lundi 28 mars 2016

"La nature de bouddha" par Lama Jigmé Rinpoché

Lama Jigmé Rinpoché - Extrait du livret "La nature de bouddha" 

La méditation est primordiale, c’est une façon de se relier individuellement. Une pratique peut aboutir à différents résultats et il convient d’atteindre celui vers lequel vous souhaitez vous diriger. Pour ce faire, une meilleure compréhension de l’enseignement est nécessaire, de même que la capacité d’appliquer la bodhicitta d’excellente façon. Le but principal demeure la libération du samsara, objectif qui doit sous-tendre la pratique de chacun.
Pour y parvenir, il existe différentes méthodes, choisies en fonction des dispositions et du tempérament des individus. Certains préfèrent la méditation de la quiétude mentale, d’autres utilisent la méthode du gourou yoga, d’autres encore le support d’un yidam. Ces pratiques diffèrent mais leur but est identique : parvenir au résultat, c'est-à-dire se libérer de l’ignorance et de la souffrance, en d’autre termes réaliser l’éveil. Afin d’atteindre ce but, des conditions particulières doivent être rassemblées. La méditation permet une meilleure compréhension des autres et de soi-même, l’esprit est plus ouvert et moins tendu ; ces résultats restent cependant temporaires et sont assez faciles à obtenir avec une pratique méditative régulière, l’objectif principal en revanche n’est pas celui-là, mais l’éveil. Les enseignements sont destinés à nous faire avancer vers l’éveil, ils doivent nous aider à aller au-delà des difficultés, à développer davantage de compassion et d’amour envers les êtres en voyant leur souffrance. Notre nature profonde pourra ainsi se révéler et nous pourrons acquérir certaines capacités, c’est tout le propos du chemin, c'est vers cette direction que j’essaie de vous orienter.



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lundi 21 mars 2016

Thich Nhat Hanh : L'éveillé du village des Pruniers /article du Monde 30/7/01

Moine engagé pendant la guerre du Vietnam, le "thây" est l'un des initiateurs du bouddhisme zen en Occident. Venus d'Europe et des Etats-Unis, ses adeptes suivent dans le Bordelais ses enseignements.

On dirait un village d'automates. Ou une projection de cinéma muet quand le film casse. A la première sonnerie d'un carillon, au premier coup d'un gong, interrompus dans leur élan, les disciples s'immobilisent net. Comme suspendus en vol, ils arrêtent tout mouvement, toute parole, se concentrent sur leur seule respiration, avant de se remettre en route au son de cloche suivant. "J'inspire, je vois au fond de moi l'enfant petit, fragile... J'expire, je me calme, je me relâche, j'envoie de l'amour", scande, d'une voix suave, sœur Chân Không ("Vraie Vacuité") qui, dans sa tunique brune - couleur de terre, couleur d'humilité -, le cheveu ras, le visage plissé, dirige, dès l'aube, la première marche de méditation.

Toute la journée, le village des Pruniers est rythmé par ce va-et-vient de l'"inspire-expire" qui, cent fois renouvelé, permet d'accéder à l'état de Pleine Conscience. Pleine Conscience de respirer, de marcher, de parler, de regarder, de manger, de sentir, de toucher. Pleine Conscience d'être vivant parmi les autres vivants, hommes, femmes, animaux, végétaux. "Respire, tu es en vie", notent au mur des messages calligraphiés. En salle de méditation, devant une statue fleurie et illuminée du Bouddha, le pratiquant se tient le dos bien droit pour garder sa concentration, observer sa respiration, s'ouvrir aux énergies environnantes : "Le but n'est pas la performance physique, explique Daniel Millès. Il est de parvenir à la pleine conscience de ce que je suis, de ce que je fais et de ce qui m'entoure, mon voisin qui tousse, l'oiseau qui chante, le gravier qui crisse, l'arbre qui frémit."

Nom exotique que celui de village des Pruniers en plein Bordelais - à cheval sur les trois départements de Dordogne, de Lot-et-Garonne, de Gironde -, quand des champs de vignes à l'infini sont en fusion sous un soleil de plomb ! En arrivant dans cette région proche de Duras, en 1982, le moine Thich Nhat Hanh a fait arracher les vignes de son nouveau domaine - le Vietnamien ne boit pas de vin - et fait planter 1 250 pruniers. Dans la légende bouddhiste, 1 250 est un chiffre sacré et le prunier est un arbre qui a les promesses de l'éternité. Dans l'écrin d'un lac qui appartient aussi au domaine poussent des massifs de lotus, symboles de pureté et d'éveil. Des nonnes, en jaune safran, esquissent des pas de danse. D'autres sont en méditation assise. Des moines se prosternent, touchent la terre de leur front, pratique rituelle pour rechercher l'inspiration de leurs ancêtres. Des novices ajustent leur chapeau conique - le non là - en feuilles de palmier. On dirait un ballet de miniatures orientales dessinées et peintes sur des pans de bois laqué.

Le lieu-dit Thénac - où le thây (le "maître") acheta sa première ferme - est devenu Nuage du dharma, le "hameau du bas", le Nectar. Les moniales vietnamiennes accueillent les retraitants, répartis en "familles" : Fleur de pêcher, Prodige, Salade de fruits, Maison sur la colline, etc. "Les larmes que je verse aujourd'hui sont devenues pluies", observe une autre affiche calligraphiée dans ces lieux enchantés. La douceur des paysages, la politesse des sourires, la lenteur des gestes, maîtrisés ou suspendus comme sur une scène de théâtre grec, transportent le visiteur dans une sorte de bulle inconnue, où toute notion de temps semble avoir disparu, où tout mot de trop ou de travers, toute expression de mal-être ou de colère semble banni, comme autant d'"énergies d'habitude" qu'on est prié d'abandonner au vestiaire. "A celui qui nourrit un sentiment de frustration ou de jalousie, il est recommandé de sortir, puis de marcher et de respirer", enseigne le maître.

Que cherchent-ils ces centaines d'Américains, Allemands, Néerlandais, Suisses, Français qui, l'hiver comme l'été, bouddhistes, chrétiens ou non-croyants, remplissent les retraites du grand maître zen Thich Nhat Hanh ? Ils viennent souffler, respirer, méditer, "lâcher prise" dans ce microcosme - ou contre-société - de non-agression, de fraternité, d'écoute et de respect. "Ecoute bien pour mieux aimer. Regarde bien pour mieux comprendre...", soulignent des affiches au mur tandis que, sur l'une des cloches, quatre mots sont gravés en anglais : listening (écouter), looking (regarder), understanding (comprendre), loving (aimer). En réunion de sangha (communauté), quand un "frère" veut parler, il joint les mains et, assis en position du lotus, s'incline. Quand il a fini, pas d'applaudissements ou de murmure approbateur ou désapprobateur : le public joint à son tour les mains et incline la tête en direction de l'intervenant. S'incliner, c'est reconnaître ce qui est beau en l'autre et sa capacité d'éveil.

Dans son ermitage de bois, Thich Nhat Hanh se balance sur un rocking-chair. Jumelles sur le nez, il contemple, à perte de temps, l'horizon de vignobles et les forêts de hêtres qui entraînent son regard jusqu'à Monbazillac ou Sigoulès. Les nuits de pleine lune, des cerfs croisent sa marche de méditation. Il rêve aux paysages de son Vietnam natal - où ses livres sont imprimés clandestinement, mais où il reste interdit de séjour - "sans douleur ni nostalgie", confie-t-il à l'hôte de passage. Le bouddhisme n'est-il pas la philosophie de l'impermanence et du "non-attachement" ?

Il a adopté cet Occident où les gens "cherchent et souffrent". En dehors de ses enseignements, donnés à ses moines et moniales - une communauté de cent vingt, originaires du Vietnam, des Etats-Unis, d'Allemagne, de France - et aux retraitants, il rédige des ouvrages et des poèmes, dort peu, mange peu, fait du jardinage, plante des herbes, basilic vietnamien, menthes, mélisses, dévore les livres sur la génétique ou la mécanique quantique.

Sa vie ne fut pas un long fleuve tranquille. Il a connu la guerre, la solitude, l'exil. Ce grand maître contemporain du bouddhisme reste une figure historique dans son pays. Jeune, iI fut l'un des premiers à rompre avec le ritualisme importé de Chine, traduisant en langue populaire les textes sacrés et le corpus de la tradition, fondant un monastère au doux nom de Phuong Boi (Feuilles odorantes de palmier), des villages expérimentaux, des écoles d'entraînements à la Pleine Conscience. Puis l'université Van Hanh et l'ordre de l'"Inter-être", qui transmet encore aujourd'hui son message de solidarité entre tous les vivants et leur environnement.

Travail social, aide aux nécessiteux : Thich Nhat Hanh est aussi l'un des pères, au Vietnam, du mouvement du "bouddhisme engagé", dont les moines, pendant la guerre, claquaient la porte de leur monastère pour porter secours aux populations dans les villages bombardés, allant pour certains - images tragiques qui ont fait le tour du monde - jusqu'à s'arroser d'essence et s'immoler. Thich Nhat Hanh milite alors pour la "troisième voie", s'attirant des ennemis tant à Saïgon, défendue par les Américains, que dans le Nord communiste. En 1965, il fonde l'Ecole de la jeunesse et du service social (EJSS), qui va compter jusqu'à 10 000 membres, mais sera fermée à la libération de Saïgon. "Nous avons vaincu les Américains, nous n'avons pas besoin de vous", s'entend-il dire par les nouveaux maîtres du pays. Dès 1967, il commence des tournées aux Etats-Unis et en Europe, ce qui lui valut d'être proposé au jury du prix Nobel de la paix par Martin Luther King, le prophète noir assassiné.

Il débarque en France au début des années 1970 avec un statut de réfugié. Avec l'inséparable sœur Chân Không, il anime encore aujourd'hui des réseaux de soutien à des écoles, des dispensaires, des plantations de son pays. Et continue d'aller porter la bonne parole dans les pays d'Europe, à New York et jusqu'en Californie. Peace in every step (traduit en France en 1992) a été diffusé à un million d'exemplaires aux Etats-Unis ; en France, son Bouddha vivant, Jésus vivant (Lattès, 1996) a été un succès. En Allemagne, ses enseignements ont fait l'objet de quarante-deux ouvrages, vendus comme des petits pains.

Quand le thây entre dans la grande salle des enseignements, au village des Pruniers, le silence s'installe. D'un seul mouvement, au coup de gong, les 800 participants se prosternent, retiennent leur souffle, puis inspirent et expirent. Bonnet sur la tête, les moines et moniales dans leur tunique grise, fermée sur le devant pour les novices, sur le côté pour les bikkus (moines ordonnés), entonnent les chants rituels : "Vivre en compagnie des sages, s'entraîner à la Pleine Conscience et à la compassion est le plus grand des bonheurs (...). Prendre soin des parents, s'abstenir de faire souffrir, dire non à la drogue et à l'alcool est le plus grand des bonheurs (...). S'imprégner du dharma, apprendre les Nobles Vérités, atteindre le nirvana, avoir l'âme en paix : l'homme qui vit ainsi aura le plus grand des bonheurs !"

Simple entrée en matière pour le thây qui monte sur l'estrade, s'assoit en position du lotus, fixe l'assistance et boit le thé en joignant rituellement les mains autour du bol. "A chaque inspiration consciente, vous sentez le bouddha qui est en vous, commence-t-il d'une voix douce. Le bouddha est l'Etre éveillé qui est dans chaque cellule de votre corps, qui vous rend capable de comprendre et d'aimer. Le psycho (l'esprit) et le soma (le corps) sont deux aspects de la même manifestation. Formes et sensations "inter-sont"." Le public boit ses paroles. Un public de soignants, de psychothérapeutes, qui viennent réfléchir à leurs propres pratiques, de professionnels de la relation dans l'entreprise, de musiciens, de peintres, d'artistes. Beaucoup d'hommes et, surtout, de femmes d'âge mûr à la recherche de disciplines nouvelles pour mieux se connaître, s'accepter, améliorer leur bien-être.

Tour à tour, le maître évoque la présence des "ancêtres spirituels" dans le patrimoine génétique de chacun, les semences de l'Eveil - compassion, amour, joie - qu'il faut arroser comme des "graines de tournesol", les abus de consommation de la société moderne, les crises de la famille, les atteintes à l'environnement, les dérives de la science. "Si vous parvenez à identifier les causes de votre souffrance, alors vous êtes déjà sur la Voie", assure-t-il. Outre son passé tragique au Vietnam, la clé du succès du thây est d'avoir su adapter son enseignement à l'Occident, de lui avoir donné une forme communautaire, de proposer des exercices simples, concrets, une vision du monde non dogmatique ou péremptoire. "Je ne vous propose que des outils, dit-il à ses disciples. Quand vous ouvrez une porte, vous avez besoin d'une poignée. Une fois la porte ouverte, vous pouvez la lâcher."

A son contact, les retraitants s'initient aux Trois Joyaux du bouddha, du dharma et du sangha. Puis aux Cinq Entraînements : respect de la nature et de toute vie, responsabilité sexuelle, consommation consciente, etc. Ils explorent les voies de l'"inter-être" : "Que serait un légume sans le soleil qui le fait naître, sans l'eau qui le fait pousser, sans le jardinier qui le cultive? Même chose pour l'homme : en lui-même, il n'est rien. Il n'a pas d'existence propre. Il ne peut vivre en dehors des autres." Au village des Pruniers, on mange végétarien, on respecte la plante qui manque de pluie, l'insecte qui se promène sous la chaussure. On n'est "rien" en dehors du "tout". "Nous sommes tous responsables de ce qui vit et meurt", dit un militant écologiste pour qui le bouddhisme est un art de vivre autant qu'une philosophie : "Je ne transforme pas le monde si je ne me transforme pas moi-même."

Les Verts sont aussi à l'aise que des chrétiens, pour qui "prendre refuge"dans le bouddhisme ne signifie pas renier leur propre foi. Ils y voient, au contraire, une autre prise en compte de leur "individu", une rupture avec la discipline de leur Eglise, une autre manière de canaliser leurs émotions et leurs énergies, une autre forme d'universalisme. "Prendre refuge dans le dharma ne veut pas dire renoncer à ma religion d'origine, dit un ancien militant catholique. C'est prendre conscience qu'au lieu de vivre dans l'attente d'un paradis hypothétique on peut vivre heureux dans le moment présent. Je n'ai renoncé à rien. Je me délivre seulement de mes peurs, de mes angoisses, de ma culpabilité. Je redécouvre dans le bouddhisme le sens de l'Autre auquel Jésus, le premier, m'avait convié." Thich Nhat Hanh refuse tout syncrétisme mais, pour qualifier les ressources spirituelles qui seraient disponibles en chaque homme, il parle aussi bien du "Royaume de Dieu" que de Bouddha !

Des nombreux ouvrages du moine vietnamien, citons en particulier, chez Albin Michel (collection "Spiritualités vivantes"), Changer l'avenir : pour une vie plus harmonieuse (1993) et La Vision profonde (1995), sorti en poche.

Henri Tincq

lundi 14 mars 2016

"Soutra de la Transformation de la Violence et de l’Angoisse" - Bouddha Shakyamouni

(…)

4. Les perceptions fausses ne font que créer pour les êtres encore plus de confusion et de souffrance. J’ai regardé profondément l’esprit des gens qui souffrent et j’ai trouvé un couteau pointu caché sous leurs peines. Parce qu’eux-mêmes, ils n’ont pas vu ce couteau dans leur esprit, il leur est difficile de supporter la douleur. (Sn. 938)

5. La douleur causée par ce couteau pointu perdure et ne change pas. Comme ils continuent leur chemin tout en tenant ferme ce couteau pointu, ils inondent le monde de leur souffrance. Ce n’est que lorsqu’ils sauront reconnaître la souffrance et l’extraire de leur cœur, que celle-ci cessera et qu’ils pourront enfin s’arrêter. (Sn. 939)

6. Parmi toutes les épreuves de la vie, ne vous attardez sur aucune d’elles. Il est préférable de savoir trancher net toutes les racines des erreurs et des confusions, il nous faut les laisser aller ; arrêtez de vous appuyer sur elles. Si vous parvenez à abandonner les désirs qui conduisent à l’égarement, vous pourrez surmonter toutes les afflictions. Les pratiquants se doivent de transcender le cycle des souffrances afin de réaliser leur carrière de libération. (Sn. 940)

7. Un pratiquant authentique est un pratiquant au cœur sincère. Il n’agit pas en se fiant à ses perceptions fausses ; il se contente de suivre le chemin qui est droit. De même, il ne parle pas avec une langue fourchue. Il lui faut savoir comment éteindre le feu de la colère et briser le bloc épais de son obstination. S’il sait se détacher des lianes des afflictions, il pourra commencer à apercevoir la rive de la libération. (Sn. 941)

8. Il vous faut abandonner la fierté. Ne dormez pas trop ; ne vous laissez pas tomber dans la somnolence. Vivez et travaillez dans la modération. Ne vous perdez pas dans la foule. Ne vous attachez pas à la belle apparence trompeuse ; sachez lui tourner le dos. C’est en contemplant régulièrement la nature vide de toutes choses que l’on parvient au Nirvana. (Sn. 942)

9. N’insultez personne. Ne vous laissez pas séduire ni enchaîner par l’attrait des apparences trompeuses. Ne vous engagez pas dans des divertissements qui vous font oublier ensuite le but de votre pratique qui est d’aider les autres à sortir de la souffrance. (Sn. 943)

10. Arrêtez de songer au passé et de vous projeter dans le futur. Il importe de reconnaître ce qui se passe dans le moment présent sans pour autant s’y attacher. Ainsi, vous pourrez marcher seul en toute liberté, ce partout sur les cinq continents, sans que personne ne soit plus jaloux de vous. (Sn. 944)

11. J’ai proclamé que l’avidité est la force qui cause le plus de destruction. C’est là l’inondation qui submerge le monde entier. C’est seulement en voyant cela que nous pourrons vaincre tous nos doutes. Il faut savoir contempler attentivement la co-production interdépendante et voir que, à moins de nous libérer de la pollution causée par l’avidité, il nous sera difficile d’arrêter la souffrance. (Sn. 945)

12. De toutes époques, parmi un grand nombre de personnes, très peu ont la capacité de lâcher prise des désirs sexuels. Pourtant, une fois que le pratiquant parvient à les abandonner, il ne ressent plus aucun manque. Il n’éprouve pas non plus le besoin de s’en aller ailleurs : rien ne peut plus l’attraper ni le maintenir captif, car cette inondation se retire d’elle-même. (Sn. 946)

13. En s’appuyant sur la force de compréhension qui lui sert de véhicule, le ‘muni’ traverse jusqu’à l’autre rive. Grâce à cette compréhension, il est libre de toute inquiétude et se voit protégé. La naissance, la mort, le malheur et la jalousie ne peuvent plus l’atteindre. Grâce à l’énergie de son assiduité et de sa persévérance, il réalise la paix véritable. (Sn. 947)

14. Ayant laissé derrière lui tout désir sensuel, la souffrance cesse. Le pratiquant regarde alors profondément la nature vide de toutes choses, et rien ne peut plus le préoccuper. Lui-même a vu la grande voie menant à la paix, il ne s’attache plus ainsi à aucune vue du monde. (Sn. 948)

15. Lorsque le pratiquant ne s’attache plus à l’idée « ce corps est moi », et comprend que, par nature, le moi est insaisissable et non-existant, alors il n’a plus aucun souci. (Sn. 949)

16. Lorsque les racines de l’ignorance sont complètement arrachées, et qu’apparaissent aussitôt les germes de celle-ci, ils sont à leur tour déracinés et n’ont pas la chance de pousser. Le pratiquant ne saisit plus rien à présent car il n’éprouve plus le besoin de distinguer ses alliés de ses ennemis. (Sn. 950)

17. Libre de tous concepts, y compris des concepts sur l’esprit et la matière (comme deux réalités indépendantes l’une de l’autre) ; ayant compris que l’espace et la matière sont tous deux vides, le pratiquant voit que rien n’est saisissable. Rien du passé, du présent ou du futur ne peut donc l’attrister, le mettre en colère ou le faire se lamenter. (Sn. 951)

18. Ayant transcendé le concept du « tout », y compris le concept de la matière, il n’y a pas une seule pratique parmi toutes les pratiques qu’il ne réalise pas. Ayant étudié, mis en pratique et enseigné avec éloquence l’enseignement sur le non-désir et la non-dualité, s’il en venait à être interrogé, il répondrait sans aucune timidité ni hésitation. (Sn. 952)

19. Ayant atteint une vision profonde, il ne dépend plus de personne. Comme il ne poursuit plus rien et ne rejette rien non plus, son cœur est en paix, et il réalise le Nirvana. (Sn. 953)

20. Le ‘muni’ n’éprouve pas de condescendance lorsqu’il porte son regard vers le bas, ni n’est-il angoissé en se tournant vers le haut. Il s’établit parfaitement dans la non-discrimination, et ne s’attache à aucune vue. Tout conflit cesse à ce moment-là ; toute haine et jalousie disparaissent. Même lorsqu’il se tient au sommet de la compréhension parfaite, il n’en retire aucune fierté. (Sn.954)

mardi 8 mars 2016

les 4 et 5 juin 2016 : Enseignement et Initiation de Tchenrézi par le Karmapa Ogyèn Trinlé Dorjé à Paris

Sa Sainteté le XVIIe Karmapa Ogyèn Trinlé Dorjé, âgé de 30 ans, est à la tête de l’école Kagyu du bouddhisme tibétain. Il effectue en 2016 sa première visite en France.

Comme le Dalaï Lama prix Nobel de la Paix, Karmapa parcourt le monde occidental pour nous enseigner et nous transmettre les valeurs du bouddhisme.

La lignée des Karmapas est la plus ancienne lignée de réincarnation ininterrompue d’autorité spirituelle du bouddhisme tibétain.
Par son charisme, son éthique irréprochable, son ouverture d’esprit et son engagement pour l’écologie, le Karmapa occupe une place essentielle dans la vie des bouddhistes et des personnes sensibles aux valeurs humaines et environnementales.

Durant ce week-end Karmapa va nous rappeler que la “compassion est une motivation beaucoup plus puissante et plus bénéfique que la peur et la colère”.



PROGRAMME


Samedi 4 juin de 09:30 à 11:30

Enseignement sur les 4 Nobles Vérités

Cet enseignement a été dispensé par le Bouddha lors de son premier sermon.
Les 4 vérités sont :
La vérité de la souffrance,
La vérité sur l’origine de la souffrance,
La vérité sur la cessation de la souffrance,
La vérité du chemin qui mène à cette cessation.

Sa Saintété Karmapa développera le sens de ces 4 nobles vérités et indiquera par quels moyens dans le monde d’aujourd’hui il est toujours possible d’atteindre un état sans souffrance.

Samedi 4 juin de 14:00 à 16:00
Méditation guidée

Dimanche 5 juin de 09:30 à 11:30
Conférence sur le bonheur et la paix

Dimanche 5 juin de 14:00 à 16:00

Initiation de Tchenrezi

Tchenrézi, “celui qui regarde avec les yeux de la compassion” incarne l’amour et la compassion, manifestation des qualités éveillées de tous les bouddhas.
Par sa couleur blanche immaculée, par le lotus et le disque de lune sur lesquels il est assis, il symbolise la pureté de la sagesse primordiale que rien ne souille.
Alliance de la sagesse et de la compassion, il est une voie sûre, accessible à tous, vers l’éveil.

lundi 7 mars 2016

"Arahattamagga Arahattaphala : La Voie de l’Arahant" par Ajahn Mahā Boowa

Ajahn Mahā Boowa est né à Udon Thani, dans le nord-est de la Thaïlande en 1913. Suivant la coutume, il devint moine dans un monastère local puis il s’engagea dans l’apprentissage de la langue palie et des textes du Canon bouddhique. Il commença également à pratiquer la méditation mais sans les conseils d'un maître qualifié. Puis il rencontra le Vénérable Ajahn Mun et comprit tout de suite qu'il était en présence d'un grand maître qui, de toute évidence, avait pleinement réalisé le Dhamma.

Après avoir achevé le troisième cycle d'étude du Pali, il quitta le monastère où il étudiait pour retrouver Ajahn Mun dans les forêts du nord-est de la Thaïlande. Celui-ci lui demanda aussitôt de mettre de côté toutes ses connaissances fraîchement acquises et de consacrer tous ses efforts à la méditation. C'est ce qu'il fit. Il se retira souvent dans la jungle ou la montagne pour des retraites solitaires mais revenait toujours vers Ajahn Mun pour recevoir ses conseils et ses enseignements. Il passa ainsi sept années auprès du Vénérable Ajahn Mun jusqu'à ce que celui-ci décède.

De nombreux moines rejoignirent ensuite Ajahn Mahā Boowa, attirés par sa vigueur et sa détermination sans concession dans la pratique du Dhamma. Ensemble, ils fondèrent le monastère de Wat Pah Bahn Tad dans une forêt proche de son village natal, ce qui permit à sa mère de venir y vivre en tant que nonne.

Le Vénérable Ajahn Mahā Boowa est célèbre pour la fluidité et la finesse de ses entretiens sur le Dhamma, et pour son approche directe et dynamique de la pratique.


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Table des matières :
Réapprendre à Méditer
Face à la Douleur
La Méditation sur le Corps
La Méditation sur les Phénomènes Mentaux
L’Eveil au bout de la Voie