lundi 30 décembre 2013

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N° 2 : Bonheur véritable

Second entraînement : Bonheur véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par le vol, l’oppression, l’exploitation et l’injustice sociale, je suis déterminé(e) à pratiquer la générosité dans mes pensées, dans mes paroles et dans mes actions de la vie quotidienne. Je partagerai mon temps, mon énergie et mes ressources matérielles avec ceux qui en ont besoin. Je m’engage à ne rien m’approprier qui ne m’appartienne. Je m’entraînerai à regarder profondément afin de voir que le bonheur et la souffrance d’autrui sont étroitement liés à mon propre bonheur et à ma propre souffrance. Je comprends que le bonheur véritable est impossible sans compréhension et amour, et que la recherche du bonheur dans l’argent, la renommée, le pouvoir ou le plaisir sensuel génère beaucoup de souffrance et de désespoir. J’approfondirai ma compréhension du bonheur véritable qui dépend plus de ma façon de penser que de conditions extérieures. Je peux vivre heureux(se) ici et maintenant lorsque je suis capable de m’établir dans le moment présent, en me contentant de peu, et en reconnaissant les nombreuses conditions de bonheur déjà disponibles en moi et autour de moi. Conscient de cela, je suis déterminé(e) à choisir des moyens d’existence justes afin de réduire la souffrance et de contribuer au bien-être de toutes les espèces sur Terre, notamment en agissant pour inverser le processus du réchauffement planétaire.

Pour lire les 5 Entrainements à la Pleine Conscience, cliquez ici.
La photo vient d'un site qui témoigne sur l'exploitation des enfants, cliquez ici.

Commentaire de Thich Nhat Hanh 

Second entraînement : Bonheur véritable

" L’exploitation, l’injustice sociale, le vol prennent de nombreuses formes. L’oppression est une forme de vol qui cause beaucoup de souffrance, aussi bien en Occident que dans le Tiers-Monde. Au moment où nous faisons le vœu de cultiver l’amour, l’amour est né en nous et nous faisons tout pour mettre fin à l’exploitation, à l’injustice sociale, au vol et à l’oppression. "

" Il faut du temps pour pratiquer la générosité. Nous voudrions aider ceux qui ont faim mais nous sommes pris dans les problèmes de la vie quotidienne. Parfois un médicament ou un bol de riz pourrait sauver la vie d’un enfant, mais nous ne prenons pas le temps d’aider, parce que nous ne pensons pas pouvoir y parvenir. "


Un exemple de pratique de la générosité : "Le temps, c'est fait pour être vivant et partager la joie et le bonheur avec les autres".

Extraits de "Changez l’avenir : pour une vie harmonieuse", paru chez Albin Michel, Collection " Spiritualité "


La paramita de la générosité
Dana (don) est une des 6 Paramitas* et renvoie à la pratique du deuxième Entraînement à la Pleine Conscience (Bonheur véritable). Les Paramitas sont des perfections de la pratique Bouddhiste. Elles aident à se libérer progressivement de l’attachement aux «je», «moi», «mien». Elles s’avèrent nécessaires pour parvenir à se détacher peu à peu, puis à dissoudre et enfin abandonner l’illusion d’une individualité séparée.

Comprenons la Paramita du Dana : bonne pour soi, bonne pour les autres.

- Un laïc a la responsabilité de gagner de l’argent par un mode de vie juste pour subvenir à ses besoins et aux besoins de ceux dont il a la charge. La réussite matérielle comporte le risque de développer l’illusion d’un «moi-séparé» fort. En effet, lorsque les gains visent essentiellement la satisfaction d’un besoin d’acquisition, lorsqu’il y a un attachement à l’argent gagné, la personne cultive et renforce son individualisme et son attachement à la réussite personnelle.

Une façon d'utiliser ses gains de manière juste peut consister à donner une partie de ces gains pour le bien des autres. Cela permet d'oeuvrer à la dissolution progressive de la croyance illusoire en une individualité séparée.

- Dana Paramita illustre aussi l’interdépendance :

L’enseignant a accompli son service sans rien attendre en retour, sans aucune rémunération pour son déplacement, son temps, son enseignement, de façon tout à fait désintéressée.

J’ai conscience que c’est grâce aux dons d’autres personnes, à leur générosité, que je peux aujourd’hui bénéficier de sa présence et de son précieux enseignement. La gratitude se développe en moi, je souhaite donner pour tout ce que j’ai reçu : mon Dana est le signe de cette gratitude.

Il est également le signe du partage : je souhaite à mon tour qu’il contribue à permettre à d’autres personnes de bénéficier aussi des mêmes bienfaits, et j’aide ainsi à la diffusion de cet enseignement. Une personne inconnue a fait un Dana dont je profite aujourd’hui, mon Dana d’aujourd’hui profitera à un autre, qui m’est également inconnu : de la sorte il n’y a aucune reconnaissance personnalisée, pas de louanges à attendre, de renommée ou de confort. L’anonymat du Dana est une des garanties de la pureté de la volition (intention).

Ainsi j’observe mes habitudes et je me sens peu à peu concerné(e) par les autres, conscient(e) qu’il est bon de leur fournir l’opportunité de recevoir ces enseignements, de rencontrer et suivre le Dharma.

Quelque soit le Dana, petit ou grand, ce n'est pas tant le montant du don qui est important que la pureté de la volition (intention profonde) qui guide l'acte, avec gratitude, amour, compassion.

En aidant les autres, je peux ressentir paix et bonheur. Ce faisant, je contribue modestement à garder la roue du Dharma en mouvement.

*six paramitas : Selon Thich Nhat Hanh, six perfections de la pratique Bouddhiste, comprenant la perfection de la Générosité (ou don), la perfection des préceptes (ou conduite appropriée), la perfection de la patience (ou tolérance), la perfection de la diligence (ou effort), la perfection de la concentration (ou contemplation), et la perfection de la sagesse (ou vision profonde).


Source : maison de l'inspir
Témoignages de pratiquants

« La générosité est possible sur trois niveaux : corps, parole et esprit. Au niveau du corps, c’est simple : je ne peux pas donner ce qui ne m’appartient pas. Mais au niveau de la parole et de l’esprit, ça m’a beaucoup interpellé car, là, il ne s’agit plus de limitations matérielles. Où allais-je trouver l’espace pour cultiver cette générosité ? » Nick (Magazine Regard Bouddhiste - reportage)



mardi 24 décembre 2013

Échanges et partages autour d’un passage de l’Évangile selon St-Luc : "Gardez vos lampes allumées"

Lors d'une sépulture, en écoutant ce texte, j'ai été surprise car j'avais l'impression d'entendre la parole du Bouddha Shakyamuni. 
Je vous livre ici, en toute humilité, une interprétation de cette parabole, avec la participation pleine de gentillesse de Frère FabkhiIl ne s'agit évidemment pas de prétendre faire se rencontrer ces deux religions à travers cette interprétation, c'est juste un ressenti intuitif qui ne peut pas traduire l'immensité et la profondeur de ces deux visions de l'Ultime.
Ce projet a été soumis à une amie théologienne, dont les commentaires m'ont aussi beaucoup touchée. 

En cette veille de Noël, c'est avec joie que nous vous partageons cet échange bouddhiste - chrétien que nous dédions à la mémoire de Chantal T.





Gardez vos lampes allumées (Évangile de Jésus -Christ, selon St Luc -12,33-41)

(1) Ce jour-là, Jésus dit à ses amis :
"Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur va venir.

(2) Restez en tenue de travail, 
Gardez vos lampes allumées.

(3) Soyez comme des gens
Qui attendent leur maître
A son retour de noces
Afin de lui ouvrir dès qu'il frappera ...



(4) Je vous le dis, ajoute Jésus,
Heureux ces serviteurs
Que le maître trouvera
En train de faire leur travail.

(5) Le maître prendra lui-même la tenue de travail
Et se mettra à les servir ...

(6) Vous aussi, tenez-vous prêts,
Car c'est à l'heure que vous ignorez
Que le Fils de l'Homme viendra vous chercher.

(7) Vendez ce que vous possédez,
Donnez-le aux pauvres,
Faites-vous un trésor dans les cieux.
Là où est votre trésor,
Là aussi sera votre coeur !"


Interprétation en termes bouddhistes

Gardez votre conscience pleinement éveillée

(1) Soyez donc en Pleine conscience, vigilants, attentifs, méditez, revenez à vous-même dans le moment présent  car vous ne savez pas quel jour l'Eveil ou état de Bouddha (votre lumière intérieure, l'Eveil de votre conscience et de votre coeur) se produira.

(2) Maintenez votre diligence dans votre pratique quotidienne de l'attention à l'instant présent (la Pleine conscience), établissez-vous dans la concentration parfaite pour générer le regard profond (la compréhension : indissociable de l'amour véritable).

(3) Soyez humble, patient, persévérant, pratiquez sans relâche jusqu'à la Libération de tous les voiles et afflictions (ignorance - confusion, désir-attachement-avidité, aversion-haine-colère), jusqu'à l'Eveil parfait et complet, qui a toujours été là et qui ne demande qu'à être retrouvé. C'est à vous d'ouvrir vos portes intérieures, auxquelles l'Eveil frappe depuis des temps sans commencement. Mais étant happés par les mirages du samsara, vous ne l'entendez pas. Par la pratique de la Pleine Conscience, de la concentration et de la vision profonde, vous pourrez ouvrir votre coeur et votre esprit à l'Eveil qui rayonnera alors en vous pour le bien de tous les êtres.

(4) Heureux ceux qui pratiquent la Pleine Conscience, la joie et le bonheur (piti-sukha) inconditionnés les attendent. L'esprit sain de l'Eveil (compassion et compréhension sans limite) habitera et comblera ces nobles êtres.

(5) Avec la réalisation du lâcher-prise (upekkha), toute distinction dualiste disparaît : servir l’autre équivaut à servir soi-même et vice-versa. L’Eveil : sagesse et bonté-aimante, se met au service de la Vie au quotidien quelle que soit la forme dans laquelle elle se manifeste.

(6) La mort peut advenir à tout moment, aussi vivez pleinement chaque instant (éthique, pleine conscience - méditation, vision profonde) conscient de l'impermanence, ne laissez pas vos jours s'écouler dans l'inutilité (extrait du poème sur l'impermanence dans "les chants du coeur".)

(7) Libérez vous de vos attachements, pratiquer les six perfections, comme la générosité, le don. Quittez les dharmas mondains pour rejoindre la Vie ; laissez derrière vous les préoccupations futiles, les soucis inutiles et superficiels pour vous pencher sur les choses de la vie et aimer tout ce qui se présente dans le moment présent. Suivez la noble voie (l’octuple sentier) ; développez les 4 esprits illimités (Brahma vihara).
En développant ces qualités du coeur et de l'esprit, vous accumulez un trésor qui vous rapproche de l'Eveil. Ce trésor n'est pas ailleurs que dans votre coeur-esprit, c'est la porte de la cessation de la souffrance (nirvana) et la source pure de la bonté-aimante inconditionnelle et de la compréhension de la vérité ultime.


Commentaire (sur le texte d'origine) de Christiane : une chrétienne de coeur

Gardez vos lampes allumées *

(1) Vous ne savez pas quand le Seigneur va venir ; vous ne savez pas quand il va venir en vous ; son Amour infini et sa lumière peut venir en vous si vous vous faites réceptacle de cet amour. Et vous en serez « bouleversé, troublé », de découvrir sa présence d’Amour en vous. Il se révèle aussi par l’intermédiaire de d’autres humains, dans la rencontre, l’Esprit fait signe si on sait ouvrir son cœur ( ou sa conscience) à cela.
Par ailleurs, il est aussi annoncé dans les textes qu’un jour, à la « fin des temps le Seigneur viendra » et nous ne savons pas quand mais l’essentiel est de vivre de son amour avec nos frères en humanité.

(2) « Restez en tenue de travail » fait référence à la notion et l’appel au service du frère, c'est-à-dire vivre l’Amour du frère, même vis-à-vis de son ennemi, vivre dans tous les actes quotidiens l’amour. 
Un grand texte du « jeudi Saint » raconte comment le Christ s’est mis symboliquement à genoux pour laver les pieds de ses disciples. Or, dans la culture de l’époque, un maître ne s’abaissait pas à laver les pieds de ses disciples. Jésus a montré par cet événement combien il est fondamental de vivre les uns pour les autres, de vivre en service les uns pour les autres. La tenue de travail, c’est la tenue de service, c’est l’habit de l’Amour pour l’autre. La lampe allumée, c’est à mon avis, l’amour de Dieu en nous qui entretenu (conscience, méditation, ouverture à la prière et à la présence divine en soi comme présence et nourriture) nous aide à garder le cap d’un Amour nourri et vécu de l’Amour de Dieu pour nous qui s'épanouit et dans notre relation aux autres.

(3) Ce passage a quelque chose qui peut expliquer le choix de ce texte pour des obsèques. Car il peut s’apparenter à l’arrêt de la vie terrestre et à la traversée, au passage de la mort à la Vie (autre), que des humains chrétiens, s’imaginent, dans leur foi. Ce passage qui doit les amener, selon leur foi et les textes, à la rencontre du Christ : être infini, Amour et lumière, à la fois présent dans les cœurs qui veulent bien lui faire place sur terre et présent éternellement avec eux ensuite, après la mort. Attendre quelqu’un comme un maître à son retour de noces, c’est attendre le meilleur Être qui soit et être prêt à bien l’accueillir quand il frappera, se proposera de venir à ta rencontre.

(4) Ceux qui auront vécu selon ces commandements, c'est-à-dire de vivre l’amour et le service du frère, sans jamais changer de ligne, ceux là auront répondu à l’Amour de Dieu et des hommes et n’en seront que heureux. (A l’expérience, c’est vrai la pratique de l’Amour, de la fraternité, du dialogue et de la considération de l’autre comme son égal, comme aussi une part de divin, donne joie et bonheur et transforme notre être).

(5) Dans ce paragraphe, c’est à mon avis la même référence que j’ai citée plus haut à propos du jeudi Saint. Le Christ montre que même le maître est au service des hommes. 
Il l’a tellement été au travers de la vie du Fils de Dieu Jésus, qu’il a accepté d’épouser la condition humaine et de mourir pour ensuite montrer que la résurrection était possible, que l’espérance était déjà là si on vit de l’Amour, et l’espérance était éternelle car le Dieu qui nous invite est lui aussi éternellement « avec chacun de nous » sur terre et dans notre autre vie après la mort.
Ce message que le Christ à transmise à cette occasion ( lavement des pieds de ses disciples au soir du JEUDI SAINT) est d’ailleurs révolutionnaire car la notion de « Roi » devient alors la notion de « serviteur », serviteur du peuple. C’est d’ailleurs le sens noble de la politique ; mettre tout en œuvre pour que la manière de gérer la cité permette à tous les habitants de trouver leur place, d’épanouir leur être. Faire en sorte que tous vivent en homme digne et « debout » et aient accès au bien commun équitablement.


(6) Ce passage évoque tout simplement le fait que nous ne connaissons pas l’heure de notre propre mort. Pas plus que nous ne savons quand le Seigneur reviendra sur terre (même s’il est déjà là dans les cœurs . Le fils de l’Homme (Homme avec un grand « H ») signifie Dieu. Car Dieu a choisi de venir « épouser la condition humaine » en venant s’incarner dans la personne de JESUS. Il est question dans d’autres textes du « jugement dernier ». Personne ne sait quand et comment mais c’est pas grave, c’est une question de CONFIANCE. 

(7) J’adhère à votre interprétation là-dessus. Vivre désencombré de tout ce qui est futile, pas d’attachement matériel…Le trésor de la VIE est dans la vie de cœur et du cœur, la vie donnée, pleine d’Amour… 
Ce texte de St-Luc est un magnifique texte qui appelle à la CONFIANCE en Dieu et à la vie de service et d’Amour, amour pour Dieu (prière, méditation…) et Amour du frère en humanité (réciprocité, solidarité ...).
Il invite au dépouillement. Il invite à garder « sa lampe allumée » ; garder et veiller pour entretenir notre vie dans l’Amour et la lumière, être vigilant pour ne pas tomber dans l’oubli de ces préceptes, l’oubli de Dieu, l’oubli des autres. L’image est intéressante car si on s’imagine un instant sans lampe allumée, on n’y voit plus rien, nous sommes alors dans le noir et les ténèbres…
Tous ces textes des évangiles comportent beaucoup de paraboles justement pour que les messages qu’elles contiennent ne soient pas trop intellectuels mais compréhensibles par tous. La « lampe allumée » et la « tenue de service » en font partie même si là ce n’est pas vraiment une parabole mais des images et des symboles pour mieux comprendre.
Et au-delà la question de la « venue du Seigneur » reste mystérieuse mais elle invite à la CONFIANCE et à l’accueil de ce qui arrive et de ce qui arrivera (vous ne savez ni l’heure, ni le jour…) Elle invite à la confiance et à la DEMAÎTRISE. De toutes façons, si vous vivez l’Amour, le Seigneur sera là et sera avec vous, ne craignez pas de l’heure…


* La lumière a évidemment une grande importance dans la religion chrétienne, c’est elle qui symbolise la résurrection, le retour à la Vie. C’est d’ailleurs entre autre pour ça, que NOËL é été choisi d’être célébré juste dans les temps du recommencement du rallongement des jours (après la Sainte LUCE (Lumière) les jours rallongent !) 



Pour illustrer musicalement cet enseignement chrétien, Christiane vous offre ce chant 


jeudi 19 décembre 2013

Conte bouddhiste : Accepter pour être heureux.

Voici une histoire que Lao Tseu aimait raconter. Elle est souvent racontée par ThichNhat Hanh lors de ses enseignements.

Un pauvre paysan chinois travaillait dur, aidé dans les travaux des champs par son fils. Rassemblant toutes ses économies, il partit au marché acheter un cheval pour soulager leur labeur. C’est une superbe bête qui tire la charrette pour rentrer les récoltes, rapporter le bois, et bien d’autres taches encore. Ce qui satisfait les deux hommes.

Son voisin voyant cela se montra jaloux, et proposa au pauvre paysan d’acheter son cheval.
Le paysan répondit : « Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne veux pas le vendre ».
Un jour, le cheval sauta au-dessus de la clôture et disparut. Le voisin passant devant l’écurie vide dit au fermier : « C’était prévisible qu’on la volerait cette bête ! Pourquoi ne me l’avez-vous pas vendue ? Vous n’avez pas de chance ! ».Le paysan se montra plus circonspect : « N’exagérons rien dit-il. Le cheval ne se trouve plus dans l’écurie, c’est un fait ! Tout le reste n’est qu’une question d’appréciation de votre part. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ? ».
Le voisin se moquait du vieil homme. Il le considérait depuis longtemps comme un simple d’esprit. Le fermier n’est pas assez riche pour s’acheter un autre cheval, et continue de travailler dur avec son fils.
Quinze jours plus tard, le cheval revint. Il n’avait pas été volé ; il s’était tout simple- ment mis au vert, et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade.

Le voisin du fermier vint lui rendre visite : « Vous aviez raison, ce n’était pas un vol. Vous avez de la chance ! .
- Je n’irais pas jusque-là, dit le paysan. Je me contenterais de dire que mon cheval est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épiso-
de ».
Le paysan demande à son fils de dresser les étalons sauvages, ce qu’il entreprit. Au cours d’une séance de dressage, un des chevaux jeta son cavalier à terre et le piétina, lui cassant une jambe.
Le voisin vint une fois de plus donner son avis : « Pauvre ami, vous n’avez pas de chance, voici que ton fils unique est estropié. Qui donc vous aidera pour les travaux de
la ferme ? Vous êtes vraiment à plaindre.
- Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de sa jambe, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? Nul ne peut prédire l’avenir ».


Quelque temps plus tard, la guerre éclata. Tous les jeunes hommes du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.
« Vieil homme, se lamenta le voisin, vous aviez raison ; votre fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de vous, tandis que nos fils vont se faire tuer.
-Je vous en prie, répondit le paysan, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Est-ce un bien ou un mal ? Qui peut le dire ? ».

mardi 17 décembre 2013

"L'altruisme, un facteur de paix" : le plaidoyer de Matthieu Ricard sur Sagesses bouddhistes

L'émission : Le moine bouddhiste Matthieu Ricard aborde le thème de l'altruisme. En effet, développer et cultiver une attitude bienveillante envers autrui est aujourd'hui un facteur de paix essentiel pour le «vivre ensemble» dans toutes les sociétés.

Diffusé le dim. 15-12-13 à 8:30 | Encore 5 jours pour regarder l'émission, cliquez ici.

lundi 16 décembre 2013

La vie du Bouddha Shakyamuni : documentaire de la BBC

Voici un documentaire de la BBC sur la vie du Bouddha Shakyamuni en anglais, sous-titré en vietnamien (pour l'instant pas de sous-titrage en français).

jeudi 12 décembre 2013

Comment développer l'Esprit d'Eveil ou Bodhicitta ? N°4 : La marche vers l'Eveil de Shantidéva

Qu'est-ce que la bodhicitta ?

Le bodhicitta ou esprit d'Éveil (bodhi : éveil ; citta : cœur-esprit) est l'aspiration et l'engagement à atteindre l'Éveil afin d'y amener tous les êtres sensibles, et ainsi les libérer de la souffrance inhérente (duhkha) à l'existence cyclique (samsāra).
L'actuel Dalaï-Lama en dit : « Cet esprit d’Éveil transforme toutes les actions bénéfiques en un véritable catalyseur permettant l’émergence de la bouddhéité. […] Dans l’océan des pratiques qui mènent à la bouddhéité, le bodhicitta agit comme un raz-de-marée».

Comment développer l'esprit d'Eveil ?
Une des méthodes de développement de la bodhicitta est celle de l’égalisation et de l’échange de soi avec autrui.


1- La méthode du Dalai Lama
Voir l'article

2- La méthode de l'entraînement de l'esprit en sept points de Guéshé Chékawa
Voir l'article


3- La méthode de la transformation de l’esprit en huit versets de Guéshé Langri Thangpa
Voir l'article

4- La méthode la marche vers l'Eveil de Shantidéva

Le Bodhicaryâvatâra (marche vers l'Eveil) est un traité versifié en sanskrit attribué à Shantideva (685?-763). Ce traité décrit l'engagement et la pratique d'un bodhisattva, c'est-à-dire ce que doit faire un aspirant à l'Eveil (bodhisattva) selon la tradition bouddhiste.

samedi 7 décembre 2013

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lundi 2 décembre 2013

Novembre 2013 à mai 2014 : Evénement exceptionnel, les reliques du Bouddha sont exposées à Dhagpo Kagyu Ling

Les reliques du Bouddha sont arrivées à Dhagpo Kagyu Ling le 24 novembre 2013, jour du Lhabab Dutchen, célébrant le retour du Bouddha sur terre après sa descente du monde des Dieux. Elles resteront à Dhagpo Kagyu Ling jusqu’en mai 2014.

Exposition au public
Les reliques sont régulièrement exposées au cœur de l’Institut afin que toutes celles et ceux qui le souhaitent, bouddhistes comme non bouddhistes, puissent les voir.
- Samedi 30 novembre de 17h à 18h15. Pour les week-ends suivants, l’horaire sera précisé ultérieurement.
- Les jours de pleine lune et de nouvelle lune, lors des rituels mensuels
- Lors de la retraite d’étude et de méditation de fin décembre, en présence de Lama Jigmé Rinpoché.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

"Questions et réponses avec Ajahn Chah" par Jack Kornfield

Voici quelques extraits.
Pour avoir l'exhaustivité, cliquez ici.

Source : http://dhammasukha.free.fr

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Q: J'ai toujours énormément de pensées. Mon esprit erre beaucoup malgré tous mes efforts pour être attentif.

R: Ne t'inquiète pas pour cela. Essaye de garder ton esprit dans le présent. Quelle que soit la nature de ce qui surgit dans ton esprit, contente-toi de l'observer. Lâche-le. Ne nourris même pas le désir de te débarrasser des pensées. De cette façon, l'esprit atteindra son état naturel. Il n'y aura alors plus de distinction entre bon et mauvais, chaud et froid, rapide et lent. Plus de moi et toi - plus de moi du tout. Uniquement ce qu'il y a au moment présent. Lorsque tu quêtes ta nourriture, tu n'as pas besoin de faire quoi que ce soit de spécial. Contente-toi de marcher et de voir ce qui se présente à toi. Ne t'attache ni à l'isolement ni à la solitude. Où que tu sois, connais-toi toi-même en étant naturel et en observant. Si des doutes surgissent, regarde-les venir et disparaître. C'est très simple. Ne t'attache à rien.

C'est comme si tu descendais une route, te heurtant à toutes sortes d'obstacles. Si tu rencontres des impuretés de l'esprit, contente-toi de les voir et surmonte-les en les lâchant. Ne pense pas aux obstacles que tu as déjà croisés. Et ne t'inquiète pas au sujet de ceux que tu n'as pas encore vus. Reste dans le présent. Ne te fais pas de souci au sujet de la longueur de la route ou de la destination. Tout change constamment. Quelle que soit la nature de ce que tu rencontres, ne t'y attache pas. L'esprit finira par atteindre son équilibre naturel où la pratique s'effectue automatiquement. Toutes les choses naîtront et disparaîtront d'elles-mêmes.


Q: Vous avez dit que samatha et vipassana - la concentration et la vision intérieure - sont la même chose. Pouvez-vous expliquer cela plus en détail?

R: C'est assez simple. La concentration (samatha) et la sagesse (vipassana) se complètent réciproquement. D'abord l'esprit devient calme en se concentrant sur un objet de méditation. Cette tranquillité de l'esprit ne dure que le temps de la position assise, les yeux fermés. C'est ce qu'on appelle samatha. Or, un jour ou l'autre, cet état de samadhi finit par entraîner l'apparition de la sagesse ou vipassana. A partir de ce moment-là, l'esprit est calme que tu sois assis les yeux fermés ou que tu te promènes dans une ville grouillante d'activité. Pense par exemple au fait qu'autrefois tu étais un enfant alors que, maintenant, tu es un adulte. L'enfant et l'adulte sont-ils la même personne? Tu pourrais dire qu'ils le sont ou, selon un autre point de vue, tu pourrais dire qu'ils sont différents. De la même façon, samatha et vipassana peuvent être considérés comme étant séparés l'un de l'autre. Ou pense au rapport qui existe entre la nourriture et les fèces; on pourrait dire qu'elles sont la même chose, tout comme on pourrait dire qu'elles sont différentes. Ne te contente pas de croire ce que je dis, accomplis ta pratique et vois toi-même. Il ne faut rien de spécial pour cela. Si tu examines comment la concentration et la sagesse apparaissent, tu connaîtras la vérité toi-même. De nos jours, beaucoup de gens se raccrochent aux mots. Ils disent qu'ils pratiquent vipassana, méprisant samatha. Ou, au contraire, ils disent qu'ils pratiquent samatha, disant qu'il est indispensable de pratiquer samatha avant. Tout cela est stupide. Ce n'est pas la peine d'y penser de cette façon. Pratique simplement et tu verras toi-même.


Q: Est-il nécessaire, dans notre pratique, d'être capable de parvenir à un état d'absorption?

R: Non, l'absorption n'est pas nécessaire. Tu dois créer un minimum de tranquillité de l'esprit et de concentration sur un point. Une fois cet état atteint, tu t'en sers pour t'examiner soi-même. Tu n'as besoin de rien de spécial. Si l'absorption est réalisée durant la pratique, il n'y a évidemment rien à redire à cela, mais il importe de ne pas s'y raccrocher. Or, certaines personnes en font tout un complexe. Cela peut être très amusant de jouer avec l'absorption, à condition d'en connaître les limites. Si tu es sage, tu reconnaîtras certainement les possibilités et les limites de l'absorption, tout comme tu vois les limites des enfants par rapport aux adultes.


Q: Comment pouvons-nous surmonter la concupiscence dans notre pratique? Quelquefois, je me sens comme si j'étais l'esclave de mon désir sexuel.

R: Le désir charnel doit être contrebalancé par la contemplation du caractère répugnant du corps. L'attachement à la forme corporelle est l'un des deux extrêmes et il importe de ne jamais oublier l'extrême opposé. Examine le corps en tant que cadavre et imagine le processus de la putréfaction ou pense aux différentes parties du corps, comme les poumons, la rate, la graisse, les fèces et ainsi de suite. Souviens-toi de ces différentes parties et rappelle-toi ces aspects répugnants lorsque surgit le désir charnel. Cela te délivrera de la concupiscence.


Q: Qu'en est-il de la colère? Que dois-je faire quand je sens que je suis sur le point de me mettre en colère?

R: Tu dois te servir de l'amour bienveillant. Si, pendant la méditation, un sentiment de colère s'empare de ton esprit, compense-le en développant des sentiments d'amour bienveillant. Si quelqu'un a un mauvais comportement ou se met en colère, ne te mets pas en colère toi aussi. Si tu le fais, tu es plus ignorant que lui. Sois sage. Aie de la compassion, car la personne en question est en train de souffrir. Emplis ton esprit d'amour bienveillant plein d'amour comme s'il s'agissait de ton propre frère. Prends le sentiment d'amour bienveillant comme objet de méditation. Etends-le à tous les êtres de ce monde. L'amour bienveillant est seul capable de vaincre la haine.
Si tu vois d'autres moines qui se comportent mal et que cela te contrarie, tu t'infliges une souffrance inutile. Ce n'est pas là notre Dhamma. Peut-être penses-tu ainsi: "Il n'est pas aussi strict que moi. Ce ne sont pas des méditants sérieux comme nous. Ces moines ne sont pas de bons moines". Tu commets là une grande impureté. Ne fais pas de comparaisons. N'établis aucune distinction. Lâche tes opinions, observe-les et observe-toi toi-même. C'est cela, notre Dhamma. Il t'est absolument impossible de faire en sorte que les autres agissent comme tu le désires ou qu'ils soient comme toi. Ce désir aura pour seul effet de te faire souffrir. C'est une erreur fréquemment commise par les méditants que d'observer les autres et cela ne fait qu'empêcher le développement de la sagesse. Contente-toi de t'examiner toi-même, d'examiner tes sentiments. C'est ainsi que tu finiras par comprendre
.