jeudi 29 octobre 2015

Aujourd'hui 29 octobre 2015 à 20h : conférence de Phakyab Rinpoché à Nantes

Conférence et signature autour de son livre "La méditation m’a sauvé"
Editions Cherche midi.

Après avoir subi la torture dans son pays occupé, l’abbé tibétain Phakyab Rinpoché se réfugie à New York en avril 2003. Il est hospitalisé d'urgence pour une gangrène sévère au pied droit. Alors que les médecins préconisent une amputation immédiate, il reçoit du Dalaï-lama ce message : « Pourquoi cherches-tu la guérison à l'extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui guérit et une fois guéri tu enseigneras au monde comment guérir. »

Dans un petit studio de Brooklyn, Rinpoché médite pendant trois ans sur l'amour inconditionnel et les yogas secrets de l'énergie interne dont il reçut l'initiation à 16 ans. Il repousse l'infection et reconstruit les os de sa cheville, ce que seule une greffe osseuse permet normalement. Le docteur Lionel Coudron, après étude du dossier médical, qualifie cette double guérison de « phénomène d'une puissance exceptionnelle ». Ce livre est une contribution remarquable au débat sur les neurosciences contemplatives. Dans un récit passionnant, Sofia Stril-Rever nous fait vivre cette expérience singulière et universelle d'éveil à la nature aimante et lumineuse de l'esprit.

Phakyab Rinpoché enseigne le powa, ou transfert de conscience au moment de la mort, et participe à des protocoles de recherche sur la méditation. Il a fondé près de Paris Menla Thödöl Ling, « Le Jardin du Bouddha de médecine », pour transmettre les sciences internes et les yogas de la guérison.

Sofia Stril-Rever, indianiste, écrivain, biographe du Dalaï-lama, enseigne la méditation, le mantra yoga, et donne des récitals de mantras sacrés.

Lieu
Salle de la Manufacture des tabacs, Salle de conférence au 2ème étage, 10 bis bd de Stalingrad, 44000 Nantes.

Horaire 
20h

Tarif
Tarif étudiant : 5€ - Tarif plein : 7€

lundi 26 octobre 2015

La Pacification de l’Esprit par Yongey Mingyour Rinpoché

Tout d’abord quelle que soit la tâche que nous accomplissons, qu’elle soit ordinaire ou mondaine, ou liée au Dharma, l’intention est une chose essentielle.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que notre esprit joue un rôle important. Il a une énorme puissance. Ce qui cause le bien dans ce monde, c’est l’esprit, et ce qui cause le mal c’est aussi l’esprit. Toutes les difficultés que nous connaissons et toutes les souffrances viennent également de cet esprit. Il en va de même pour la paix et le bonheur dans ce monde. Ainsi, que ce soit le bonheur de ce monde ou la souffrance de ce monde, tout cela ne provient pas de l’extérieur mais de l’intérieur de notre propre esprit.

De la même façon, ce qui décide de ce que nous faisons est en harmonie ou non avec le Dharma (les enseignements du Bouddha), c’est ce qui est à l’intérieur de nous, et c’est ce qu’on peut appeler la " motivation".

[Rinpoché précise qu’au moment de l’écoute du Dharma il n’est pas question de méditer, mais de laisser simplement l’esprit détendu. Il y a donc plusieurs pratiques possibles, mais la pratique essentielle la plus importante est celle de Chiné, la pacification de l’esprit.]

La première chose à faire avant la pratique de Chiné, est de prier les trois joyaux, en visualisant le Bouddha Shakyamouni au dessus de nous, et en faisant le souhait :

" Puissè-je accomplir de manière correcte cette méditation de Chiné ". Puis, dirigez votre esprit vers les autres en pensant que nous allons faire cette pratique, non pas que pour nous-mêmes, mais pour aider tous les êtres.

Le second point est la posture physique. Il y a un lien entre le corps et l’esprit. Si le corps n’est pas dans une disposition favorable, l’esprit lui-même ne le sera pas non plus.

On parle en général de 7 points principaux pour la posture du corps :

En premier lieu, les jambes doivent être dans la position du lotus de préférence et les mains doivent être dans le geste de la méditation. En général que l’on soit un homme ou une femme, on peut mettre la main droite sur la main gauche. Si l’on veut distinguer, la main gauche doit être posée sur la main droite pour une femme, et la main droite doit être posée sur la main gauche pour un homme. En fait, il n’y a pas vraiment de différence ! (Rires).

L’explication de cette distinction est que les femmes représentent l’aspect de la sagesse et les hommes l’aspect des moyens, de la méthode. Comme symbole de cette disposition naturelle, la sagesse est représentée par la main gauche et les moyens par la main droite. Ainsi donc, en fonction du méditant, les femmes mettent la main gauche, qui représente la sagesse, au dessus de la main droite, et les hommes mettent la main droite, qui représente les moyens, au dessus de la main gauche.


Le troisième point est la nécessité de garder la colonne vertébrale droite. Pourquoi cela ?

Dans le corps, se trouve des canaux ou des veines subtils. Si le corps n’est pas dans une position droite, ces veines sont en quelque sorte courbées, et l’esprit n’est pas à l’aise.

Il ne faut pas exagérer comme redresser son dos à tel point qu’il penche de l’autre côté.

(Rinpoché mime cette position inconfortable. Rires).

Le quatrième point est de rentrer légèrement le menton et ne pas balancer la tête à droite ou à gauche.

Le cinquième point est que les épaules doivent être dégagées, il doit y avoir un espace entre le buste et les bras.

Le sixième point est de garder la bouche légèrement ouverte. Elle doit être ni ouverte ni fermée, juste légèrement ouverte.

Le septième point est de garder les yeux ouverts et de poser son regard naturellement dans l’espace, en face de soi. Au début il est parfois utile de fermer les yeux, mais à long terme, il est préférable de les garder ouverts et de les poser naturellement ouverts devant soi.

Si l’on trouve difficile de garder les mains dans la position de la méditation, on peut les mettre sur les genoux.

C’étaient les points concernant la posture physique. Si l’on peut pratiquer par séance de méditation, comme un quart d’heure, une demi-heure, c’est bien. Mais d’une manière générale on peut pratiquer la méditation n’importe quand.

Maintenant, en ce qui concerne l’esprit, il faut que l’on se rende compte que nous avons à l’intérieur de nous des pensées liées aux émotions négatives. Elles se comportent un peu comme les perles d’un rosaire. Une perle appelle une autre perle, puis celle-ci appelle une autre, et cela sans fin. Elles se suivent les unes les autres sans interruption. Cette chaîne de pensées existe depuis que le samsara sans commencement existe. On a beau suivre ses pensées autant que l’on veut, elles ne nous conduisent jamais à la paix et au bonheur.

On peut dire que le fait de tourner continuellement dans le samsara est dû uniquement aux pensées.

On peut les diviser en trois :


Pour lire la suite, cliquez ici.

samedi 17 octobre 2015

Aujourd'hui et demain : enseignement de THEKCHEN TULKU RINPOCHE

Je vous recommande d'aller écouter ce Rinpoché du monastère de Sera Mey, dont les enseignements sont très clairs et pragmatiques.

Dates et Horaires
  • Samedi 17 octobre à 15h : enseignement sur l'impermanence
  • Dimanche 18 octobre à 12h : enseignement sur la compassion

Lieu
Salon le salon zen et qi, salle William-Turner, rue de Bel-Air, 44 Le Cellier


Contact 
Emmanuel Desjeux, tél. 06 28 07 54 60.

lundi 12 octobre 2015

L’esprit d’éveil et la vacuité par Yongey Mingyour Rinpoché

Hier, Je vous ai parlé de la pratique de chiné en détails.
Rappel de Chiné, la pacification de l’esprit
Le point crucial de chiné c’est la non-distraction : si l’esprit n’est pas distrait, la pratique de chiné est présente

Pourquoi est-ce qu’il faut arriver à cette absence de distraction ? C’est parce que lorsqu’on pratique le Dharma, lorsqu’on pratique la méditation, que ce soit la bodhicitta ou lorsque l’on observe l’essence de son esprit ou qu’on médite sur la vacuité, on n’a pas le contrôle de notre propre esprit et cet esprit est sans cesse sous le pouvoir des émotions négatives.

Il y a des gens qui s’en rendent compte et qui disent que par exemple la colère n’est pas une bonne chose en soi mais ils ne peuvent pas s’empêcher de tomber sous le coup de cette colère ; ils essaient de la bloquer, de l’arrêter, mais ils n’y arrivent pas.

A cause de cela, nous sommes incapables de maîtriser notre esprit, d’avoir une indépendance de notre esprit ; à cause de cela nous tombons dans le piège de l’extrême de l’espoir et du doute, nous créons toutes sortes de souffrances à la fois pour nous-mêmes et pour les autres, et cette souffrance s’étend à tout l’univers.
Donc, ce à quoi nous voulons arriver, c’est à maîtriser notre esprit et le meilleur moyen de maîtriser notre esprit, c’est d’être sans distraction. Si l’on arrive à rester sans la moindre distraction, alors on a maîtrisé son esprit.

Si l’on arrive grâce à l’absence de distraction à maîtriser son esprit, alors quelle que soit la pratique que l’on fasse, ou même que ce soit la pratique de la bodhicitta ou de la vacuité etc … toutes les pratiques qu’on pourra faire, et même quelle que soit l’activité, même mondaine, qu’on effectuera, on aura la maîtrise de notre esprit et on n’aura pas de difficultés pour accomplir ces activités ou ces pratiques.

Le meilleur moyen d’atteindre à cet état de non-distraction, comme je l’ai expliqué hier, c’est de rester l’esprit totalement détendu sans avoir quelque chose de précis à méditer, simplement l’esprit totalement détendu et présent. Et si l’on n’arrive pas à cet état-là du premier coup, on peut utiliser les méthodes que je vous ai donné nous a données hier, en dirigeant son esprit sur une forme, un son etc…ou alors une image du Bouddha.
Donc cette pratique, cette absence de distraction est extrêmement utile.
Par exemple, si on visualise une déité, qu’on visualise la déité, on visualise la syllabe-germe, cela devient un support pour notre esprit.

On peut aussi diriger son esprit vers les pensées, quelles soient bonnes ou mauvaises, les pensées bonnes, par exemple si on est content, les pensées mauvaises, si on est mécontent ; quelles que soient les pensées vertueuses ou non vertueuses qui passent dans notre esprit, si on dirige notre esprit et si on s’en sert de supports, on obtient le même résultat. Cela peut être une fleur aussi.

Si on est obsédé par une pensée particulière, par exemple on veut absolument avoir une maison, ou bien alors on veut avoir de l’argent, ou bien on veut trouver de l’or, à ce moment-là, si on est obsédé et qu’on n’arrive pas à arrêter ces pensées, simplement au lieu de vouloir éviter ces pensées, au contraire on dirige son esprit vers cet objet, vers la maison, ou vers l’argent ou vers l’or, on laisse cet esprit qui se projette sur cet objet sans distraction. Si vous êtes fermier et que vous êtes obsédé par les vaches, vous pouvez faire la même chose avec les vaches.

Il y avait en Inde un homme qui habitait dans une ville et qui était vraiment complètement passionné par la vina, un instrument de musique, et qui passait tout son temps à jouer. Et il allait dans d’autres régions pour jouer aussi. On l’invitait. A force de partir comme cela, sa femme l’a remplacé et quand il est revenu à la maison, il était vraiment triste.
Peu de temps après, il a rencontré un Maître.

Il a rencontré ce Maître qui habitait dans un cimetière, ou un charnier ; il habitait dans une espèce de hutte en herbe ou en paille et il était en train de méditer ; il lui a demandé de lui enseigner le Dharma et il lui a enseigné la méditation ou plutôt, il lui a enseigné comment rester l’esprit totalement détendu. Cet homme a donc construit une cabane d’herbe, lui aussi, à côté de celle du Maître ; il a fait cette pratique et il était très content.

Le problème, c’est qu’il pensait encore à sa vina et il était sans arrêt distrait de sa méditation.
Chaque fois qu’il essayait, il pouvait passer cinq minutes à méditer et puis repenser à sa vina et il n’arrivait pas à continuer.
Et donc il est allé voir le maître et il lui a dit : " Je n’arrive pas à méditer parce que je suis sans arrêt distrait par les pensées de ma vina. " .
Et sa méditation est devenue fructueuse.
Il commençait sa pratique de la méditation en jouant de la vina. Ensuite peu à peu, il a maîtrisé son esprit et il n’a plus eu besoin du son de sa vina. Donc le plus important, c’est de garder l’esprit complètement détendu et si on n’y arrive pas, on peut diriger son esprit vers un objet.

Au départ il faut toujours commencer cette séance de pratique par la pensée de l’esprit d’Eveil, la pensée que je ne vais pas faire cela uniquement pour moi-même, mais pour amener tous les êtres à l’Eveil total des Bouddhas, et ensuite on prie son Maître sous la forme de Bouddha Shakyamuni ou de la déité qu’on a prise, quelle qu’elle soit, au dessus de sa tête par exemple, et ensuite on considère qu’il se dissout en soi et que l’on devient inséparable de ce Maître.

Ensuite il est très important aussi après la pratique de dédier le mérite ainsi acquis au bien de tous les êtres.
Voilà c’était pour la pratique de chiné ou la pacification de l’esprit ou le calme mental, quel que soit le nom qu’on lui donne.
Maintenant j’aimerais parler de la compassion, de l’esprit d’Eveil et puis de la vacuité.

Compassion, esprit d’Eveil et vacuité

Les trois causes principales qui nous mènent à l’Eveil sont :
la compassion
la compréhension, la réalisation de la non-dualité ou de la vacuité
l’esprit d’Eveil

La première chose à faire, c’est de prendre refuge : c’est la base ; on prend refuge et ensuite on passe à ces trois pratiques, dans l’ordre, l’une après l’autre.
Il y a plusieurs traditions. Selon certaines traditions, on commence par la vacuité ; ensuite on passe à la compassion. Parfois on commence par la compassion, ensuite on étudie la vacuité. L’esprit d’Eveil vient toujours à la fin.
Aujourd’hui nous allons suivre l’ordre suivant : je vais d’abord parler de la vacuité et ensuite sur la base de la vacuité, je parlerai de la compassion et ensuite de l’esprit d’Eveil.
LA VACUITÉ

Pour comprendre la vacuité il faut d’abord comprendre l’impermanence.
Il y a deux sortes d’impermanence : l’impermanence qu’on peut appeler grossière et l’impermanence subtile qui est d’instant en instant.

Il y a deux manières d’aborder la vacuité : il y a celle qui est fondée sur les particules, sur les composants ultimes de la matière en quelque sorte, puis celle qui est fondée sur la compréhension du temps.
Celle qui est fondée sur la compréhension du temps, c’est celle qui est liée à l’impermanence.
Aujourd’hui nous parlerons de la seconde approche, c’est-à-dire en envisageant le temps et l’impermanence. On peut réaliser la vacuité en comprenant cette impermanence ou ce temps.

Rinpoché : est-ce que vous comprenez ce qu’est le temps ? Dites tout ce qui vous passe par la tête, n’ayez pas peur.

Pour lire la suite, cliquez ici.