lundi 21 novembre 2016

L'idéal de l'éveil humain (2/4) par Urgyen Sangharakshita

Qu'est-ce que l'éveil ?
 
Toutes les écoles de la tradition bouddhique parlent de l'éveil comme ayant principalement trois aspects. Elles parlent tout d'abord de l'éveil comme d'un état de prise de conscience pure, claire, voire radieuse. Certaines écoles vont jusqu'à dire que dans cet état de prise de conscience on n'expérimente plus la dualité sujet-objet. Il n'y a pas de « là-bas », de « en dehors », pas de « ici », de « en dedans ». Cette distinction sujet-objet ainsi que nous l'appelons généralement, est entièrement transcendée. Il n'y a qu'une prise de conscience continue, pure, claire qui s'étend pour ainsi dire dans toutes les directions, pure et homogène. C'est de surcroît une prise de conscience des choses telles qu'elles sont véritablement, qui ne sont pas, bien entendu, les choses en tant qu'objets mais les choses en tant que transcendant pour ainsi dire la dualité entre sujet et objet. Par conséquent, on parle également de cette prise de conscience pure et claire comme d'une prise conscience de la réalité et donc, aussi, comme d'un état de connaissance. Cette connaissance n'est pas la connaissance au sens ordinaire - pas celle qui fonctionne dans le cadre de la dualité entre sujet et objet - mais plutôt un état de vision spirituelle directe et immédiate qui voit toutes choses directement, clairement, véritablement. C'est une vision spirituelle - voire une vision transcendantale qui est libre de toute illusion, de toute méprise, de toute pensée erronée ou déformée, de toute imprécision, de toute obscurité, de tout conditionnement mental, de tout préjugé. L'éveil est donc, tout d'abord, cet état de prise de conscience pure et claire, cet état de connaissance ou de vision. Deuxièmement, et cela n'est pas moins important, on parle de l'éveil comme d'un état d'amour et de compassion intenses, profonds et débordants. Cet amour est parfois comparé à celui d'une mère pour son enfant unique. Cette comparaison se trouve, par exemple, dans un texte bouddhique très célèbre, le Metta sutta ou Discours sur l'amour bienveillant. Dans ce discours, le Bouddha dit : « Tout comme une mère protège son fils unique même au prix de sa propre vie, ainsi devrait-on développer un esprit d'amour tout inclusif envers tous les êtres vivants ». Ceci est le genre de sentiment et d'attitude que nous devons cultiver. Remarquez que le Bouddha ne parle pas seulement de tous les êtres humains, mais de tous les êtres vivants : tout ce qui vit, tout ce qui respire, tout ce qui bouge, tout ce qui est sensible. C'est cela que ressent l'esprit éveillé. On nous dit de plus que cet amour et cette compassion consistent en un désir venant du fond du cœur - un désir profond et brûlant - pour leur bien-être, pour leur bonheur : un désir que tous les êtres soient libérés de la souffrance, de toutes les difficultés, qu'ils croissent et se développent, et que finalement ils atteignent l'éveil. L'amour et la compassion de ce genre - amour infini, débordant, sans limites, envers tous les êtres vivants - font aussi partie de l'éveil.


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vendredi 18 novembre 2016

15 novembre 2016 au 12 février 2017 : Retraite d'hiver 2016-2017 chez soi grâce au Village des Pruniers

Les Soeurs présentes à la Maison de l'Inspir cet hiver 2016-2017"Chères Amies, chers Amis,

Le temps de la retraite d’hiver est arrivé.

Cette retraite instaurée au temps du Bouddha est avant tout une retraite monastique. Elle correspond à la retraite « varṣaḥ » (en sanskrit) d’une durée de 90 jours pendant laquelle les moines et les moniales du nord de l’Inde se réunissaient en communautés pendant la saison des pluies afin d’approfondir leur pratique et partager le même mode vie. La vie monastique à cette époque étant principalement une vie nomade, le déplacement des disciples du Bouddha devenait donc difficile durant cette saison des pluies ; un autre aspect de cette retraite était la protection à la fois des récoltes dans les champs et de la vie des insectes qui y vivaient en grand nombre contre le piétinement qu’aurait provoqué le passage des disciples du Bouddha.



Au Village des Pruniers, à la Maison de l’Inspir, et dans tous les autres monastères suivant l’enseignement de Thầy, les Frères et les Sœurs monastiques perpétuent cette tradition.

Mais, nous vous invitons à suivre les liens ci-dessous afin d’en apprendre davantage sur le sens de cette retraite d’hiver :

http://villagedespruniers.net/retreats/info/retraite-dhiver-2016-2017-2/

http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Vassa/fr-fr/

Aujourd’hui, et cela depuis quelques années déjà, nous avons pensé étendre cette retraite d’hiver aux personnes laïques soit en allant directement vivre cette retraite au Village des Pruniers, jusqu’à 90 jours, ou soit plus simplement en pratiquant cette retraite d’hiver « chez soi ».

La Retraite d’Hiver Chez Soi va nous permette à nous aussi d’approfondir notre pratique de la méditation à l’instar des moines et des moniales. Nous serons amenés à nous fixer certaines limites qui, même si elles ne sont pas géographiques comme pour nos Frères et Sœurs monastiques, vont nous faire prendre conscience de notre vie d’une manière plus intime dans laquelle nous pourrons restreindre certains déplacements non nécessaires, restreindre certaines consommations inutiles pour notre épanouissement, ou être plus attentif à notre corps et à notre activité mentale comme les pensées, les sensations, les perceptions, les formations mentales, la conscience."


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lundi 14 novembre 2016

L'estime de soi véritable par Frère Fabkhi

Bonjour ami,
 

Un jour j'ai écrit ceci me concernant: "Tu es le plus aveugle de tous en ce qui concerne le soleil qui illumine ta route"; bien sûr je m'adressais à moi-même, mais pas seulement, car je pense sérieusement que cela nous concerne tous, et toi aussi mon ami. En fait, je pense que c'est un peu là l'un de nos plus grands fléaux: l'incapacité à s'estimer soi-même véritablement, estimer sa propre vie, sa propre personne, son propre être. Il y a bien des raisons à cela; l'une d'entre elles, c'est que nous avons une culture qui s’est établie, il me semble, sur un tabou concernant l'amour de soi, qui fait qu'on ne peut s'autoriser à s'aimer et s'estimer soi-même car ce serait comme faire preuvede narcissisme et d'égocentrisme. Et en conséquence, c’est un peu comme si nous nous morfondions en fait toute notre vie dans un parfait égocentrisme, un véritable narcissisme, quiconsiste par contre à alimenter la mésestime de soi et à se mentir à soi-même en quelque sorte, peut-être par peur, par gêne, par honte de s'avouer aimer l’être que nous sommes, et se permettre d’être avec soi-même en toute liberté. Car la vérité, c'est que nous sommes nous-mêmes nécessairement l'être le plus important à nos propres yeux, c’est incontournable: nous ne nous quittons jamais, et nous sommes si préoccupés de nous-mêmes ! Nous nous cachons de nous-mêmes pour ne cesser en même temps de nous chercher, nous rechercher toujours; même au travers du regard et de l'affection de l'autre. Mais il n'est pas permis qu'il en soit ainsi semble-t-il, il n'est pas permis de se l'avouer et d'assumer cette apparente faiblesse, aussi noble puisse-t-elle être au fond. Ainsi, nous n'osons pas nous re-connaître. C'est tragique en sommes. Ce trait culturel modelé par une pensée collective inconsciente, fait que nos parents, eux-mêmes victimes de ce conditionnement, de cette mise en garde tacite, au même titre que leurs contemporains et les générations qui ont précédé, se comportent de façonà se sapereux-mêmes et à nous transmettre par là ce même virus.
 

Pourquoi porter un regard si négatif, si dévalorisant sur soi-même ? La seule possibilité de se libérer, me semble-t-il,c'est de célébrer la vie chaque jour et à chaque instant (disons le plus possible), et ce, évidemment, à travers soi, car il s'agit de la vie en soi et autour de soi ! La voie est donc celle de la générosité à aimer, reconnaître, apprécier toute chose ! Mais bien sûr, tout cela n’est que paroles. Seul le chemin pour entreprendre ce regard neuf au quotidien des situations peut faire la différence et nous transformer, nous épanouir, nous libérer, et nous rendre ainsi plein de gratitude et de joie, plein d'amour. En somme, en attendant de réussir cette métamorphose de nous-mêmes (de notre propre esprit), nous sommes comme des enfants ingrats, trépignants pour obtenir ceci, cela: reconnaissance,
affection, amour... (Mais là, n'est-ce pas moi qui porte un regard négatif sur la condition de notre situation?!).


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lundi 7 novembre 2016

L'idéal de l'éveil humain (1/4) par Urgyen Sangharakshita

Lorsqu'un bouddhiste pense au bouddhisme - à ce que les bouddhistes appellent le Dharma - habituellement, la première chose qui lui vient à l'esprit c'est le Bouddha, « l'Éveillé ». Il est intéressant de remarquer que la première chose à laquelle un non bouddhiste pense généralement c'est aussi au Bouddha.
Nous ne savons peut-être rien du tout des enseignements du bouddhisme mais nous aurons au moins vu une image ou une illustration du Bouddha. Elle peut même nous être déjà très familière, et nous pouvons même avoir envers elle un sentiment particulier. Que montre donc cette image ou cette illustration ? Elle montre un homme dans la force de l'âge, bien bâti et beau. Il est assis en tailleur sous un arbre. Ses yeux sont à demi fermés et il y a un sourire sur ses lèvres. En regardant son image il nous semble que, dans son ensemble, il transmet une impression de solidité et de stabilité, ainsi que de force. Il transmet une impression de calme absolu, de repos absolu. Mais ce qui nous attire le plus, plus encore que la forme générale, c'est le visage, parce qu'il transmet quelque chose qui est extrêmement difficile à exprimer en paroles. Lorsque nous le regardons, lorsque peut-être nous nous concentrons sur lui, nous voyons que le visage est vivant, qu'il est illuminé, et dans cette lumière nous voyons le reflet d'une connaissance insondable, d'une compassion infinie et d'une joie ineffable. Ceci donc est la représentation, l'image ou l'illustration du Bouddha, de l'Éveillé. Elle représente en général Gautama, le Bouddha historique, le « fondateur » du bouddhisme, c'est-à-dire le grand maître indien qui vécut approximativement cinq cents ans avant le Christ. Mais le Bouddha possède aussi une signification plus grande. Il représente le sujet de cette conférence. En d'autres termes, il représente l'idéal de l'éveil humain.

L'éveil humain est le thème central, la préoccupation centrale du bouddhisme. C'est cela qui concerne principalement le bouddhisme, tant en théorie qu'en pratique. En fait c'est même la préoccupation principale d'un bouddhiste. Nous allons donc, durant cette conférence, essayer de comprendre ce que l'éveil signifie en général et, en particulier, ce que veut dire « l'éveil humain ».

Mais avant d'entrer dans ce sujet je veux dire quelques mots sur le troisième terme de notre titre. Je veux examiner le mot « idéal ». Nous parlons de « l'idéal de l'éveil humain », mais que veut dire ce mot ? Je ne veux pas simplement entrer dans les définitions du dictionnaire, et encore moins dans ce qui serait réellement des questions philosophiques. Dans le cadre de cette conférence nous nous limiterons à l'usage ordinaire et répandu de ce mot.

Le terme signifie tout d'abord « ce que l'on peut imaginer de mieux dans son genre ». Par exemple, il y a à Londres chaque été, une exposition bien connue qui s'appelle La Maison Idéale.

Chaque année des milliers, et même des centaines de milliers de gens s'y rendent et visitent les différents stands. Ils y voient des cuisines idéales, des salles de bains idéales, des garages idéaux, des miroirs à barbe idéaux, des couteaux à pain idéaux, des réfrigérateurs idéaux, des tondeuses à gazon idéales, des fauteuils idéaux et même des batteurs à œufs idéaux ! Ils y voient des centaines d'objets différents, et chacun prétend être « idéal », être le mieux que l'on puisse imaginer dans le genre (quoique bien entendu, chaque fabricant puisse avoir des idées différentes sur ce qui est vraiment « le meilleur »). Chacun de ces objets, nous assure-t-on remplit sa fonction de la meilleure manière possible, et tous ensemble ils constituent la « maison idéale » ; ou, en d'autres termes la meilleure maison que l'on puisse imaginer, la maison qui remplit parfaitement sa fonction de maison, la maison dans laquelle tout le monde aimerait vivre si seulement il en avait les moyens.


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jeudi 3 novembre 2016

Dimanche 6 novembre 2016 : journée de pleine conscience à St-Fiacre

La prochaine journée de pratique de la Pleine Conscience selon le Village des Pruniers (Maître Thich Nhat Hanh) se déroulera le dimanche 6 novembre 2016 de 10 à 17h.

Pour en savoir plus et réserver votre place, cliquer ici.