lundi 28 avril 2014

"Pure et simple" : l'enseignement d'Upasika Kee Nanayon

Upasika Kee (1901-1978) fut une formidable enseignante du Dharma, tout à fait unique en son genre. Sa façon de parler rappelle le grand Ajahn Chah : terre-à-terre et directe, rafraîchissante et souvent drôle. Au fil du xxe siècle, elle est devenue l'un des plus grands maîtres de méditation de Thaïlande, chose d'autant plus remarquable qu'elle n'a jamais pris de vœux monastiques. Son honnêteté absolue et ses encouragements répétés font d'elles une figure très aimée de nombreux enseignants bouddhistes contemporains. Pure et Simple est le premier recueil de ses enseignements offert à un large public.

" En pratiquant la méditation dans des conditions difficiles, Kee a fini par atteindre la paix intérieure absolue. Voici le résultat de cette percée : des enseignements directs, énoncés en toute simplicité, sur la façon dont on peut accueillir la maladie, laisser la souffrance et les tensions se dénouer, et maintenir l'esprit centré ", Kate Wheeler.

" La fraîcheur et la clarté des enseignements d'Upasika Kee sont, pour moi, la marque d'une femme : sens pratique, organisation, simplification. À celles et ceux qui recherchent un enseignement des plus profonds, transmis purement et simplement, je ne peux que recommander la lecture de ce livre ", Jeanne Schut.

" Ces enseignements extraordinaires sont maintenant disponibles pour un vaste public de lecteurs. Ils nous livrent une vision pénétrante et une approche profonde de la pratique, dont la fraîcheur semble tout droit sortie des méditations de Kee… ici et maintenant ! ", Larry Rosenberg.


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lundi 21 avril 2014

Conte bouddhiste : Le moine joyeux et le roi

Il était une fois un homme de haut rang extrêmement riche. En vieillissant, il comprit que les souffrances de la vieillesse étaient les mêmes pour tous, riches ou pauvres. Alors, un jour, il décida d’abandonner toutes ses richesses et sa position sociale et il alla dans la forêt pour vivre comme un pauvre moine. Il pratiqua la méditation et développa son esprit. Il se libéra de toute mauvaise pensée et il devint un homme simple et heureux. Son calme et sa gentillesse attira progressivement 500 personnes auprès de lui.

A cette époque, la plupart des moines semblaient très sérieux. Mais il y avait parmi eux un moine qui, bien qu’il avait de très bonne manière, avait toujours au moins un léger sourire. Peu importe ce qui se passait, il ne perdait jamais ce petit signe de bonheur intérieur. Et lors des moments heureux, il avait un sourire radieux et le rire le plus chaleureux de tous.

Parfois les moines, aussi bien que les autres gens, lui demandaient pourquoi il était si heureux qu’il souriait toujours. Il riait et disait : « Même si je vous le disait, vous ne me croiriez pas ! Et si vous pensez que je ne dit pas la vérité, alors ce sera un déshonneur pour mon maître. » Le vieux et sage maître connaissait la cause de ce bonheur qu’il ne pouvait pas effacer de son visage. Il fit de ce moine son assistant numéro un.

Un jour, après la saison des pluies, le vieux moines et ses 500 disciples allèrent en ville. Le roi leurs permettait de vivre dans son jardin au printemps.

Le roi était un homme bon qui prenait ses responsabilité comme souverain très au sérieux. Il essayait de protéger son peuple du danger, et d’accroître leur prospérité et leur bien-être. Il devait toujours se faire du souci au sujet des rois voisins, dont certains étaient méchants et menaçants. Il devait souvent faire régner la paix entre ses propres ministres.

Parfois, ses femmes se battaient pour obtenir son attention et pour que leurs fils bénéficient de certains avantages. Dès fois même, des sujets mécontents menaçaient la vie du roi ! Et bien évidemment, il devait se soucier constamment des finances du royaume. En vérité, il devait se soucier de tant de choses qu’il n’avait même pas le temps d’être heureux !


lundi 14 avril 2014

"S'aimer soi-même" par Lama Namgyal

L’amour altruiste est une qualité à développer sur le chemin vers l’éveil, mais avant d’aimer les autres, il faut tout d’abord commencer par soi-même. Si l’opinion que vous avez de vous-même est défavorable ou dévalorisante, il y a peu de chance pour que votre vie soit riche et harmonieuse.

Alors ne vous laissez pas persuader que vous ne valez rien et que vous êtes inutile, ou que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue parce que vous ne rendez service à personne.

Nombreux sont ceux qu’une mauvaise "programmation" a amenés à penser qu’ils étaient indignes et qu’ils ne méritaient pas d’être heureux. Nous avons tous vécu de nombreuses formes d’existence et de multiples empreintes douloureuses ont marqué notre corps émotionnel. Bien souvent, avons-nous été victimes des effets négatifs du manque d’amour pendant notre enfance. Ainsi, l’esprit en garde le souvenir jusqu’à ce qu’il lui soit permis de l’évacuer.

Il faut donc commencer par soi-même, prendre un bain d’amour. La bienveillance que nous pouvons ressentir pour nous-même sera déterminante pour pouvoir la partager ensuite avec autrui. Si vous vous sentez abandonné à un triste sort, ou pas assez entouré, alors faites tout ce que vous pouvez pour vous donner de l’attention et de l’amour. Faites-vous plaisir à partir du moment où cela n’est pas néfaste pour votre propre bien-être physique et mental. Donnez-vous aussi du temps pour vous reposer, pour vous distraire sainement et aussi pour prier ou méditer.

Autorisez-vous enfin à être heureux comme lorsque vous étiez encore un enfant insouciant et naturel. Recherchez en vous toutes les qualités infinies que vous aimeriez développer et actualiser dans l’activité. Il est temps de prendre soin de vous comme vous le feriez envers votre famille ou vos meilleurs amis. Ainsi, vous vous trouverez dans la joie et l’aisance, et vous pourrez mieux aider ceux que vous chérissez. Vous pourrez même apporter de l’aide aux gens que vous croisez anonymement dans la rue, simplement en leur offrant un sourire, un mot gentil ou un geste bienveillant.

Si l’on n’a pas une certaine estime envers soi-même, il sera difficile d’en avoir pour les autres. Mettez fin à tous vos jugements négatifs sur vous-même et à tous vos sentiments de culpabilité. Vous avez le droit au bonheur et vous êtes aimé, même si vous ne le percevez pas encore directement. Combien de fois dans votre existence avez-vous été sauvé de la catastrophe et vous êtes vous sorti de situations désespérées ? Si vous voulez être pardonné du mal que vous avez commis, pardonnez d’abord celui que l’on vous a fait dans le passé. Ce n’est plus le moment de souffrir indéfiniment, mais bien celui de guérir définitivement. Vous avez le choix de vous libérer de tous vos fardeaux et de toutes les misères que vous portez depuis si longtemps. Réconciliez-vous avec tous les aspects de votre histoire de vie et considérez toutes les épreuves que vous avez traversées comme étant bénéfiques.

Vous découvrirez que chaque événement que vous expérimentez dans le monde est comme un enseignement qui vous amène à l’éveil de la conscience. Soyez profondément reconnaissant envers vo ancêtres, votre famille et vos instructeurs de vous avoir permis d’en être là, dans cette condition humaine. Vous êtes tous et toutes des êtres honorables et dignes de respect. Ouvrez les vannes de votre cœur en grand afin que cette planète devienne une Terre d’Amour.

Tiré du livre de Lama NAMGYAL “Vie et enseignement d’un moine bouddhiste occidental”

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samedi 12 avril 2014

L'Entrée dans le courant : le premier niveau d'Eveil

Avant d'être un Boddhisattva, les êtres deviennent des Etres Nobles (Ariya). L'état d'Ariya comprend quatre niveaux de réalisation sur la Voie de l'Eveil  :

  1. Celui qui est entrée dans le courant et ne revient que sept fois (sotāpana)
  2. Celui qui ne revient qu'une fois (sakadāgāmi)
  3. Celui qui en revient pas (anāgāmi)
  4. Celui qui a atteint la sainteté (arahant)




Urgyen Sangharakshita nous explique le premier niveau de réalisation de la Voie bouddhiste

Pour la plupart des gens, un effort spirituel continu est nécessaire pour contrer l’« attraction gravitationnelle » de l’existence mondaine. Mais il y un point, sur la voie de l’éthique, de la méditation et de la sagesse, au-delà duquel le Transcendantal devient l’influence dominante : on est « entré dans le courant » qui mène à l’Éveil.

Le sujet de l’enseignement d’aujourd’hui est : « Ce qu’un yogī doit faire et ne pas faire », autrement dit, la pratique que chaque yogī est tenu de suivre et ce dont il est tenu d’éviter de faire. Le but de l’entraînement à vipassanā est de parvenir à nibbāna. Grâce à la sagesse de vipassanā, le sotāpana a définitivement éradiqué les trois attachements suivants :
sakkāyadiṭṭi (croyance dans l’existence de la personnalité)
vicikicchā (doute sceptique quant à la validité du dhamma)
sīlabbataparāmāsa (croyance en l’efficacité des rites et des récitations de prières)

Pour pouvoir parvenir au stade de sotāpana, les quatre conditions suivantes sont requises.

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lundi 7 avril 2014

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N°4 : Parole aimante et écoute profonde


Quatrième entraînement : Parole aimante et écoute profonde

Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui, je suis déterminé(e) à apprendre à parler à tous avec amour et à développer une écoute profonde afin de soulager la souffrance et d’apporter réconciliation et paix entre moi-même et autrui, entre les groupes ethniques et religieux, et entre les nations. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je m’engage à apprendre à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi, qui nourrissent la joie et l’espoir, et qui oeuvrent à l’harmonie et à la compréhension mutuelle. Je suis déterminé(e) à ne rien dire lorsque je suis en colère. Je m’entraînerai à respirer et à marcher alors en pleine conscience, afin de reconnaître cette colère et de regarder profondément ses racines, tout particulièrement dans mes perceptions erronées et dans le manque de compréhension de ma propre souffrance et de celle de la personne contre laquelle je suis en colère. Je m’entraînerai à dire la vérité et à écouter profondément, de manière à réduire la souffrance, chez les autres et en moi-même, et à trouver des solutions aux situations difficiles. Je suis déterminé(e) à ne répandre aucune information dont je ne suis pas certain(e) et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde, ou rupture au sein d’une famille ou d’une communauté. Je m’engage à pratiquer la diligence juste afin de cultiver ma compréhension, mon amour, mon bonheur et ma tolérance, et de transformer jour après jour les semences de violence, de haine et de peur qui demeurent en moi.

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Voici deux autres textes qui illustre cette pratique


Discours de Berkeley donné par Thich Nhat Hanh le 13/09/2001

L’écoute n’a qu’un seul but : permettre à l’autre de vider son cœur. Si vous pratiquez ainsi, la compassion sera toujours là. Si la conscience est là, je suis sûr que vous savez tous ici que la haine, la violence et la colère ne peuvent être neutralisés et guéris que par une seule substance : la compassion.

Au Village des Pruniers où je vis et où je pratique, environ mille huit cents personnes sont venues cette année. Il y avait parmi eux des Israéliens et des Palestiniens. Nous avons parrainé ces gens adorables, espérant leur donner ainsi l’occasion de se rencontrer, de pratiquer ensemble la marche méditative, de manger ensemble en pleine conscience, de partager le Dharma et de s’écouter les uns les autres. Ils étaient jeunes, entre vingt-cinq et quarante ans. Leur séjour a été un succès total. Ils ont participé à toutes les activités. A la fin de leur séjour, ils ont fait un rapport à la communauté. Notre pratique les a transformés en profondeur.


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Témoignage d'une pratiquante
"Cet entraînement est une merveilleuse façon d'exprimer son amour véritable. Ce fut et reste pour moi un ouvrage que je dois constamment remettre sur le métier.

J'ai été élevée dans cet environnement où la critique est la première réaction, critique face au livret scolaire, à la nouvelle robe de la voisine ou à un nouveau fait de société. Il ne fallait pas être satisfait; cela aurait pu nous rendre paresseux! Et, je suis devenue experte en bons mots, humour et ironie, sachant bien lancer les flèches là où ça faisait mal. Aussi avant de pouvoir parler de parole aimante, j'ai du m'entraîner à la parole aimable.

Je me suis rapidement rendu compte que ce mode de fonctionnement ressemblait à une addiction; j'avais beau faire quelques efforts, la flèche était partie malgré moi. J'étais un peu comme une alcoolique pour laquelle la seule solution était « zéro verre d'alcool »; pour moi cela a été « zéro critique ». bien sûr, au fond de moi, il y avait une voix qui faisait cette critique, mais je ne la disais plus. Cette voix s'est faite de plus en plus douce jusqu'à devenir un murmure que je sais reconnaître et à qui je peux sourire.

Sur ce chemin vers la parole aimante, j'ai été aidé par une autre pratique du Village; le « renouveau ». j'ai eu la chance de pouvoir vivre quelques mois comme long terme au Village et tous les quinze jours nous avions cette pratique de « renouveau ». Exprimer les regrets passe encore, l'autre facette de mon éducation et que je mettais (facilement?) le doigt sur mes manquements, mais arroser les fleurs me semblait quasiment impossible à faire. Je suis allée à reculons à ces séances de « renouveau », cherchant un mauvais prétexte pour ne pas y être, mais je fus toujours présente et je devais réfléchir plusieurs jours à l'avance pour savoir que dire dans cet arrosage de fleurs où j'étais si mal à l'aise.

Doucement, presque malgré moi, le changement à opérer. Ce fut plus facile de commencer à voir ce qu'il y avait de beau dans l'autre et de le lui dire et lui dire sans tarder, sans avoir besoin d'une séance de « renouveau ».

Doucement l'arrosage de fleurs prenait la forme de « pratique de la non pratique ». La petite voix se manifeste toujours, mais j'ai appris à l'écouter; elle a quelque chose à me dire sur une façon plus juste de voir les choses et sur une forme de lucidité, mais c'est une voix qui a besoin de silence et de maturation avant de s'exprimer.

Pour moi la parole aimante a commencé par le silence. Un silence parfois douloureux face à mes grands enfants et à mes petits enfants que je voyais sur un chemin qui risquait fort de leur apporter de la souffrance. Le profond silence du respect inconditionnel de l'autre, de son droit à ce que je pensais être une erreur, apprendre à ne donner que le conseil qui est attendu, c'est tout un apprentissage avec ses réussites et ses écueils. Quand je leur rendais visite, c'était parfois dans leur tourmente, je me disais alors « être là, simplement là et respirer », il m'est arrivé de sentir que je me laissais happer par la tourmente, mon cœur (et mes yeux) de mère et de grand-mère pleuraient et c'est la Sangha qui m'a aidée (souvent sans le savoir) à ne pas abandonner, à rester la mamie qui lit des histoires, fait des massages et met du baume au cœur. Il y eu une période où je sentais que les mots n'auraient aucun sens, alors chaque fois que je méditais, je commençais par les y inclure; « qu'ils soient heureux et en paix ».

Comment « apprendre à parler avec sincérité en employant des mots qui inspirent confiance en soi »? Pour moi ce n'est pas une démarche spontanée, il me faut, non pas le temps de la réflexion, mais le temps de laisser les premières perceptions et les émotions se déposer, le temps de trouver les mots qui rassurent, le temps du silence guérissant.

Profonde gratitude envers Thây, et tous celles et ceux qui suivent sa voie et m'aident sur ce chemin."