pour la pensée conceptuelle que pour l'expérience spirituelle. Mais j'ai eu au moins quelques moments de simplicité ; en vérité, extrêmement rares. Cependant, la première expérience était assez forte et assez nette pour qu'au fond toute ma vie en soit définitivement changée. Toute ma vie et toute ma pensée.

Je devais avoir vingt-cinq ans. Je me promenais avec des amis, la nuit, dans une forêt. Nous étions quatre ou cinq. Plus personne ne parlait. Tout à coup voilà une expérience que je n'avais jamais vécue.

C'était quoi cette expérience ? C'était un certain nombre de mise entre parenthèses.

Mise entre parenthèses du temps ; c'est ce que j'appelle l'éternité. Tout à coup il n'y avait plus le passé, le présent, l'avenir. Il n'y avait plus que le présent. Là où il n'y a plus que le présent ce n'est plus du temps, c'est l'éternité.

Mise entre parenthèses du manque. Tout d'un coup, et sans doute pour la première fois de ma vie, plus rien ne manquait. Mise entre parenthèses du manque ; c'est ce que j'appelle la plénitude.

Mise entre parenthèses du langage, de la raison, du logos ; c'est ce que j'ai appelé le silence. Pour la première fois peut-être de ma vie, je n'étais pas séparé du réel par des mots. J'étais de plein pied dans le réel.

Mise entre parenthèses de la dualité. A la fois de la dualité entre moi et tout le reste ; c'est ce que j'appelle l'unité. J'étais un avec , un avec tout.

Mise entre parenthèses aussi de la dualité entre moi et moi, entre la conscience et l'ego. Je n'étais qu'une pure conscience sans ego ; c'est ce que j'appelle la simplicité.

Mise entre parenthèses de l'espérance et de la peur. Bien sûr, puisque j'étais dans le pur présent. Pour la première fois de ma vie peut-être, et pour l'une des dernières, je n'avais peur de rien. Ca, c'est une expérience très étonnante. Tout à coup, vous n'avez peur de rien ! C'est ce que j'appelle, c'est ce qu'on appelle la sérénité.

Une mise entre parenthèses du combat. Tout à coup je n'avais pas à me battre. C'est ce que j'appelle la paix.

Enfin, mise entre parenthèses, et c'était le plus étonnant, de tout jugement de valeur ; et c'est ce que j'ai mis plusieurs années à appeler l'absolu.

Naturellement, tous ces mots trahissent l'expérience, parce qu'elle était par définition, intégralement silencieuse. »

Extrait du livre de Jacques Casterman : "Comment peut-on être zen ?"

lundi 20 février 2017

"Le bouddhisme et l’expérience mystique" par Paul Magnin


Un précédent écrit invitait à découvrir les fondements du bouddhisme originel et ancien. Il s’agissait de mieux comprendre comment l’expérience initiale du Bouddha, soumise au processus d’acculturation et d’inculturation, put être vécue dans des cultures et des traditions différentes, puisqu’elle s’inscrit dans le champ de l’expérience humaine. Ce retour aux sources s’avère nécessaire si l’on veut éviter les spéculations intellectuelles et abstraites sur la primauté de tel ou tel bouddhisme. Au cours de l’histoire, ces considérations furent l’objet de débats animés, voire envenimés, pour fixer la vraie hiérarchie des trois grands « véhicules bouddhiques », classés par exemple dans le bouddhisme tibétain suivant cet ordre croissant : bouddhisme du Petit Véhicule (Hinayana), bouddhisme du Grand Véhicule (Mahayana) et bouddhisme adamantin (Vajrayana) développé sous plusieurs formes de tantrisme.
Les discussions furent d’autant plus difficiles qu’elles trouvaient une justification pédagogique et religieuse à l’élaboration d’une telle classification : le Bouddha aurait livré son enseignement en fonction du degré d’intelligence et de maturité spirituelles de ses auditeurs. Ainsi les disciples du Petit Véhicule n’auraient été instruits que des rudiments essentiels de la doctrine, parce qu’ils n’étaient pas prêts à s’ouvrir à une connaissance plus subtile et plus élevée. Ayons la modestie de nous ranger parmi ces hommes et ces femmes qui ont encore tout à expérimenter de la Voie bouddhique ! C’est cette expérience, avec sa dynamique, que décrivent les trois vérités non développées dans notre précédent article. Le Bouddha nous donne en effet l’assurance que l’octuple chemin conduit inéluctablement à l’extinction des passions et au nirvana, après un cycle de renaissances variable selon les individus. Nous verrons comment cette libération spirituelle implique une expérience mystique au terme de son accomplissement.
En affirmant le caractère transitoire et impermanent des êtres vivants, le bouddhisme évite tout dualisme entre le corps et ce que nous nommons « âme ». Le corps ne peut être regardé comme une masse inerte à laquelle la vie serait insufflée de l’extérieur. Il est vivant par lui-même et actif, en raison de l’interaction des cinq éléments psycho-physiques qui le composent : matière et forme, sensation, perception, volition (cetana associée à samskara, actes et fonctions psychiques), connaissance (vijnana). La matière brute est indissociable de l’esprit pur. L’individu se construit à travers un comportement de plus en plus intégré, par l’adjonction successive de la sensation, des perceptions qui servent à l’identification des formes, puis des comportements aux modèles d’une complexité croissante en fonction des habitudes et de la volition, enfin de l’idéation. L’individu ainsi constitué a donc une activité tournée vers l’extérieur. Tout son être est engagé dans une relation dialectique avec le monde extérieur. Cette relation au monde s’effectue à travers le corps, la parole et l’esprit. Toutefois, l’homme modifie le sens de ce rapport : à l’impermanence et à la non-substantialité des éléments, il oppose la prétendue permanence et substantialité du Soi. Or, nous l’avons compris, l’individu n’échappe pas au discontinu, à l’impermanence. Bien qu’étant les plus raffinés de ses constituants, la volition et la connaissance sont elles-mêmes empreintes du caractère transitoire et changeant de toutes choses.

La volition
La loi de production conditionnée
Le passage de la renaissance
Le nirvana
Une expérience mystique
L’octuple chemin
La discipline mentale
La plus grande sagesse
Une voie exigeante

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