mardi 29 septembre 2015

Du 30 octobre au 1er novembre 2015 : Mandala, Danses et Chants du Tibet à la Pagode Van Hanh


La pagode Van Hanh de St-Herblain accueillera la tournée des moines de Séra Mey pour promouvoir la culture tibétaine et la paix dans le monde.

Les moines du monastère de Sera-Mey ( Inde du Sud) accompagnés de THEKCHEN TULKU RINPOCHE réaliseront le Mandala d'Avalokitesvara (Bouddha qui personnifie la compassion).


Programme 

Vente d'artisanat vietnamien et tibétain tous les jours. Exposition de photos d'archives des événements de La Pagode. Entrée libre.

Vendredi 30 octobre

10h - Construction d'un Mandala de sables colorés en continu jusqu'à sa dissolution dimanche 1er novembre à 16h
12h-14h - Repas végétarien (avec participation)
14h-19h - Mandala

Samedi 31 octobre
10 h - Mandala
12h 14h - Repas végétarien (avec participation)
14h-19h - Mandala

Dimanche 1er novembre / 
Programme spécial
10h -12h - Danses et chants sacrés du Tibet
12h-14h - Repas végétarien (avec participation)
14h 30 - Enseignement de Thekchen Tulku Rinpoché "La SYMBOLIQUE DU MANDALA"
16h - Cérémonie de la dissolution du Mandala : Cérémonie très solennelle accompagnée de prières.
Pour en savoir plus sur la tournée des Moine de Séra Mey, cliquez ici.


Sur demande individuelle
- thème astrologique tibétain
- puja de purification de lieu ou de guérison


Contact : 06 64 81 38 87

Nirvana par Ajahn Thanissaro


Cet article a été publié dans le journal de la communauté vipassana de Barre, Massachussets "Insight Journal" au Printemps 2005. Traduction par Christian Ousset.

Il y a longtemps, à l’époque du Bouddha, Nirvana (Nibbana en Pali) avait un verbe qui lui était propre : "nibbuti". Il signifiait "éteindre", comme une flamme. Comme on pensait que le feu était prisonnier lorsqu’il était en train de brûler, à la fois s’attachant au combustible dont il se nourrissait et prisonnier de lui, son extinction était vue comme une libération. S’éteindre c’était être sans entraves. Parfois un autre verbe était utilisé : "parinibbuti". Avec le préfixe "pari", qui signifie total, ou tout autour, pour montrer qu’une personne sans entraves, comme le feu, ne serait plus jamais prisonnière.

Maintenant que Nirvana est devenu un mot anglais, il devrait avoir son propre verbe pour traduire également le sens d’ "être sans entraves". Actuellement, nous disons qu’une personne "atteint" le nirvana, ou "entre" dans le nirvana, comme s’il s’agissait d’un lieu où l’on peut aller. Mais le nirvana n’est absolument pas un endroit. Il n’est réalisé que quand l’esprit cesse de se définir lui-même en termes d’endroit : d’ici, de là, ou d’entre les deux.

On croirait que l’on est en train de couper les cheveux en quatre - qu’est ce qu’un mot ou deux peuvent faire pour notre pratique ? - mais l’idée du Nirvana comme un endroit a créé de graves malentendus dans le passé, et pourrait facilement en créer de nouveaux. Il y eut un temps où certains philosophes, en Inde, pensaient que si le Nirvana est un endroit et le Samsara un autre endroit, alors quand vous entrez dans le Nirvana, vous êtes coincé ; vous avez limité votre possibilité de mouvement parce que vous ne pouvez pas revenir dans le Samsara. Pour résoudre le problème ils ont inventé ce qu’ils pensaient être un nouveau type de Nirvana : un Nirvana non établi, dans lequel on pouvait être à deux endroits - Nirvana et Samsara - en même temps.


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lundi 14 septembre 2015

La doctrine du non-soi : anatta par Vénérable Walpola Rahula

Il n’y a rien de permanent, d’éternel et sans changement dans la totalité de l’existence universelle (Vénérable Walpola Rahula)

Alors, le Bouddha, plein de compassion et de sentiments humains parla avec bonté à son disciple dévoué et bien aimé : " Ananda, qu’attend de moi l’Ordre du Sangha ? J’ai enseigné le Dhamma (la Vérité) sans faire aucune distinction comme l’ésotérique et l’exo-térique. En ce qui concerne les Vérités, le Tathagata n’a rien de semblable au ‘poing fermé du maître’ (acariya mutthi). Certainement, Ananda, si quelqu’un pense pouvoir diriger le Sangha et que le Sangha puisse dépendre de lui, qu’il donne ses instructions. Mais le Tathagata n’a pas de telle pensée. Pourquoi alors laisserait-il des instructions concernant le Sangha ? Ananda, je suis vieux maintenant, j’ai quatre-vingts ans. De même qu’un chariot usagé a besoin de réparations pour servir encore, de même, il me semble, le corps du Tathagata a besoin de réparations pour servir encore. Donc Ananada, demeurez en faisant de vous-même votre île (votre soutien), faisant de vous-même, et de personne d’autre, votre refuge : faisant du Dham-ma votre île (votre soutien), du Dhamma votre refuge, et de rien d’autre ".
Ce que le Bouddha désirait exprimer à Ananda est parfaitement clair. Ananda était triste et déprimé. Il pensait qu’ils allaient se trouver seuls, sans aide, sans refuge, sans chef, après la mort du grand Maître. Aussi le Bouddha lui apporte consolation, courage et confiance, lui disant qu’ils auraient à dépendre d’eux-mêmes et du Dhamma qu’il avait enseigné, et de personne d’autre, ni de rien d’autre. Ici la question d’un Atman ou d’un Soi métaphysique est absolument hors de propos. Et de plus, le Bouddha explique à Ananda comment on peut être sa propre île ou refuge et c’est par la culture de l’attention à l’égard du corps, des sensations, de l’esprit et des objects mentaux (les quatre satipatthana) . Ici encore il n’y a aucun mot relatif à un Atman ou à un Soi.
Il y a encore un autre exemple utilisé par ceux qui tentent de trouver un Atman dans l’enseignement du Bouddha. Une fois, le Bouddha était assis sous un arbre dans une forêt sur la route de Bénarès Uruvela. Ce jour-là, trente amis, tous jeunes princes, allèrent faire une sorte de pique-nique avec leur jeunes femmes dans cette même forêt. L’un d’eux qui n’était pas marié avait amené une prostituée avec lui. Mais pendant qu’ils se distrayaient elle déroba des objects de valeur et disparut. Tandis qu’ils la recherchaient dans la forêt, ils virent le Bouddha assis sous un arbre et lui demandèrent s’il n’avait pas vu une femme. Le Boudhha leur demanda pourquoi. Ils lui racontèrent l’incident. Alores le Bouddha les interrogea : " Que pensez -vous, jeunes gens, lequel est le meilleur pour vous, chercher une femme ou vous chercher vous-mêmes ? " Ici encore c’est une question simple et naturelle, et il n’y a aucune raison d’introduire dans l’affair l’idée lointaine d’Atman ou de soi métaphysique. Ils répondirent qu’il valait mieux pour eux se chercher eux-mêmes. Alors le Bouddha leur demanda de s’asseoir autour de lui et il leur exposa le Dhamma. D’après le récit de ce qu’il leur prêcha et qu’on trouve dans le texte original, pas un mot n’est mentionné au sujet de l’Atman.
On a beaucoup écrit, discuté sur le sujet du silence du Bouddha alors qu’un certain Parivrajaka (Errant), nommé Vacchagotta lui demandait s’il avait un Atman ou non.
Voici l’histoire
Vacchagotta vient auprès du Bouddha et lui demanda : " Vénérable Gotama, y a-t-il un Atman ? " Le Bouddha reste silencieux. " Alors Vérérable Gotama, il n’y a pas d’Atman ? " Le Bouddha reste également silencieux. Vacchagotta se lève alors et s’en va. Après le départ du parivrajaka, Ananda demanda au Bouddha pourquoi il n’avait pas répondu à la question de Vacchagotta. Le bouddha expliqua sa position : " Ananda, quand Vacchagotta l’errant m’a posé la question : Vénérable Gotama, y a-t-il un Soi ?, si j’avais répondu : Il y a un Soi, alors Ananda, cela aurait été se ranger du côté de ces reclus et brahmana qui soutiennent la théorie éternaliste (sassatavada). " Et Ananda, quand Vacchagotta l’errant m’a posé la question : Vénérable Gotama, il n’y a pas de Soi, si j’avais répondu : il n’y a pas de Soi, alors Ananda, cela aurait été se ranger du côté de ces reclus et brahmana qui soutiennent la théorie annihiliste (ucchedavada) " Et encore Ananda, quand Vacchagotta l’errant m’a posé la question : Vénérable Gotama, y a-t-il un Soi ?, si j’avais répondu : il y a un Soi, alors Ananda cela aurait-il été en accord avec ma connaissance que tous les Dhamma sont sans Soi ? Certainement pas, Seigneur. Et encore Ananda, quand Vacchagotta l’errant m’a posé la question : Vénérable Gotama, n’y a-t-il pas de Soi, si j’avais répondu : il n’y a pas de Soi, alors Ananda, cela aurait été pour Vacchagotta l’errant une plus grande confusion encore, lui qui est déjà confus ; car il aurait pensé : antérieurement j’avais en effet un Atman, mais maintenant je n’en ai plus. "
La raison pour laquelle le Bouddha est resté silencieux devrait être mainteant parfaitement claire. Mais cela sera plus clair encore, si nous prenons en considération tout l’arrière plan et la façon dont le Bouddha traitait les questions et les interrogateurs ces deux choses étant ignorées de ceux qui ont discuté ce problème. Le Bouddha n’était pas une machine à répondre, ne donnant sans aucune considèration les réponses quelles que soient les questions posées et quel que soit celui qui les posait. Il était un instructeur pratique, plein de compassion et de sagesse. Il ne répondait pas aux questions pour montrer son intelligence et sa connaissance mais pour aider celui qui le questionnait dans la voie de la réalisation. Il parlait toujours aux gens en ayant à l’esprit leur niveau de développement, leur tendances, leur tournures d’esprit, leurs caractères, leur aptitudes à comprendre un sujet particulier.
D’après le Bouddha, il y a quatre façons de traiter les questions :
1. à certaines on doit répondre directement ;
2. à d’autres on doit répondre de façon à les analyser ;
3. à d’autres encore on doit répondre par des contre-questions ;
4. et enfin il y a des questions qu’on doit laisser de côté.
Il peut y avoir plusieurs façons de laisse de côté une question. L’une est de dire qu’une question particulière n’a pas de réponse ou d’explication, comme fit le Bouddha à l’égard de ce même Vacchagotta à plus d’une occasion quand ces célèbres questions de savoir si l’Univers était éternel ou non, etc....lui furent posées. C’est de la même façon qu’il répondit à Malunkyaputta et à d’autres . Mais il ne pouvait pas agir ainsi en ce qui concerne la question de savoir s’il y avait un Atman(Soi) ou non, parce qu’il l’avait tourjours discutée et expliquée. Il ne pouvait pas dire : " Il y a un Soi " parce que cela était contraire à sa connaissance que " tous les Dhamma sont sans Soi " et il ne voulait pas dire " il n’y a pas de Soi " parce que cela aurait, sans nécessité et sans raison, rendu plus confus et plus troublé le malheureux Vacchagotta qui était déjà troublé par une question semblable comme il l’avait avoué antérieurement et n’était pas encore en mesure de compredre l’idée de Anatta. Donc, laisser de côté cette question en restant silencieux était le moyen le plus sage d’agir dans ce cas particulier. Il ne faut pas oublier non plus que le Bouddha connaissait dèjà Vacchagotta depuis longtemps. Ce n’était pas la première fois que cet Errant interrogateur venait le voir. Le Maître sage et plein de compassion pensait souvent à ce chercheur confus et lui montrait sa considération. Il y a de nombreuses références dans les textes palis à ce même Vacchagotta l’Errant et au fait qu’il se rendait souvent auprès du Bouddha et de ses disciples et leur posait encore et encore les mêmes sortes de questions qui le tourmentaient et l’obsédaient. Le silence du Bouddha semble avoir eu plus d’effet sur Vacchagotta que toute autre discussion ou réponse éloquente.
Certains prennent le Soi pour ce qui est généralement appelé "esprit "ou " conscience ". Mais le Bouddha dit qu’il vaut mieux qu’un homme considère son corps physique comme " Soi " plutôt que l’esprit, la pensée ou la conscience, parce que le premier semble plus solide que ceux-ci, parce que l’esprit, la pensée ou la conscience (citta, mano, vinnana) changent constamment jour et nuit plus rapidement que le corps (kaya) C’est la vague sensation d’un " JE SUIS " qui crée cette idée de soi qui n’a aucune réalité correspondante, et voir cette vérité c’est réaliser le Nirvana ce qui n’est pas facile !
Il y a dans Samyutta-nikaya une conversation lumineuse sur ce point entre un bhikkhu nommé Khemaka et un groupe de bhikkhus. Ces moines demandent à Khemaka si dans les cinq Agrégats il voit un soi ou quelque chose appartenantà un Soi. Khemaka répond " non ". Alors les bhikkhus disent que s’il en est ainsi, c’est qu’il doit être un Arahant libéré de toute impureté. Mais Khemaka confesse que bien qu’il ne trouve pas dans les cinq Agrégats, un Soi ou quelque chose appartenant à un Soi ; " je ne suis pas un Arahant libéré de toute impureté. Amis, en rapport avec les cinq Agrégats d’attachement, j’ai la sensation : " JE SUIS ", mais je ne vois pas clairement : "ceci est JE SUIS. " Puis Khemaka explique que ce qu’il appelle " JE SUIS " n’est ni matière, ni sensation, ni perception, ni formations mentales, ni conscience, ni quelque chose en dehors d’eux. Mais il a sensation : " JE SUIS " en rapport avec les cinq Agrégats d’attachement bien qu’il ne puisse voir clairement " ceci est JE SUIS ". Il dit que c’est comme l’odeur d’une fleur qui n’est ni l’odeur de pétales, ni celle de la couleur, ni celle du pollen, mais l’odeur de la fleur. De plus, Khemaka explique que même une personne qui a atteint les premières étapes de réalisation conserve encore cette sensation de JE SUIS ". Mais plus tard, quand elle a encore progressé cette sensation de " JE SUIS " disparaît elle aussi de même que l’odeur chimique d’une étoffe fraîchement lavée disparaît après un certain temps quand elle a été rangée dans un coffre.
Cette discussion fut si utile et si lumineuse pour eux, qu’à la fin de celle-ci, dit le texte, tous y compris Khemaka lui-même, devinrent des Arahant libérés de toute impureté, s’étant ainsi finalement débarrassés de " JE SUIS ". D’après l’enseignement du Bouddha, il est aussi mauvais de soutenir l’opinion " je n’ai pas de soi " (qui est la théorie annihiliste) que de soutenir l’opion " j’ai un soi " (qui est la théorie éternaliste) parce que toutes les deux sont des liens, toutes les deux se levant de la fausse idée " JE SUIS ". La position correcte à l’égard de la question d’Anatta est non pas de soutenir telle ou telle vue ou opinion, mais d’essayer de voir les choses objectivement, telles qu’elles sont, sans projections mentales, de voir que ce que l’on appelle " Je " ou " Etre " est seulement une combinaison d’agrégats physique et mentaux qui agissent ensemble d’une façon interdépendante dans un flux de changement momentané, soumis à la loi de cause et effet, et qu’il n’y a rien de permanent, d’éternel et sans changement dans la totalité de l’existence universelle.
Ici une question se pose naturellement : s’il n’y a pas d’Atman , ou soi, qui reçoit le résultat du Karma (des actions) ? Personne ne peut répondre à cette question mieux que le Bouddha lui-même. Lorsqu’un bhikkhu lui pose cette question, le Bouddha dit : " je vous ai enseigné, ô bhikkhu, à voir la conditionnalité partout et en toute chose ". L’enseignement du Bouddha sur Anatta, non-Ame ou non-Soi ne doit pas être considéré comme négatif ou nihiliste. De même que le Nirvana, il est Vérité et Réalité ; et la Réalité ne peut pas être négative. C’est la fausse croyance en un Soi imaginaire, non existant, qui est négative. L’enseignement d’Anatta dissipe, l’obscurité des fausses croyances et produit la lumière de la Sagesse. Il n’est pas négatif. Comme Asabga le dit très justement : " Il y a le fait qu’il n’ya pas de Soi (nairatmyastita)"



http://www.vipassana.fr/


lundi 7 septembre 2015

"La méditation m’a sauvé" par Phakyab Rinpoche et Sofia Stril-Rever

La méditation m’a sauvé 
Après avoir subi la torture dans son pays occupé, l’abbé tibétain Phakyab Rinpoché se réfugie à New York en avril 2003. Il est hospitalisé d’urgence pour une gangrène sévère au pied droit. Alors que les médecins préconisent une amputation immédiate, il reçoit du Dalaï-lama ce message : « Pourquoi cherches-tu la guérison à l’extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui guérit et une fois guéri tu enseigneras au monde comment guérir. » [Lire l'article]

Mon sort est scellé 
Pour en avoir le cœur net, j’ai posé la question par écrit au Dalaï-lama. Sa réponse tout juste reçue vient conforter mon intuition. Je n’attendrai plus désormais. J’informerai au plus tôt le chirurgien orthopédiste de ma décision. Je ferai ensuite mes adieux au personnel soignant qui m’accueille avec tant de bienveillance depuis mai 2003. [Lire l'article]

Dans cette vie et dans toutes les vies
En tant qu’être humain, dès 13 ans, j’ai offert ma vie au service de tous les êtres. Dans mon expérience du monde, j’ai donc adopté une attitude d’ouverture, de confiance et d’accueil spontané de tous ceux que le mûrissement du karma met sur mon chemin. Aucune personne rencontrée ne m’est étrangère. Je retrouve en chacun et chacune des frères et sœurs en humanité. [Lire l'article]

« Une guérison d’une puissance exceptionnelle », selon le docteur Lionel Coudron
Si la guérison avait été immédiate, cela aurait été de l’ordre de “l’impossible”. Alors que dans le cas de Phakyab Rinpoché, ce qui s’est passé nous implique d’autant plus que sa guérison est le fruit d’une pratique appliquée et non pas d’une foi intense et ponctuelle. [Lire l'article]