lundi 31 mars 2014

Dimanche 13 avril 2014 : Journée de Pleine Conscience à St-Fiacre



L'objet de cette journée est de :

  • pratiquer l’art de vivre en pleine conscience, selon l’enseignement du maître Thich Nhat Hanh.
  • développer les capacités de compréhension et de compassion de chacun.
Pour en savoir plus et/ou vous inscrire, cliquez ici.

Cosmologie bouddhique par Akira Sadakata

Pour la première fois en langue française, cet ouvrage présente l'approche bouddhique, fascinante et complexe, de la structure de l'univers.
Il décrit d'abord la cosmologie classique indienne, reprise par le bouddhisme ancien, et ses relations avec le karma, la transmigration et l'Eveil. 
Il retrace ensuite l'évolution du bouddhisme mahayana où le monde de l'Eveil et le monde phénoménal sont un seul univers symbolisé par une fleur de lotus.

C'est vraiment très intéressant car il y a aussi des comparatifs avec l'antiquité grecque et égyptienne. Cela  montre aussi comment les cultures s'influencent entre elles.


jeudi 27 mars 2014

"L'amour de soi" par Thich Nhat Hanh

Dans son livre "Enseignements sur l'amour", Thich Nhat Hanh nous invite à nous aimer nous même.

Il affirme : "Dès l'instant où vous comprendrez l'importance de s'aimer soi-même, vous cesserez de faire souffrir les autres."

Voici un lien pour lire le chapitre 3 sur "l'amour de soi" : cliquez ici. puis cherchez la page 31, et remontez à la page 29.

mercredi 26 mars 2014

"Il est possible que l'homo sapiens disparaisse dans quelques centaines d'années si on ne change pas" par Thich Nhat Hanh

Ce fut un moment très fort de la retraite francophone 2012... qu'il nous faut je pense largement partager...pour semer les graines d'éveil dans notre conscience collective ...
(source : Camino, mon chemin spirituel, Militer, Méditer et Agir)


Voir la vidéo 

http://vimeo.com/41508503#at=0 ( à partir de 11 ' 30"")


Lire la transcription en français
(merci à la sangha de Bordeaux)

Question : Cher Thây, je voudrais vous poser une question à propos du réchauffement planétaire, parce que je voudrais dédier ma vie à protéger l'environnement et combattre le processus du réchauffement planétaire, et en voyant la destruction de l'environnement par l'industrialisation, cela semble si grand et écrasant et sérieux qu'il est difficile pour moi de savoir quoi penser. Le désespoir a tendance à se manifester en moi face à ce problème. Et je me demande comment je peux y penser d'une façon qui ne cause pas du désespoir, et comment je peux en parler avec d'autres d'une façon qui soit aussi bénéfique, parce que je pense que souvent il est difficile d'en parler sans sentir beaucoup de culpabilité ou de désespoir, parce que je sens que la plupart des choses que je fais dans ma propre vie causent le réchauffement planétaire, et voudrais faire ce que je peux dans ma vie pour l'arrêter, et travailler avec d'autres pour l'arrêter, et surtout travailler avec d'autres d'une façon qui nous donne de l'espoir et qui ne soit pas destructive. Merci.


Thây :
Le désespoir, c'est le pire qui puisse nous arriver. Il faut une pratique pour pouvoir transformer le désespoir. Tout d'abord, on doit s'identifier avec la Terre mère, la planète. On doit se voir dans la planète. Je suis dans la Terre mère, et la Terre mère est en moi. La Terre mère n'est pas de la matière, la Terre mère est aussi l'intelligence, parce que la planète a donné naissance à des Bouddha, à des bodhisattva, à des saints, donc, elle n'est pas un bloc de matière, ce n'est pas un bloc de matière. Donc, il y a de l'intelligence, de la vision profonde dans la Terre, et si vous pouvez vous identifier avec la Terre, vous pouvez profiter de cette vision profonde de la Terre.
Il faut se souvenir que la Terre a donné naissance à des Bouddha, à des milliers et des milliers de Bouddha, des milliers et des milliers de bodhisattva. Le Bouddha Shakyamuni est un enfant de la Terre, et Jésus-Christ est aussi un enfant de la Terre. Il y a des saints qui sont des enfants de la Terre, et nous sommes des enfants de la Terre. Et dans l'histoire de la vie, il est déjà arrivé que les espèces disparaissent. Plusieurs fois déjà. Quatre, cinq fois déjà. Et il est possible que l'homo sapiens disparaisse dans quelques centaines d'années si on ne change pas. Il est possible que les hommes, les femmes, disparaissent, dans une centaine d'années, ou cent cinquante années. C'est une chose très possible, et cette civilisation va disparaître comme les autres civilisations dans le passé. C'est une chose possible, et qui est déjà arrivé dans l'histoire de notre planète, ce n'est pas quelque chose de nouveau. Alors il faut apprendre à accepter la fin de cette civilisation, et la disparition de l'homo sapiens. Il faut accepter la possibilité de l'extinction de cette civilisation, et de l'homo sapiens. C'est une chose possible. Et la Terre mère va attendre, va patienter. Peut-être aura t-elle besoin d'une centaine de millions d'années pour pouvoir nous générer de nouveau, mais pour la planète Terre, un million d'années, dix millions d'années, ce n'est rien du tout. Ce n'est rien du tout. Le temps géologique.

Donc, je pense qu'on doit regarder en profondeur, on doit étudier l'histoire, et on doit apprendre à accepter la fin de notre civilisation, et la disparition de l'homme sur cette Terre. Peut-être dans une centaine d'années, ou un peu plus. Et on doit attendre avec la Terre mère peut-être un million d'années, ou dix millions d'années, ou une centaine de millions d'années, pour que la vie des humains puisse encore être possible. Mais qui dit que nous n'aurons pas une chance ? C'est parce que l'éveil, l'éveil collectif peut arriver, n'importe quand. Et quand l'éveil collectif arrive, alors on a une chance. Donc on peut faire les deux choses ensemble : accepter notre fin, et travailler, continuer à travailler pour qu'une telle chose puisse arriver, et on peut être libre de désespoir, et on garde encore l'espoir, les deux choses peuvent aller ensemble. Vous comprenez ?

Livre
"Ce monde est tout ce que nous avons" par Thich Nhat Hanh

lundi 24 mars 2014

Calme Comme Une Grenouille : méditation pour enfant

Permettre aux enfants de se focaliser sur leurs ressentis les aide à se détendre et à se calmer. Cela offre également des bienfaits pour leur santé physique et émotionnelle.

Ci-dessous vous allez découvrir une méditation guidée pour les enfants qui est tirée d’un ouvrage de Eline Snel que je vous recommande : Calme et Attentif Comme Une Grenouille (voir descriptif de l’ouvrage).


jeudi 20 mars 2014

"Rien ne mérite que l'on s'y attache" par Upasika Kee Nanayon

Il est très bénéfique pour nous d’avoir pratiqué le Dhamma en nous observant étape par étape et d’avoir ainsi été amenés, jusqu’à un certain point, à prendre conscience de la vérité. En effet, chacun doit trouver la vérité en soi : la vérité de l’insatisfaction ou de la souffrance, sa cause et la voie qui mène à sa dissolution. Si nous n’avons pas conscience de cela, nous tombons dans la même souffrance que le reste du monde. Nous sommes venus vivre dans un centre où l’on pratique le Dhamma mais, si nous ne connaissons pas ces vérités, nous n’en retirons aucun bienfait. La seule différence avec une vie à la maison, c’est que nous observons les préceptes. Si nous ne voulons pas nous fourvoyer dans notre pratique, nous devons absolument connaître ces vérités. Sinon, nous nous fourvoyons en cherchant du plaisir au milieu des insatisfactions et des souffrances que nous offre le monde.

Notre pratique consiste à contempler notre paysage intérieur jusqu’à comprendre la souffrance et sa cause – en d’autres termes, prendre conscience des poisons intérieurs dont la virulence peut influencer notre cœur et notre esprit. C’est seulement parce que nous avons cette pratique que nous pouvons dissoudre ces poisons, que nous pouvons dissoudre la souffrance chaque jour et à tout moment. C’est tout à fait extraordinaire. Ceux qui ne pratiquent pas ne peuvent pas l’imaginer alors même qu’ils vivent prisonniers de toutes sortes de poisons mentaux et d’insatisfaction. Ils se laissent mener par le bout du nez vers de plus en plus de souffrance sans jamais réaliser ce qui leur arrive. Si nous n’entrons pas en contact avec le Dhamma, si nous ne le pratiquons pas, nous passons par la naissance et par la mort uniquement pour créer du karma entre nous et pour continuer à tourner dans une ronde de souffrance et d’insatisfaction.

Nous devons méditer jusqu’à vraiment voir l’insatisfaction. C’est alors que nous cesserons de nous y complaire et que nous essaierons de la dissoudre ou de nous en libérer. Quand on pratique, il s’agit donc de se battre pour remporter la victoire sur l’insatisfaction et la souffrance en obtenant des résultats toujours meilleurs d’une fois sur l’autre. Quelles que soient les erreurs que nous commettons ou la manière dont nous les commettons, nous devons essayer de ne pas les refaire. Nous devons également prendre conscience du mal et de la souffrance causés par les poisons intérieurs les plus subtils, les désirs et les attachements. Voilà pourquoi nous devons plonger au plus profond de notre cœur car, si nous en restons au niveau superficiel du vide de l’esprit, nous n’obtiendrons absolument aucune connaissance profonde.


Pour lire la suite, cliquez-ici.

lundi 17 mars 2014

Upasika Kee Nanayon : une femme extraordinaire qui a atteint l'Eveil au XXème siècle

Upasika Kee (1901-1978) fut une formidable enseignante du Dharma, tout à fait unique en son genre. Sa façon de parler rappelle le grand Ajahn Chah: terre-à-terre et directe, rafraîchissante et souvent drôle. Au fil du XXe siècle, elle est devenue l'un des plus grands maître de méditation de Thaïlande, chose d'autant plus remarquable qu'elle n'a jamais pris les vœux monastiques. Son honnêteté absolue et ses encouragements répétés font d'elle une figure très aimée de nombreux enseignants bouddhistes contemporains. Pure et simple est le premier recueil de ses enseignements offerts à un large public.

Interview de Jeanne Schut dans l'émission Sagesses Bouddhistes :




samedi 15 mars 2014

Colloque "Nous et l'animal" avec la participation de Matthieu Ricard

Colloque organisé par Ecolo-Ethik, groupe de réflexion transpartisan et indépendant pour l'innovation écologique, avec la participation de Matthieu Ricard (7 février 2014 au Palais du Luxembourg)

jeudi 13 mars 2014

Compassion pour nos amis d'Ukraine et de Russie, ainsi que pour tous ceux qui souffrent avec l'invocation de l'énergie d'Avalokitesvara

En ce moment de fortes tensions entre l'Ukraine (8ème pays pour le nombre de pages vues sur notre blog) et la Russie (5ème pays), je vous propose d'envoyer notre compassion  à l'Ukraine et la Russie en invoquant le nom d'Avalokitesvara ou selon toute autre méthode qui vous conviendra.

Nous pouvons aussi étendre notre bonté-aimante envers tous les êtres humains et ceux des six royaumes d'existence qui endurent toutes sortes de souffrances.



L'invocation de l'énergie du Boddhisattva de la Compassion, Avalokitesvara, chantée par la Sangha du village des pruniers 




Explications données par Thich Nhat Hanh sur sa signification
(source : Camino, mon chemin spirituel, Militer, Méditer  et Agir)

En audio, traduction de l'explication donnée le 31 déc 2012

Traduction et transcription par Pháp Thân de l'enseignement donné le 8 Août 2011 en anglais.
Bonsoir chers amis, chère Sangha. Bienvenue à notre retraite sur le thème 'éveiller le coeur.' C'est un moment heureux, parce que nous avons l'opportunité d'être ensemble pour plusieurs jours, pratiquant ensemble et partageant ensemble.
Nous commencerons par la pratique du chant et de l'écoute. Les monastiques vont chanter le nom du bodhisattva Avalokita. Avalokita est une personne qui a la capacité d'écouter, d'écouter profondément et avec compassion. Et il sait comment écouter sa propre souffrance, la souffrance en lui. Il n'avait pas peur de sa souffrance intérieure, alors il pratiquait l'écoute profonde de la souffrance en lui. Et grâce à cette pratique profonde, il a compris la nature de cette souffrance. La souffrance à l'intérieur de nous reflète toujours la souffrance du monde, et si nous regardons profondément la souffrance du monde, nous pouvons voir aussi notre propre souffrance réfléchie en elle.

Beaucoup d'entre nous ne veulent pas être en contact avec la souffrance intérieure. Nous essayons d'échapper à notre propre souffrance, nous n'aimons pas la toucher, et nous essayons de couvrir la souffrance intérieure avec la consommation. Nous écoutons la musique, nous lisons des magazines, nous regardons la télévision, nous prenons la voiture et sortons, nous faisons tout afin d'échapper à notre souffrance, de couvrir la souffrance intérieure. Et c'est pour cela que nous n'avons pas une chance.

Avalokita a eu cette chance parce qu'il était capable de rentrer en lui, d'être en contact avec la souffrance intérieure et de l'écouter profondément. La compréhension et la compassion s'élèvent de cette pratique d'écoute à la souffrance intérieure. Et quand la compréhension de la souffrance s'élève, il y a la transformation, la libération, et nous souffrons moins. Nous nous sentons plus léger, nous nous sentons guéris. Donc la pratique de l'écoute de notre propre souffrance est très cruciale pour la transformation et la guérison. Et après cela, il était capable de regarder les autres personnes, et de voir la souffrance en elles. Et il était capable de comprendre aisément la souffrance dans les autres personnes, dans les autres gens. Sa façon de les écouter, sa façon de les regarder était pleine de compassion et cela les faisait se sentir beaucoup mieux, et il pouvait aider les autres personnes à revenir à leur propre souffrance et à l'écouter et à obtenir la même sorte de transformation et guérison.

Alors quand les monastiques chantent le nom d'Avalokita, ils n'essayent pas vraiment de prier au bodhisattva. Ils pratiquent comme des bodhisattvas. Namo Valokiteshvaraya. Ils rentrent en eux et touchent la souffrance intérieure, parce que les monastiques ont leur propre souffrance intérieure, réfléchissant la souffrance extérieure aussi.

À chaque fois, ils chantent le nom trois fois. Durant le premier temps de chant, ils essayent de revenir en eux et écoutent et touchent la souffrance à l'intérieur d'eux. Et durant le temps du chant, Namo Valokiteshvaraya, ils font seulement cela. Et quand ils chantent le nom d'Avalokita pour la deuxième fois, ils focalisent leur attention sur la souffrance des autres personnes, les personnes en face d'elles, les personnes autour d'elles, que ces personnes soient dans la salle ou pas dans la salle, ils rentrent en contact avec la souffrance à l'intérieur de cette personne, et ils commencent à voir la souffrance à l'intérieur d'elle, et écoutant avec compassion la souffrance dans cette personne, le processus de guérison, de transformation, commence avec cette sorte d'écoute à la souffrance intérieure et extérieure. Et quand ils chantent le nom d'Avalokita pour la troisième fois, ils focalisent leur attention sur le monde. Il y a beaucoup de souffrance dans le monde, il y a beaucoup de points douloureux : la guerre, la séparation, la violence, la discrimination, la tuerie, la destruction de l'éco-système. Donc durant le troisième temps du chant, ils entrent en contact avec cela, ils écoutent cette souffrance, et quand nous écoutons le chant, nous joignons la pratique. Nous ne sommes pas des observateurs, nous sommes des participants.


Pendant ces 3 phases, on ne demande pas quelque chose mais on fait naître la compassion (ajout par Voie Eveillée du Coeur selon l'enseignement de Thay du 31/12/13).

On peut être assis relaxés, nous nous autorisons à être pleinement présents dans l'ici et maintenant, on peut focaliser notre attention sur l'inspiration et l'expiration, et autoriser notre corps à se relaxer. De cette façon, nous autorisons l'énergie collective du chant à pénétrer dans notre corps, nous devenons perméables, parce que durant le temps du chant, la Sangha génère une sorte d'énergie collective de pleine conscience et de compassion, et si autorisons l'énergie collective de pleine conscience et de compassion à pénétrer dans notre corps, alors nous pouvons être capables de relâcher les tensions et de réduire la douleur qui est dans notre corps.

Il y a des tensions dans notre corps, et il y a aussi des douleurs dans notre corps, et si nous savons comment autoriser notre corps à se relaxer, l'énergie collective de la Sangha sera capable de pénétrer. Et en quelques minutes, on se sent mieux. Nous pouvons relâcher les tensions, et nous pouvons aussi réduire la quantité de douleur dans notre corps. Nous ne devons rien faire, nous nous autorisons simplement à être pleinement présents dans l'ici et maintenant, et nous autorisons notre corps à se relaxer. Donc ceci est l'art d'écouter. Nous stoppons nos pensées. Nous nous autorisons à être dans l'ici et maintenant et à nous relaxer, c'est notre pratique.

Et si nous avons des douleurs, des peines, des peurs, de la colère dans notre cœur, nous pouvons ouvrir notre cœur afin que l'énergie collective de la Sangha puisse pénétrer et aider à réduire cette quantité de souffrance en nous. Nous disons : 'Chère Sangha, voici ma douleur, voici mon désespoir, voici ma colère. S'il te plaît, aide, reconnaît et embrasse les pour moi. Je prends refuge dans la Sangha.' Et si nous pouvons ouvrir notre cœur et autoriser la Sangha à embrasser avec son énergie collective la douleur en notre coeur, nous nous sentirons mieux après quelques minutes d'écoute. C'est très guérissant. Nous pouvons obtenir un soulagement seulement après quelques minutes de pratique de l'écoute. Cela marche toujours. Et si nous avons quelqu'un qui est proche de nous, qui souffre maintenant, qui n'a pas pu venir à la retraite, nous pouvons très bien lui envoyer cette énergie, seulement en pensant à cette personne, et l'appelant soudainement par son nom, et cette énergie sera envoyée à cette personne juste ici dans le moment présent, et chez elle, elle se sentira mieux.

Écouter la souffrance est une pratique très profonde et efficace dans la méditation bouddhiste. Autorisons nous à être pleinement présent dans l'ici et maintenant, stoppons nos pensées, asseyons nous d'une manière relaxée, et ensemble, produisons l'énergie collective de la pleine conscience, du chant, et de l'écoute, afin que la guérison commence à prendre place.

lundi 10 mars 2014

"S'accepter soi-même" par Ayya Khema

Biographie d'Ayya Khema


S'accepter soi-même.

"Il est très étrange de voir combien les gens éprouvent de la difficulté à s'aimer. On pourrait s'imaginer qu'il s'agit là de la chose la plus facile au monde, parce que nous sommes en permanence soucieux de nous-mêmes. Nous sommes toujours intéressés par ce que nous pouvons obtenir, par ce que nous pouvons accomplir, par ce qui peut nous rendre plus à l'aise. Dans un discours, le Bouddha déclara que « nous sommes ce qui nous est le plus cher ». Malgré cela, pourquoi est-il si difficile de vraiment s'aimer ?

S'aimer ne veut sûrement pas dire être complaisant avec soi-même. Etre en capacité de s'aimer est une attitude envers soi que beaucoup de gens n'ont pas parce qu'ils connaissent sur eux-mêmes un certain nombre de choses dont ils pourraient se passer. Chacun a d'innombrables réactions, attitudes, attirances et répulsions qu'il préfèrerait ne pas ressentir. Nous portons des jugements sur nous-mêmes et, même si nous aimons nos attitudes positives, nous rejetons les autres. Il en découle la négation de ces aspects de nous que nous n'aimons pas. Nous ne voulons pas les voir et les reconnaître. C'est une manière de se comporter avec soi qui est préjudiciable au développement.

Une autre manière maladroite de se comporter est de détester cette partie de soi qui apparaît comme négative et de ressentir de l'hostilité à chaque fois qu'une de ces facettes apparaît ; ce qui rend les choses deux fois plus difficiles qu'elles ne l'étaient auparavant. D'une telle réaction découlent souvent des sentiments de peur et d'agressivité. Si l'on veut vraiment se comporter envers soi-même d'une manière équilibrée, il n'est pas nécessaire de prétendre que nos penchants désagréables, nos tendances agressives, irritables, sensuelles ou vaniteuses n'existent pas. Si nous prétendons cela, nous nous écartons de la réalité et nous créons une dichotomie en nous. Même si une telle personne est tout à fait normale, elle peut aussi paraître quelque peu irréelle. Nous avons tous rencontré de ces personnes qui deviennent trop mielleuses à force simuler et de se contenir.

Blâmer les autres ne fonctionne pas non plus. Dans les deux cas, on transfère ses propres réactions sur les autres. On blâme les autres pour leurs insuffisances réelles ou supposées, ou bien on oublie qu’ils sont des êtres humains ordinaires. Chacun vit dans un monde irréel puisque basé sur l'idée trompeuse d’un « moi » mais celui-ci est particulièrement irréel car chaque chose y est perçue comme totalement merveilleuse ou absolument terrible.

La seule chose qui soit réelle, ce sont les six racines que nous avons en nous : les trois racines bénéfiques et les trois racines néfastes. Ces dernières sont l'avidité, la répulsion et l'ignorance ; mais il y a aussi leur contraire que sont la générosité, l'amitié bienveillante et la sagesse. Intéressez-vous à ce sujet. Si l'on étudie cela avec un esprit serein, on peut accepter la présence de ces six racines en chacun. Il est facile d’accepter cela chez autrui, après l'avoir observé en soi. Ce sont les racines profondes du comportement de chacun de nous. Ensuite, nous pouvons nous observer de manière plus pragmatique, c'est-à-dire : ni nous blâmer pour nos racines malsaines, ni nous glorifier pour nos racines plus saines mais accepter l'existence, en nous, de ces deux types de racines. Nous pouvons aussi avoir une vision plus claire des autres et avoir de meilleures relations avec eux.

Nous ne connaîtrons pas la déception et nous n’accuserons pas les autres parce que nous ne vivrons pas dans un monde tout noir ou tout blanc, soit avec les seules racines néfastes, soit avec les seules racines bénéfiques. Un tel monde n'existe pas, et seul un Arahant ne possède en lui que les seules racines bénéfiques. Toute autre personne que l'Arahant a en en lui les six racines, à des degrés différents. Le niveau de ce qui est bénéfique ou néfaste en chacun de nous est assez peu différent ; la différence d'un être à l'autre est si minime qu’elle n'a que peu d'importance. Nous avons tous la même tâche à accomplir : cultiver nos tendances saines et déraciner nos tendances malsaines.

En apparence, nous sommes tous très différents. Mais ceci n'est qu'une autre illusion. Nous avons tous les mêmes problèmes et aussi les mêmes facultés pour résoudre ces problèmes. La seule différence tient en la durée de la pratique que nous avons déjà eue. Cette pratique, qui a pu se dérouler sur un certain nombre de vies passées, nous a apporté plus de clarté et c'est tout!" ...


mercredi 5 mars 2014

Projet de construction de stoupas à Chanteloube, lignée bouddhiste tibétaine Nyingmapa

Exceptionnellement, Voie Eveillée du Coeur relaie le souhait d'une pratiquante de cette lignée de faire connaitre ce projet à davantage de personnes.

"Le projet se compose de 8 grands stoupas placés autour de l’actuel stoupa, cet ensemble étant lui-même entouré d’un mur creusé de 108 niches contenant chacune une statue du Bouddha, et surmonté de 108 petits stoupas.

La vue ci-contre montre l’insertion du projet fini dans le site de Chanteloube.


Comme vous pourrez le voir, bien qu'il ne s'agisse pas d’une construction au sens commun du terme, le projet a une certaine ampleur. Une demande de permis de construire a été déposée au cours de l’été, et acceptée. Après les études techniques préparatoires, le chantier a été lancé, et les premiers pierres pour les stoupas sont déjà commandées.

Parmi les pratiquants bouddhistes nyingmapa, vous êtes nombreux à nous avoir demandé des nouvelles de ce projet, et beaucoup d’entre vous souhaitent contribuer à sa construction. Cela correspond au souhait de Tulkou Rinpotché qui aimerait y associer le plus grand nombre de personnes, car établir un lien avec un projet tel que celui-là est la source de bienfaits incalculables. Il est dit, entre autres, que les bienfaits qui découlent de la construction d'un stoupa égalent le nombre d'atomes du stoupa, et que ces bienfaits perdurent aussi longtemps que le stupa existe . Au cours de la préparation de ce projet, Rinpotché a choisi les matériaux de la meilleure qualité possible, et l’emploi de techniques qui assureront une durabilité maximale aux constructions."


Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le centre : http://www.chanteloube.asso.fr/ 

lundi 3 mars 2014

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N° 3 : Amour véritable

Troisième entraînement : Amour véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une conduite sexuelle irresponsable, je suis déterminé(e) à développer mon sens de la responsabilité et à apprendre à protéger l’intégrité et la sécurité de chaque individu, des couples, des familles et de la société. Je sais que le désir sexuel et l’amour sont deux choses distinctes, et que des relations sexuelles irresponsables, motivées par l’avidité, génèrent toujours de la souffrance de part et d’autre. Je m’engage à ne pas avoir de relation sexuelle sans amour véritable ni engagement profond, à long terme et connu par mes proches. Je ferai tout mon possible pour protéger les enfants des abus sexuels et pour empêcher les couples et les familles de se désunir par suite de comportements sexuels irresponsables. Sachant que le corps et l’esprit ne font qu’un, je m’engage à apprendre les moyens appropriés de gérer mon énergie sexuelle. Je m’engage à développer la bonté aimante, la compassion, la joie et la non-discrimination en moi, pour mon propre bonheur et le bonheur d’autrui. Je sais que la pratique de ces quatre fondements de l’amour véritable me garantira une continuation heureuse dans l’avenir.


Pour lire les 5 Entraînements à la Pleine Conscience, cliquez ici.


Voici deux témoignages qui pourront vous aider à pratiquer avec cet entraînement :
Premier témoignage

Pas facile de témoigner sur le 3ème entraînement. Aborder son intimité. Etre dans un sujet bien souvent tabou ou dévié de son sens originel. .
Mon premier abord face à cet entraînement a été de me dire "facile ! Je suis en couple, dans une relation engagée" et de ne pas trop m'y attarder. .
Puis, la lecture régulière a fait émerger un point de vue différent. J'ai approfondi la notion de relation à long terme, d'engagement profond. .
Quand je me situe dans l'instant, d'une certaine manière la relation est nouvelle à chaque instant.
De même que nous sommes invités dans la pratique à avoir un regard de débutant, j'ai découvert que l'engagement était de chaque instant. Que j'avais à prendre soin de la relation dans le couple, apprendre à regarder avec un regard nouveau, sans s'attacher aux idées établies. Que d'une certaine manière, il n'y avait pas d'engagement à long terme mais plutôt un CDD (contrat à durée déterminée) renouvelé chaque jour.
La phrase "empêcher les couples et les familles de se désunir..." me titillait régulièrement. Je ne souhaitais nullement empêcher la séparation dans le couple d'une collègue qui vivait des violences conjugales. J'avais aussi tendance à penser au sujet des couples qui vivaient des difficultés "c'est leur problème. S'ils ne s'entendent pas, ils n'ont qu'à se séparer". .
Peu à peu, le sens de cette phrase a évolué pour moi. A la fois, dans mon attitude face à des couples en crise, en ayant une écoute empathique, sans jugement, sans "verdict" surtout, et en n'encourageant pas les conduites sexuelles non respectueuses des personnes. A présent, j'accompagne des couples et des familles en tant que thérapeute, en essayant d'avoir cette posture d'empathie et de les soutenir dans le prendre soin de leurs relations, sans s'attacher au passé et à l'avenir de ces relations. .
Amour, Compassion, Empathie, quelque soit la forme, quelque soit la personne, pour que l'amour existe, j'expérimente qu'il me faut être vraiment là. .
Si je suis présente physiquement mais que mon esprit est ailleurs, l'amour est pauvre, voire n'existe pas.
Si je suis présente, l'amour peut être, et alors ... le bonheur n'est pas loin !


Deuxième témoignage



Voici mon témoignage concernant l'invitation à se poser et à réfléchir à 3 expériences les plus douloureuses dans notre vie. Curieusement, il rejoint le 3ème entrainement à la pleine conscience : Celui de l'amour véritable.

Quelles sont les 3 expériences les plus douloureuses que j'ai vécues dans ma vie ?

A première vue, en réfléchissant très rapidement, rien ne me saute aux yeux, je n'ai pas manqué ni d'amour, ni de choses matérielles quand j'étais plus jeune, et je n'ai rien vécu de traumatisant comme la perte d'un parent par exemple. Mais en me posant pour y réfléchir plus profondément, j'ai vu que mon enfant intérieur m'attendait avec ses propres blessures bien plus profondes que ce que je n'ose me l'avouer....
J'ai vécu dans une famille chrétienne très pratiquante. Je n'ai pas manqué d'amour mais paradoxalement, j'ai beaucoup souffert d'un réel dialogue concernant le domaine de l'affectif et de la sexualité, celle ci étant ressentie comme quelque chose de tabou depuis ma plus tendre enfance. A l'âge de la maternelle, où l'on entend ces amies parler d'amoureux, je ne m'autorisais par le droit d'en avoir puisque selon mes parents :
« C'est ridicule de parler d'amour et d'amoureux quand on est âgé de 4-5 ans seulement ». A les entendre, on pouvait déduire qu'il n'y avait que les grandes personnes qui puissent aimer.
Cela m'a beaucoup handicapé par la suite. J'ai grandi avec ce sentiment de culpabilité et tournant autour d'une notion de mal, quand à l'adolescence j'ai pu avoir le béguin pour des garçons de mon âge au lycée.

A l'âge adulte, je n'ai pas attendu d'avoir l'autorisation de mes parents pour avoir des relations sexuelles. Pour eux, cela été comme une évidence pas de relations sexuelles avant le mariage. J'ai vécue plusieurs années avec la peur qu'ils puissent découvrir que je prenais la pilule et que j'avais une activité sexuelle active avec mon copain de l'époque.
Puis j'ai enchainé sans le vouloir les petits copains en pensant à chaque fois que celui ci sera enfin le bon et que je pourrais fonder une famille. Chaque séparation et chaque désillusion ont été une grande souffrance pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi, je tombais sur des personnes qui finalement ne me correspondaient pas et qui avaient des soucis psychologiques qui ne se voyaient pas au premier abord....
Épuisée par la vie de couple (qui n'en était plus une) avec la personne avec qui je me trouvais, à bord de la dépression, j'ai décidé d'aller voir une psychologue pour y voir plus claire et faire un travail sur moi.

J'ai très vite compris plusieurs choses:
- que le mieux pour moi était de me séparer de mon compagnon.
- que si j'attirais les gens à problèmes c'était à cause de mon coté maternant qui ressortait bien d'avantage que mon coté féminin.
- qu’inconsciemment, je cherchais à me caser au plus vite pour rentrer dans le moule familial souhaité par mes parents...
- que je savais intellectuellement que l'amour était quelque chose de très beau mais que je ne m’y sentais pas à l'aise à cause de l'éducation que j'ai reçue.

Cela a fait remonter beaucoup de souffrances et blessures.... Car même si j'essaye de mettre par écrit tout ce que cela a fait comme ravage sur moi, on ne trouve pas toujours les mots pour exprimer. La souffrance que cela a provoquée en moi et en mon enfant intérieur.

Quand je me retourne et regarde tout cela, je vois tout le chemin parcouru: finalement toutes ces blessures dues à mon manque de dialogue sur l'affectivité et la sexualité avec mes parents, m'ont permis :
- de grandir,
- de faire un immense travail sur moi,
- de lire des livres de Thây,
- de découvrir une très belle Sangha qui est chère à mes yeux et où je vais dés que possible,
- d'aller à la retraite francophone de 2012 qui aura été d'une grande aide et très libérateur par les touchers de la Terre
- de rencontrer peu après un homme qui soit à la hauteur de ce que je souhaite, avec qui je me sens moi même, à l'aise. Avec qui la petite fille n'a pas peur d'apparaitre, avec qui je peux parler de TOUT sans tabou et avec qui je pratique très régulièrement l'arrosage sélectif aussi indispensable à la vie d'un couple que le dialogue et l'écoute profonde.
- d'essayer ne pas en vouloir à mes parents, ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient, pensant bien faire et ont leur propres blessures d'enfance qui n'ont pas du les aider sur ce beau mais délicat sujet de la sexualité expliqué aux enfants. Quand toutes ces souffrances refont surface, j'invite mon enfant intérieur à me tenir la main et à 2 nous faisons le toucher de la Terre des ancêtres génétiques. Je sais qu'à force de pratique, les blessures de mon enfant intérieur guériront.

Source des deux témoignages : La pluie du Dharma