lundi 29 juillet 2013

Conte bouddhiste : Les distractions du Bodhisattva


Dans la fourmilière d'un vaste monastère, il y avait un vieux moine discret, humble, un sans-grade, un obscur parmi les obscurs, un rien farfelu. Ses confrères le tenaient pour un ignare, doublé d'un illuminé dans le sens commun, et non bouddhiste, de simple d'esprit. Il faut dire que malgré toutes les années passées à l'ombre des murs du monastère, il ne brillait pas par son érudition. Le vétéran boudait en effet la lecture des textes sacrés et, à la belle saison, passait le plus clair de son temps au bord d'un étang constellé de lotus, bercé par le murmure du vent, la psalmodie des insectes et le chant des oiseaux. Il y méditait distraitement assis sur un rocher, sous le monumental parasol d'un vieil arbre.

Par un bel après-midi d'été inondé de soleil, un groupe de jeunes moines partit faire le tour de l'étang. C'est alors qu'ils purent observer, avec stupéfaction, la manière fort décousue que l'ancien avait de méditer. Il ne se passait pas cinq minutes sans qu'il se penche pour troubler le miroir liquide avec une brindille. Il allait même parfois jusqu'à se lever pour faire quelques pas une branche à la main, avec laquelle il tirait une feuille d'arbre hors de l'eau. Son curieux manège fit rire ses cadets qui entreprirent de lui donner une leçon sur la méditation.

- Ne serait-il pas préférable de vous recueillir les yeux fermés afin de ne pas être distrait par le spectacle du monde? - Comment espérer atteindre une haute réalisation spirituelle si vous bougez sans cesse? Vous ne pouvez pas stabiliser votre esprit ni laisser le prana circuler harmonieusement dans les canaux subtils.
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lundi 22 juillet 2013

Nouvelle lecture de la sangha Gouttes de Soleil : Toucher la Terre

"Toucher la Terre est une pratique qui nous permet de rentrer en contact profond avec la Terre, avec nos racines, nos ancêtres. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls mais reliés à une multitude d'ancêtres génétiques et spirituels. Nous sommes leur continuation, et, avec eux, nous continuerons le chemin dans les générations futures. Nous touchons la Terre et une partie de la Vie.
...."

Thich Nhat Hanh

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lundi 15 juillet 2013

Dix méthodes pour transformer notre colère

La colère est notre pire ennemie. Elle nous fait souffrir, elle fait souffrir les autres et tout l'univers. En l'espace d'un instant elle peut tout détruire. 
C'est une des émotions qui consomme le plus d'énergie vitale.
La colère est un poison intérieur (voir le témoignage d'Eric Delafontaine)  plus puissant que du venin puisqu'elle peut contaminer les vies futures.


Comment la colère se manifeste-t-elle ?
  • La colère naît à partir d'une sensation désagréable, 
  • qui génère une perception de frustration, déception par rapport à nos désir, basée sur la croyance erronée en un soi à protéger coûte que coûte. 
  • Cela arrose la graine de colère déjà présente dans notre esprit et la fait pousser à une vitesse parfois vertigineuse. Une des six formations mentales non bénéfiques : "haine / colère / aversion" surgit alors.
  • Enfin, elle finit généralement par se manifester extérieurement par une action physique et/ou verbale et/ou mentale ou elle est refoulée et nous empoisonne et emprisonne intérieurement.


Comment transformer cette énergie de colère ? 

Voici quatre méthodes bouddhistes efficaces pour s'en libérer :

1- Reconnaître notre colère et l'accepter sans la laisser éclater et sans la refouler.

2- Respirer en pleine conscience en observant notre colère.

3- Embrasser, câliner notre colère avec toute notre bienveillance sans la  juger ni l'analyser.

4- Faire le vœu de remplacer la colère par la compassion pour couper la racine de la colère (nous pouvons en profiter pour invoquer dans notre coeur la présence d'Avalokiteshvara -Bodhisattva de la Compassion).



Pour que ces méthodes fonctionnent, il faut s’entraîner être en Pleine Conscience dans la vie quotidienne. Ainsi, l'énergie s’accroît et la concentration aussi. Plus nous nous sommes entraînés dans des circonstances positives ou sur des petites colères (comme se cogner le pied dans un objet, ce qui déclenche généralement la haine et la colère pour cet objet qui n'y est pour rien) et plus on pourra transformer rapidement des colères plus importantes.


Autres méthodes :
5- Développer l'acceptation - patience :
   - accepter de tout son coeur, abandonner le ressentiment, le jugement, le désir de changer l'autre, ...
  - voir que l'autre souffre aussi
  - réfléchir en profondeur au Dharma
  - ne pas contre-attaquer
6- Voir la souffrance comme un moyen d'épuiser le karma négatif et comme étant inhérente au samsara; voir que l'autre ou la situation n'est que l'instrument de notre karma.
7- Diminuer la saisie du soi : au lieu de se dire "Je suis blessé", dire "des sensations désagréables se manifestent dans mon esprit".

8- Voir l'inter-être dans la manifestation des causes et des conditions qui ont produit la réaction "colère" : qui est la victime, qui est l'agresseur. Par l'analyse, on comprendra que "victime", "agresseur", "agression" sont des désignations conventionnelles qui n'ont pas d'existence propre.
9- Se rappeler que la colère un ennemi pour soi et les autres : faire le vœu de ne pas se mettre en colère pour 1,2,3 .... x jours.
10- Etre conscient que notre colère est la conséquence d'une focalisation inappropriée, qui a fait naître des perturbations mentales, en exagérant les qualités ou défauts de l'objet / personne / situation observé(e). Ainsi notre esprit devient agité et incontrôlable. C'est pourquoi il ne faut pas agir sous l'emprise de la colère et attendre d'avoir repris le contrôle de notre esprit pour décider dans le calme et avec sagesse. C'est dans le calme que nous pouvons voir les choses clairement en prenant en considération tous les points de vue possibles et pas seulement le notre. 

Voie Éveillée du Cœur souhaite que nous réussissions tous dans cette pratique difficile et essentielle.


Sources : Enseignements de Thich Nguyen Hung - Pagode Van Hanh, Thich Nhat Hanh (La colère), Guéshé Kelsang Gyatso (Comment résoudre nos problèmes humains)?  La Voie Zen - de la vie au monastère à la "vie quotidienne", Myokyo Ni



lundi 8 juillet 2013

La fleur de lotus et le noble sentier octuple

Le noble sentier octuple se décline aussi en exercice d'énergie (Qi Gong). Chacun des 8 mouvements commence par un petit poème. Voici celui de l'Action juste :

"Un corps sain,
Une parole positive,
Une pensée paisible et joyeuse :
c'est une fleur de lotus
rayonnante et lumineuse"

L'action juste, la parole juste et la pensée juste conduisent l'être humain à devenir pur ( par la destruction des afflictions: illusion, aversion-colère, désir-attachement) et merveilleux comme la fleur de lotus.

Autres articles sur la fleur de lotus : 

jeudi 4 juillet 2013

Un gatha pour s'aider à arrêter de fumer

A chaque cigarette

La pleine conscience est la clé

Je sais que je fume

Je sais que prendre soin de moi-même

C'est prendre soin de ceux que j'aime

lundi 1 juillet 2013

Une fleur de lotus s'ouvre à chaque pas : Thich Nhat Hanh

Dans la continuité de notre article sur le lotus dans le bouddhisme, nous vous offrons un extrait du livre de Thich Nhat Hanh : "La vie en marche, Manuel de méditation marchée", Editions Village des Pruniers, chapitre "Une fleur de lotus s'ouvre à chaque pas".

..."Le Bouddha, qu'il soit assis dans l'herbe ou sur un rocher, rayonne une beauté et une sérénité merveilleuse, comme s'il se trouvait sur une fleur de lotus". ... "...asseyez-vous sur une fleur de lotus dès maintenant, n'attendez pas l'heure de quitter ce monde pour le faire. Si vous pouvez dès maintenant renaître et vous asseoir sur une fleur de lotus, vous ne pouvez plus douter de la réalité de la Terre Pure. Et ceci est aussi vrai pour la marche : l'artiste représente le Bouddha nouveau-né faisant sept pas et sous chacun des pas du bébé Bouddha s'ouvre une fleur de lotus.
Nous devrions pouvoir faire de tels pas, si paisibles et si heureux que l'on a l'impression qu'une fleur de lotus s'ouvre à chacun d'eux. Soyons sans complexe*. Si nos pas sont heureux, légers, sans soucis, alors nous sommes dignes d'être portés par un lotus. Nous sommes un Bouddha, comme chacun d'entre nous. Je n'ai pas inventé cette affirmation, c'est le Bouddha lui-même qui a dit cela. Il a affirmé que tous les êtres ont en eux la potentialité de l'Eveil."...

* Thay parle souvent des 3 complexes : de supériorité, d'infériorité, d'égalité (note de Voie Eveillée du Coeur)

Autres articles sur la fleur de lotus :