lundi 30 mars 2015

Réflexions sur la mort - Extraits de discours du Vénérable Gunaratana

Pour l'homme ordinaire la mort n'est en aucune façon un sujet plaisant de discussion. C'est quelque chose de lugubre, d'accablant, un véritable rabat-joie, un sujet de maison funéraire.

L'homme ordinaire, immergé dans les plaisirs des sens, toujours à la recherche de ce qui excite et satisfait les sens, refuse de considérer que tous les objets de plaisir et de gratification se termineront un jour ou l'autre.

Si un sage conseil ne permet pas à la personne plongée dans les plaisirs des sens de considérer sérieusement que la mort peut aussi frapper à sa porte, c'est seulement le choc d'un deuil dans sa famille, la mort soudaine et imprévisible d'un parent, femme ou enfant qui pourra le réveiller de sa quête délirante de plaisirs des sens et lui faire prendre conscience brutalement de la dure réalité de la vie. Alors seulement, il pourra ouvrir les yeux, commencer à se demander pourquoi il existe un phénomène tel que la mort ? Pourquoi est-ce inévitable ? Pourquoi y a t-il ces douloureuses séparations qui volent ses joies à la vie.

Pour la plupart d'entre nous, à un moment ou à un autre, le spectacle de la mort doit avoir fait naître des pensées profondes et des questions sérieuses. Que vaut la vie, si des personnes robustes, qui avaient accompli de grandes œuvres, gisent maintenant froides, sans connaissance et sans vie ? Que vaut la vie si, des yeux qui pétillaient de joie, qui rayonnaient d'amour, sont maintenant fermés, à jamais immobiles et dénués de vie ? De telles pensées ne sont pas à réprimer. C'est justement ces questionnements qui, menés sagement, révèleront les potentialités inhérentes à l'esprit humain pour la réalisation des plus hautes vérités.

D'après la pensée bouddhiste, la mort, loin d'être un sujet à fuir et à éviter, est au contraire la clé qui ouvre l'apparent mystère de la vie. C'est par la compréhension de la mort que l'on comprend la vie, du fait que la mort est une partie du processus de la vie dans une grande mesure. D'une autre façon, la vie et la mort sont les deux extrémités du même processus, et si vous comprenez une extrémité du processus, vous comprenez également l'autre. Ainsi, en comprenant la mort, nous comprenons aussi la vie.


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lundi 23 mars 2015

Les bénédictions de Dipa Ma

Dipa Ma récitant des textes, donnant des bénédictions, priant, méditant en marchant et menant sa vie de tous les jours. Film tourné par Jack Kornfield en 1980 at l’Insight Meditation Society, USA. Les chants sont extraits de Dharma Seed talks. Dipa Ma, une prière vivante.



Les bénédictions de Dipa Ma from Amita Schmidt on Vimeo.

mercredi 18 mars 2015

"Depuis toujours et sans cesse, vous êtes des bouddhas" par le Maître zen Federico Dainin-Jôkô

Depuis toujours et sans cesse, vous êtes des bouddhas, c’est-à-dire des êtres profondément beaux, bons et absolument accomplis.
Comprenez, la nature de bouddha, elle ne s’atteint pas, elle ne s’obtient pas, elle éclot comme la fleurdes champs.

Ne laissez pas une seule seconde, un seul instant s’écouler, sans vous être profondément aimé, sans vous être profondément reçu, mais vraiment reçu.
Mais ne pensez pas que les instants où vous ne demeuriez pas dans cette présence soient des instants gâchés ou inutiles. Seulement, pour tous ces moments de votre vie où vous avez été terriblement absents de vous-même, loin de votre cœur, pour tous ces instants-là, asseyez-vous en redoublant d’amour, en redoublant de présence.
Et, si vous acceptez de vous être manqué tant de fois, alors vous ne vous serez jamais manqués. En un seul instant, en un instant seulement, vous pouvez vous réconcilier avec toute votre vie.


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lundi 16 mars 2015

"La compassion du Bouddha" par Sangharakshita

L'idéal du bodhisattva.
La compassion du Bouddha.


Par exemple, certains se rappelaient sans aucun doute l'épisode dans lequel le Bouddha, allant d'un ermitage à l'autre, trouva un moine assez âgé étendu à même le sol d'une cabane dans des conditions dramatiques ; il avait la dysenterie. Il était évident qu'il était resté à terre depuis plusieurs jours sans recevoir aucune aide. Le Bouddha demanda au vieil homme pourquoi les autres moines n'avaient pas pris soin de lui, et il répondit : « Je ne suis d'aucune utilité maintenant. Pourquoi s'ennuieraient-ils à s'occuper de moi ? » Le Bouddha envoya alors son compagnon, Ananda, chercher de l'eau tiède, et tout les deux l'allongèrent sur un lit, le lavèrent, et firent tout pour son confort. Puis le Bouddha appela tous les moines et leur dit : « Moines, vous n'avez ni père, ni mère, frère ou sœur. Vous avez abandonné le monde. Vous devez être frère et sœur, mère et père, l'un pour l'autre. Celui qui veut me servir, qu'il serve les malades. »
L'histoire de Kisagotami.

Des incidents comme celui-ci, des épisodes objectivant la compassion du Bouddha, étaient certainement ancrés dans l'esprit et dans le cœur de nombreux disciples. Certains d'entre eux ont pu aussi se rappeler l'histoire de Kisagotami. En Inde, en ce temps, comme actuellement, la mortalité infantile était très élevée, et l'histoire dit qu'une jeune femme, appelée Kisagotami, perdit son seul enfant alors il n'avait que quelques années. Incapable d'assumer son décès, folle de chagrin, elle passait de maison en maison, demandant qu'on le soigne. Finalement quelqu'un eut le cœur et la bonne idée de lui conseiller d'aller demander de l'aide au Bouddha, si bien qu'elle alla le voir et lui demanda de ramener son enfant à la vie.

Il ne refusa pas. Il ne lui fit pas de sermon, il savait que c'était inutile, vu son chagrin. En fait, il ne répondit pas du tout à sa question. Il dit seulement : « Apporte-moi quelques graines de moutarde, mais apporte-les moi d'une maison où personne n'est mort. » Elle partit, allant d'une maison à l'autre. Partout où elle allait, les gens voulaient bien lui donner des graines de moutarde. Mais quand elle posait la question : « Est-ce que quelqu'un est mort dans cette maison ? » ils répondaient :« Ne nous rappelez notre chagrin, les morts sont nombreux, mais les vivants sont peu nombreux. » Dans chaque maison elle apprit la même leçon : la mort va vers tous. Finalement, elle laissa le corps de son enfant dans la jungle, revint au Bouddha, et s'assit calmement à ses pieds. Elle ne dit plus rien pendant longtemps. Et elle dit enfin : « Donne-moi un refuge », et elle devint nonne.
Jésus ressuscitant Lazare.

Cette histoire contraste de manière évidente avec l'histoire de Jésus ressuscitant Lazare. Si les deux histoires sont vraies, il y a une énorme différence entre elles du point de vue de l'enseignement spirituel : le Bouddha insiste gentiment sur le fait que la mort est naturelle et inévitable, tandis que Jésus envoie un tout différent message. Comme cela est représenté dans les évangiles, Jésus n'était guère enclin à donner des enseignements, même s'il en a donn´s quelques-uns, bien sûr, comme démontrer qu'il était le fils de Dieu. L'évangile selon Saint-Jean raconte qu'en entendant la maladie de son ami Lazare, Jésus dit : « la maladie ne finira pas en mort, elle est survenue pour la gloire de Dieu, pour apporter la gloire au fils de Dieu ! »

Si vous considérez Dieu comme le créateur du monde et de l'humanité, le maître de la vie et de la mort, le fait d'être capable de ramener à la vie un homme mort prouve que vous avez une puissance au-delà du mondain, et même que vous êtes Dieu. Les chrétiens de l'époque ont considéré les miracles du Christ comme des preuves de son affirmation qu'il était le fils de Dieu.

Le Bouddha n'était pas concerné par de telles affirmations. Il n'était même pas concerné par le fait qu'il était éveillé. Son seul intérêt était de montrer le chemin de l'éveil à ceux qui étaient intéressés. Quand Kisagotami vint à lui, il n'était pas question de ramener son fils à la vie, ni de prouver quoique ce soit à son propre sujet. Il mit l'accent sur le point important : la démonstration avec compassion de la vérité concernant la vie et la mort.

Les bouddhistes n'ont pas le même sentiment que les chrétiens à propos des miracles. Les écritures du canon en pâli décrivent beaucoup d'événements extraordinaires, mais on peut les mettre en question sans que cela modifie quoi que ce soit à l'essence de l'enseignement du Bouddha. Les écritures décrivent aussi des miracles effectués de façon courante par des gens comme Devadatta, qui est assimilé traditionnellement à un traître dans le canon en pâli, et très loin d'être éveillé.

L'histoire de Kisagotami est exceptionnelle par l'engagement que cette femme prit d'une pratique spirituelle durant toute sa vie, suite à ce qui lui est arrivé. Une des questions qui se pose à nous est comment supporter une expérience aussi douloureuse, sans perdre la nouvelle orientation de vie qu'elle peut avoir inauguré. Nous avons la faculté d'oublier : c'est heureux dans certains cas, mais c'est très souvent malheureux, car les retombées positives des expériences difficiles sont typiquement l'aspect même de ces expériences que nous oublions. Pour sauvegarder notre vision pénétrante, nous devons faire attention à ne pas replonger dans les distractions de la façon de vivre antérieure, mais saisir l'occasion de faire les changements qui aident à préserver et à consolider cette vision. Il peut sembler étrange que nous puissions avoir une expérience intense et que tout puisse disparaître quasiment entièrement en une nuit, mais cela arrive. Avec des efforts, cependant, la vision pénétriante peut être préservée, grâce à une attention soutenue, et avec l'aide de nos amis. La fin de l'histoire de Kisagotami montre clairement qu'elle en était capable; et s'en souvenir rappelle aux gens la compassion habile du Bouddha.

The Bodhisattva Ideal © Sangharakshita, Windhorse Publications 1999, traduction © Centre Bouddhiste Triratna de Paris 2006.

Pour lire tout l'article sur l'idéal du bodhisattva, cliquez sur les liens ci-dessous :

lundi 9 mars 2015

"La bienveillance et la compassion dans le bouddhisme" par Jérôme Ducor

Nous vous proposons ce texte de Jérôme Ducor car il présente les concepts de bienveillance et de compassion dans le bouddhisme, tout en intégrant le point de vue chrétien catholique et protestant en fin d'article. Bonne lecture !


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"Bien que le bouddhisme demeure encore mal connu en Occident, il y jouit pourtant d'une réputation certaine du fait de sa non-violence, de son pacifisme et de sa tolérance. Cela est vraisemblablement dû, pour une large part, à la place importante occupée dans le bouddhisme par les notions de bienveillance et de compassion.


La bienveillance (sanskrit : maitrî) y est comprise comme le sentiment visant à procurer le bonheur à tous les êtres, tandis que la compassion (karunâ) consiste à vouloir les délivrer tous de la douleur. Sans doute n'est-il pas inutile de rappeler ici, pour les méditer, ces paroles du Buddha concernant l'amour, et qui doivent être accomplies par "celui qui recherche le bien" :
"Que tous les êtres soient heureux! Qu'ils soient en joie et en sûreté! Toute chose qui est vivante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux! Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit; que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre. Ainsi qu'une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limites doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante infinie. Étant debout ou marchant, assis ou couché, tant que l'on est éveillé, on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre."
(Suttanipâta, I, 8. Cité in Rahula, p. 125)

Les récits édifiants des jâtaka relatant les existences antérieures du Buddha Shâkyamuni ont également popularisé son idéal altruiste, qui se concrétise en particulier par le don de son corps - pour nourrir une tigresse affamée sur le point de dévorer ses propres petits, de sa chaire, de sa tête, de ses yeux, de sa moelle et de son cerveau. (Lamotte, Traité 1, p. 143, n. 1; 2, p. 712-718, 751-753, 979-983)


Le bouddhisme se présentant comme une voie spirituelle complète, c'est-à-dire une progression vers un but en fonction d'une pratique, ces notions de bienveillance et de compassion ne sauraient être considérées d'un point de vue purement spéculatif mais doivent s'intégrer dans la "culture mentale" qu'il préconise. De fait, associés à la joie et à l'équanimité, la bienveillance et la compassion constituent les quatre "pensées immesurables" (apramâna), résumées dans cette quadruple aspiration que le pratiquant doit orienter successivement vers les êtres dans les dix directions de l'univers :

"Puissent tous les êtres vivants posséder le bonheur et sa cause,
Puissent tous les êtres vivants être séparés de la souffrance et de sa cause,
Puissent tous les êtres vivants ne jamais être séparés du bonheur qui ne connaît aucune souffrance,
Puissent tous les êtres vivants demeurer dans l'équanimité sans attachement ni répulsion de près ni de loin !"


Pourtant, et malgré leurs qualités intrinsèques, la bienveillance et la compassion exerçés dans le cadre des "quatre immesurables" ne constituent que des vertus relativement médiocres. Selon les commentaires (Lamotte, Traité 3, p. 1239-1273), ils contribuent ainsi à ébranler ou à écarter les passions qui se dressent sur le chemin menant à l'éveil, mais en aucun cas ils ne sauraient éliminer ces passions. En fait, leur exercice conduit à une renaissance dans l'une ou l'autre des demeures des dieux (deva).

En effet, et contrairement à ce que l'on pense souvent, le bouddhisme n'est pas à strictement parler athée, en ce sens - et en ce sens seulement - qu'il reconnaît l'existence d'une condition divine (Lamotte, Histoire du bouddhisme indien, p. 759 ss;Traité 1, p. 142 en note) . Commentaire de Voie Eveillée du Coeur : pour moi, dire que le bouddhisme n'est pas strictement athée car il reconnait l'existence d'une condition divine n'est pas juste. Les dieux font partie une classe d'êtres au même titre que les êtres des enfers, humains ... et il n'est pas question de les vénérer. La Voie enseignée par le Bouddha vise à nous libérer définitivement du samsara, cycle des morts et des naissances quelque soit la classe d'être (les dieux et demi-dieux sont dans le samsara comme les humains, les animaux ...). Avec le genre humain, elle constitue même l'une des deux bonnes destinées, par opposition aux trois mauvaises destinées des animaux, des esprits affamés (preta) et des enfers. Cependant les dieux sont eux aussi soumis au cycle des naissances et des morts, de sorte qu'à la fin de leur existence paradisiaque, ils peuvent tout aussi bien retomber dans de mauvaises destinées, en fonction de leurs actes passés (karman). À tout prendre, diront les exégètes, la situation des dieux est même plus infernale que celle des enfers, car leur bonheur provisoire les détourne de l'aspiration à l'éveil (bodhi), qui seule leur permettra de s'affranchir de la souffrance universelle.


À cet égard, la bienveillance et la compassion des "quatre illimités" sont bien inférieurs à la "grande bienveillance" et à la "grande compassion" (mahâ-maitrî mahâ-karunâ), qui, avec la sagesse (prâjñâ), sont constitutifs de la réalisation des buddha parfaitement accomplis. C'est dans le cadre du bouddhisme du Grand Véhicule (mahâyâna) que se dévelopera tout spécialement cet idéal altruiste, qui s'exprime dans le voeu de non plus se délivrer simplement de la souffrance, mais de devenir effectivement un buddha parfaitement accompli afin de pouvoir ensuite guider tous les êtres vers la délivrance. Ce voeu, ou "pensée de l'éveil" (bodhicitta), se détaille dans les "quatre voeux universels" suivant:
"Les êtres vivants innombrables, je m'engage à les délivrer.
Les passions innombrables, je m'engage à les trancher.
Les doctrines innombrables, je m'engage à les connaître.
L'éveil insurpassable, je m'engage à le réaliser."


Celui qui a produit un tel voeu est un "bodhisattva", ou "être visant l'éveil", dont la carrière se déroule en dix grandes étapes, au cours desquelles il développe notamment les six "perfections" (paramitâ) du don, de la discipline, de la patience, de l'énergie, de la méditation et de la sagesse.
Une étape déterminante est réalisée par le bodhisattva lorsque celui-ci atteint la huitième des dix étapes, car à partir de celle-ci il se trouve assuré d'obtenir inéluctablement l'éveil, la suite de son parcours se déroulant spontanément et sans effort. L'accès à ce huitième stade, baptisé "Inébranlable", est déterminé par l'obtention définitive de "l'endurance de la non-naissance des choses" (anutpattika-dharma-ksânti) (Ducor, Le Sûtra d'Amida, p. 30-33).


Ce terme déroutant désigne en fait ce que l'on peut bien considérer comme "la pierre angulaire du Mahâyâna" (Lamotte, L'enseignement de Vimalakîrti, p. 411) ; il nécessite donc quelques explications. Au cours de sa carrière, le bodhisattva développe en effet, de plus en plus, sa perfection de sagesse, lui permettant, en dernière analyse, de reconnaître non seulement l'inexistence des êtres mais aussi l'inexistence des choses qui les composent; grâce à cette opération, le bodhisattva s'affranchit de ce moteur des renaissances qu'est l'illusion.
C'est une des données communes à toutes les écoles du bouddhisme que les individus (pudgala) sont dépourvus de nature propre (svabhâva), c'est-à-dire d'un substrat particulier, pour la simple raison qu'ils ne sont qu'un conglomérat de différents éléments (skandas) dont aucun ne peut prétendre à la prééminence sur les autres. En fait d'identité, un individu n'est qu'un assemblage provisoire d'éléments hétérogènes réunis par la synergie d'actes antérieurs; c'est l'inexistence de l'individu (pudgala-nairâtmya) et, en particulier, la négation de l'âme individuelle (anâtman) (Lamotte, Traité 1, p. 32, 67-69; et 2, p. 735-750; Histoire du bouddhisme indien, p. 29-31) .
Le bouddhisme lui-même est particulièrement conscient de l'originalité de cette analyse:
"Il n'y a pas de délivrance en dehors de cette doctrine [du Buddha], car les autres doctrines sont corrompues par une fausse conception du 'moi'."
(de La Vallée Poussin, L'Abhidharmakosha, ch. 9, p. 230)


Mais le Grand Véhicule - non sans logique - appliquera également cette analyse aux éléments (dharma) eux-mêmes, puisqu’aucun d'eux ne comprend non plus de substance 
propre, ainsi que l'a formulé le célèbre Nâgârjuna (IIe siècle), fondateur de l'école de la Voie moyenne (Mâdyamika):
"Ni de soi, ni d'autrui, ni de l'un et de l'autre, ni indépendamment des causes ne sont produites des choses, où que ce soit, en quelque temps que ce soit, quelles qu'elles soient."
(Mûla-madhyamaka-kârikâ, I, 1. Cf. Lamotte, L'enseignement de Vimalakîrti, p. 408-411. Hôbôgirin, p. 476)

Rien ne naissant de rien, mais seulement sous l'effet de causes et de conditions elles-mêmes sujettes à ce conditionnement universel, tout est vide (shûnya) de nature propre, ce qui constitue le vrai caractère des choses. Or, comme le bodhisattva exerce sa bienveillance-compassion en parallèle avec sa sagesse, il en vient à découvrir finalement qu'il oeuvre pour le salut d'êtres n'existant pas, et, aussi bien, d'un but - l'éveil - lui-même inexistant.
Cette expérience n'est évidemment pas anodine. Les textes décrivent cette perception de la réalité comme "l'endurance" de la non-naissance des choses (anutpattika-dharma-ksânti) : c'est dire ce que cette découverte représente de pénible, puisqu'elle porte en elle-même la réduction au vide de cet ego qui se croyait réellement existant.
Ce qui vaut pour les bodhisattva vaut à plus forte raison pour les buddha parfaitement accomplis:
"Les buddha auraient beau chercher un seul être dans les dix directions qu'ils ne le trouveraient pas; et quand ils éprouvent bienveillance et compassion, ils ne saisissent pas la caractéristique de l'être".
(Lamotte, Traité 3, p. 1716)

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mardi 3 mars 2015

Jeudi 5 mars 2015 : Fête bouddhiste du jour des miracles - Tcheutrul Dutchèn

Le calendrier bouddhique comprend quatre fêtes principales qui commémorent des événements marquants de la vie du Bouddha Shakyamouni :

Tcheutrul Dutchèn le 5/3/15 : Jour des miracles, commémore le dernier des 15 jours pendant lesquels le Bouddha, lors de son séjour à Saravasti, a accompli chaque jour un miracle afin d’accroître les mérites et la dévotion de ses disciples. 

C'est traditionnellement l'occasion de présenter de nombreuses offrandes de lumières. Les mérites accumulés par notre pratique ce jour-là sont multipliés de façon considérable. 

Outre la présentation d'offrandes de bougies, nous pouvons réciter les éloges des douze actes du Bouddha Sakyamuni :

La vie du Bouddha Shakyamuni, comme celle de tous les bouddhas historique, fut marquée par une série d’évènements servant de repères, les 12 actes. Pour les Occidentaux, formés à une vision rationnelle de l’histoire, ces Douze Actes sont empreints de légende. Pour les Tibétains, ils constituent un récit fidèle des faits, tout en sachant qu’il existe de multiples degrés de perception et que la « vérité » n’est pas toujours accessible aux sens et à l’intelligence ordinaire.

1. L’époque et les circonstances étant favorable sur terre, le futur Bouddha décide de descendre du ciel de Tushita, sur lequel il règne. Avant son départ il transmet sa couronne à Maitreya, le futur Bouddha.
2. Il entre dans la matrice de sa mère, Maya, épouse de Suddhodana, roi des Shakyas. Maya, dans un songe voit sa conception sous la forme d’un éléphant blanc à six défenses pénétrant son flanc.
3. Il naît en tant que prince Siddharta Gautama dans le parc de Lumbini. Cette naissance est miraculeuse. Sa mère Maya, se promenant dans le parc saisit la branche d’un arbre qui s’incline devant elle. Elle reste debout, et le prince sort de son flanc droit, sans la blesser. L’enfant fait aussitôt 7 pas dans chacune des direction et, chaque fois que son pied touche le sol, s’épanoui spontanément un lotus. (sa mère mourra peu de temps après sa naissance. Devenu Bouddha, le prince se rendra dans le monde des dieux où elle se sera réincarnée afin de lui délivrer des enseignements.)
4. Il reçoit une éducation princière et devient expert dans les sciences, les arts et le métier des armes.
5. Il épouse Yashadhara, qui lui donne un fils, Rahula. Jusqu’à 29 ans, il goûte avec eux les plaisirs de la vie de famille et la vie de palais.
6. Il prend conscience de la souffrance, lorsqu’il rencontre un malade, un vieillard et un cadavre. Il aperçoit aussi un sage, dont la vision le trouble. Ces quatre rencontres sont pour lui déterminantes. Il comprend que les joies et les plaisirs qu’il a connus jusqu’à présent ne sont que très passagers et qu’il lui faut trouver une paix qui ne dépend pas des circonstances, un état définitivement au-delà de la souffrance. Aidé par les dieux et par son cocher Chandaka, il quitte le palais, se coupeles cheveux en usant de son épée, se dépouille de ses habits princiers, et se vêt de guenilles. Le voilà désormais moine errant en quête de l’Eveil.
7. Pendant 6 ans, près de la rivière Nairanjana, près de l’actuel Gaya, il se livre à une terrible ascèse qui le laisse émacié et épuisé.
8. Réalisant la vanité de cette voie, il abandonne ses compagnons d’ascèse et accepte d’une bergère une crème de lait, sur les rives de la rivière Nairanjana. Il retrouve ses forces et se rend, non loin de là sous un arbre pipal ( qui deviendra l’Arbre à Bodhi). Tourné vers l’est, il s’assoit en méditation et fait le vœu de ne pas se lever avant d’avoir atteint l’Eveil.
9. Il est assailli par les troupes du Démon, Mara. Ce dernier n’arrive pas à le terrifier par la manifestation de démons horrifiants ni à le séduire par l’intermédiaire de ses filles qui dansent devant lui. Le Bouddha est vainqueurs, mais Mara lui dénie la victoire, faute de témoin. Le Bouddha prend alors la terre à témoin, il la touche de la main droite, et celle-ci frémit pour lui confirmer son triomphe.
10. Il demeure en méditation toue la nuit, obtenant la réalisation de la nature des milliers de renaissance qui ont été les siennes ainsi que de la manière dont les êtres de l’univers, sous l’emprise de l’ignorance et du désir, reprennent sans cesse des naissances douloureuses. Enfin, à l’aube, il sait qu’il a éliminé toutes les impuretés de son esprit et qu’il ne seraplus jamais soumis à la renaissance. Il a obtenu l’état spirituel le plus haut, l’Eveil complet et parfait d’un Bouddha. Il est alors âgé de 35 ans.
11. Après avoir écarté la tentation de ne pas révéler le dharma en raison de sa trop grande subtilité, il se rend au parc desgazelles de Sarnath, près de Bénarès, où pour la première fois, il tourne la roue du dharma, pour 5 ascètes, ses anciens compagnons d’austérité. Il leur expose les Quatre Nobles Vérités :
  • La souffrance est inhérente au samsara(le cycle des existences conditionnées), il serait donc vain et illusoire de vouloir construire un bonheur authentique et durable à l’intérieur du samsara.
  • La souffrance tire son origine de causes : l’ignorance, les perturbations internes (désir-attachement, haine-aversion, aveuglement, orgueil, jalousie, etc…) le karma négatif
  • Il est possible d’atteindre la cessation de la production de la souffrance, c’est-à-dire le nirvana
  • Il existe un chemin qui mène à cette cessation. Ce chemin est l’octuple noble sentier : vue juste, parole juste, effort juste, moyens de subsistances justes, concentration juste, absorption juste et action juste.
Parcourant à pied les routes de l’Inde du Nord, Shakyamuni continuera à enseigner jusqu’à la fin de ses jours.
12. A l’âge de 80 ans, près de la ville de Kushinagara, il quitte son corps physique et passe dans le parinirvana.

Saka Dawa ou Vésak - 2 juin 2015: Anniversaire de la naissance de Bouddha, de sa mort et de son parinirvana

Cheukor Dutchen - 20 juillet 2015 : 1er sermon du Bouddha sur les 4 Nobles Vérités ;

Lhabab Dutchen - 3 novembre 2015  : Descente de Bouddha de Tushita.

lundi 2 mars 2015

Dimanche 8 mars 2015 : Témoignage de l'insoumise de Lhassa et chants tibétains

Tibet-Les Enfants de l'Espoir invite la jeune nonne Gyaltsen Drölkar à apporter le témoignage de sa résistance pacifique dans les geôles chinoises.


Des moments de recueillement seront proposés à travers des chants tibétains interprétés a capella par l'artiste Gazom Lhamo.



Lieu
Maison des Syndicats
Grande Salle - 3è Etage
16, boulevard de la Prairie au Duc
Nantes



Autres informations
Horaires : 14h30
Entrée : 5€
Contact : 06 82 96 41 57

Dimanche 8 mars 2015 : journée de Pleine Conscience à St-Fiacre

Une journée de pleine conscience selon l'enseignement du Maître Zen Thich Nhat Hanh aura lieu le 8 mars 2015 à St-Fiacre.


Si vous êtes intéressé, cliquez-ici et pensez à vous inscrire.

16 attitudes pour mieux vivre

Inspirées d’un texte tibétain du VIIe siècle, les 16 attitudes offrent une présentation de sagesse universelle adaptable aux personnes de tous âges, cultures et traditions. 

Les 16 attitudes, réparties en 4 thèmes, sont abordées du point de vue de leur signification et de leur impact dans notre vie, au moyen d’échanges, de réflexion et de travail personnel. 
Bien plus que de simples mots, elles sont une source d’inspiration pour passer à l’action afin d’être bénéfique à soi-même et aux autres.

Thèmes :

• Comment nous Pensons

1-Humilité 
2-Patience 
3-Contentement 
4-Joie

• Comment nous Agissons


5-Bonté 
6-Honnêteté 
7-Générosité 
8-Parole Juste

Comment nous Entrons en Relation

9-Respect 
10-Pardon 
11-Gratitude 
12-Loyauté

• Comment nous Trouvons du Sens

13-Aspiration 
14-Principes 
15-Service 
16-Courage

Ce livre est épuisé, mais vous pouvez le trouver en occasion. Voici les premières pages du livre, cliquez ici.

Voir aussi le site qui propose des ateliers, cliquez ici.